Bref aperçu de l'histoire de l'œuvre de l'association des amis du vieux Hué (1914-1944)
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Le 16 novembre 1913, dix-sept personnes se réunissaient dans une salle du Palais Tho-Viên, au cœur de la Citadelle de Hué et donnaient officiellement naissance à l’Association des Amis du Vieux Hué. Nul ne pouvait, à ce moment précis, réaliser ce que deviendrait, ce que produirait, ce que symboliserait la première société d'études franco-annamite. En trente ans d’une impressionnante activité, la somme de travaux de recherches entreprises, d’études publiées, de documents collectés, de monuments préservés et restaurés, feront de la modeste AAVH l’une des plus grandes « Chartes historiques de l’Annam », l’une des plus efficaces Commissions de protection des sites de Hué et de sa région et l’un des plus authentiques foyers du rapprochement franco-annamite.
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| Léopold Cadière, l'âme de l'AAVH |
De 1913 à 1944, l’association des Amis du Vieux Hué, se consacrera à la défense de la culture vietnamienne et, durant trente années de paix relative, « s’acquittera de cette mission avec ponctualité, l’une des plus honorables que mena la France en Extrême-Orient » (Bertrand Legendre - Le Monde – 18 mai 1998). Les statuts de l’association, s’appuyant sur un « plan de Recherche », engagent les Amis du Vieux Hué à « rechercher, conserver et transmettre les vieux souvenirs d’ordre politique, religieux, artistique et littéraire, tant européens qu’annamites, qui se rattachent à Hué et ses environs » (Statuts de l’AAVH-BAVH N°1-1913). La mission de l’AAVH sera double : diffusion de la culture vietnamienne d'une part (« œuvre interne ») et préservation et conservation des monuments d'autre part (« œuvre extérieure »).
L’œuvre interne a été définie par Cadière comme « l’ensemble des études entreprises par les membres de l’Association et publiées dans le bulletin ». Elle sera considérable et portera non seulement sur Hué et sa région, mais aussi sur l’ensemble du territoire du Viêt-nam actuel.
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| Une partie de la collection du Bulletin des AVH |
Le Bulletin restitue de manière émouvante, dans les Documents Concernant l’Association, la vie sociale de ses membres : communications scientifiques ; causeries ; réunions mensuelles au cœur de la Citadelle, à quelques pas des bureaux des ministères vietnamiens et des dépôts d'archives ; accueil solennel des invités de marque, discussions animées autour des difficultés chroniques du BAVH : - maintenir le Bulletin au niveau d’une revue aristocratique – trouver des auteurs – lutter contre les arriérés et les crises…
« L’œuvre a été réalisée par une poignée de personnes, provenant d'horizons très différents : missionnaires, fonctionnaires coloniaux, militaires, commerçants, mandarins de la cour impériale. Tous étaient des bénévoles, des amateurs désintéressés, qui devaient en outre assurer les charges et les fonctions de leur état ou de leur profession qui absorbaient le plus clair de leur temps ». (Jean Despierres - Témoignage - Lettre de la NAAVH N°5). Voici comment l’un de ces colons éclairés vante leurs violons d’Ingres : « Quand, au labeur du jour, nous avons consacré nos forces, nous aimons à nous délasser en nous penchant vers le passé. Passé de jadis ou passé d’hier, cendres légères d’antan ou cendres encore tièdes, nous nous plaisons, Français ou Annamites, à l’évoquer ensemble dans la paix d’une compréhension toujours meilleure ».
L’œuvre extérieure de l’AAVH n’est pas moins importante. Elle répond au besoin de préserver et de sauvegarder les monuments qui se dégradent inexorablement sous l’effet conjugué du climat et des guerres. « C’est peut-être le premier motif qui donna naissance à la Société, lorsqu’un jour, je racontai à quelques amis combien j’étais navré de voir les vestiges du passé s’effriter et disparaître, et que ces amis, prenant la chose à cœur, fondèrent les Amis du Vieux Hué » (L. Cadière).
Les AVH ont constitué, entre les deux guerres, une véritable commission de protection des sites avant la lettre : « Nous sommes les conservateurs du riche musée que constituent, à tous les points de vue, Hué et ses environs, disons même de l’Annam tout entier » (Cadière – 1937 – Réception du G. Général Brévié).
De fait, le travail patient et méthodique de plus de trente ans effectué par l’Association a procédé de la même volonté : faire de Hué, de ses monuments imposants jusqu’aux plus petits détails de ses objets traditionnels, un modèle à transmettre aux générations futures qui, une fois passée la désillusion du modernisme, souhaiteraient retrouver leurs sources. Parallèlement à des réalisations dont certaines existent encore de nos jours (Musée Khai-Dinh ; actions en faveur du tourisme ; l’Ecole d’arts annamites ; les expositions artistiques et coloniales ; les collections de photographies et d’estampage…). « Les AVH se sont opposés, en de nombreuses circonstances, à toutes les entreprises qui auraient pu enlever à la ville et à ses environs, son caractère pittoresque » (L. Cadière – SHCF-1925). Aidés par les administrations concernées dont les responsables faisaient souvent partie des membres de l'association, ils se sont opposés à toute initiative immobilière, française ou annamite, qui auraient enlevé à la ville son caractère pittoresque et traditionnel.
L’AAVH a, malgré l’immensité de la tâche et les difficultés à surmonter, rempli sa mission : « transmettre aux générations futures la vision la plus authentique du Viêt-nam d’autrefois avant qu’il ne disparaisse ». Le Bulletin des AVH, reste, avec celui de l’E.F.E.O. et de la Société des Etudes Indochinoises, une des sources les plus riches de la connaissance du Viêt-nam d’autrefois, et Léopold Cadière avait raison de dire : « Tous ceux qui voudront étudier les choses de Hué et même de l’Annam, devront, s’ils veulent faire un travail compétent, consulter le Bulletin » (rapport du Rédacteur – 1933).
Quatre acteurs principaux de l’Association des Amis du Vieux Hué:
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| Nguyen Dinh Hoe | Henri Cosserat | Léon Sogny | Albert Sallet |







