Titre : Annam, Tourane, 1910 – Albert épouse Amélie

Notice : Extraits du discours du père qui a béni l’union d’Albert Sallet, Médecin Major de deuxième classe avec Marie, Louise, Emilie Morin (dont le prénom deviendra Amélie), à l’église de Tourane le 19 octobre 1910 : “Que cet amour béni de Dieu vous inspire à cette heure ; que constamment il vous rapproche et vous soutienne dans vos desseins, vos soucis et vos labeurs. Vous y trouverez la dignité et le bonheur de votre vie, car, sous l’action de votre amour chrétien, fleuriront les plus appréciées des vertus familiales et vous aurez ainsi la joie de réaliser une de ces unions idéales que le monde envie parfois sans les comprendre” (…/…) “Je sais bien qu’avec vous, Monsieur, ces nobles traditions ne courent point de risques. C’est dans le coeur de votre mère que vous en auriez trouvé les premiers principes. (…/…) Dieu ne vous a point permis de connaître ces heures de bonheur. “C’est vers vous, Mademoiselle que s’exhalait cet appel d’une âme. La voix vous a paru si touchante et si pure qu’au plus intime de vous-même elle éveilla des échos dont les vibrations ne cesseront désormais plus de se représenter. (…/…) Hélas, vous non plus vous n’avez pas connu ce qu’il y a de plus enivrant ici-bas : les caresses d’une mère. La providence qui veille sur les petits oiseaux sans nid ne vous a pourtant point oubliée car elle vous laissa grandir sous le regard d’un père dont vous pleurez encore la perte. La providence ne vous a point oubliée car elle a placé près de vous celle que la voix du sang appelle votre soeur, mais que la voix du coeur pourrait nommer plus justement votre mère adoptive (NDLR : il s’agit de sa grande soeur Laure). Oui ! Parcequ’elle eut cette grandeur d’âme de s’oublier et de se sacrifier pour vous ; parce qu’elle vous chérissait davantage aux heures où vous lui causiez de plus vives inquiétudes. Parce qu’elle excellait à répandre le baume d’une affection toujours avertie et industrieuse sur des plaies trop brusquemment ouvertes parfois (…/…) Vous étiez devenue ce qu’est d’ordinaire l’enfant pour sa mère – sa consolation et son bonheur, comme maintenant vous allez être son orgueil.” Comment n’auriez-vous pas scrupule de la priver, et de priver aussi tous les vôtres d’un bien que tant d’événements leur avaient rendu si précieux ? (NDLR : événements liés à l’installation en Indochine de la famille Morin dans une époque troublée et d’insécurité)

Mots Clefs : Annam Ville de Tourane 1910 Mariage Fêtes et cérémonies

Christophe