Gaspardone, Emile (1895-1982)

Extrait de la correspondance adressée à Albert Sallet par Emile Gaspardonne

e

Gaspardonne

Cul00

e

École Française d’Extrême-Orient
Hanoi, 12 juin 1929
Cher Monsieur Sallet
Je m’excuse à mon tour de vous répondre avec retard. C’est que les recherches dans les livres chinois sont toujours longues et que, par ailleurs, je suis assez bousculé. Il me semble que Maspero donne dans sa note à peu près toutes les références utiles. Il s’agit bien du monde des sorciers, Wou Chan (si toutefois on tient à traduire) sur lequel dix sorciers (dont Wou P’eng, Wou hien et Wou Yang) allaient cueillir leurs drogues. Wou P’eng passe pour avoir été Ministre de l’Empereur jaune (Hoang Tu). Le Chouo Wen n’en dit guère plus que Maspero :
« Dans l’Antiquité, Wou P’eng fut le premier médecin »
Le Tch’ouen Ts’ieou de Liou Pou-wei ajoute :  » Wou P’eng inventa la médecine, Wou Hien inventa la divination par l’Achillée ».
Le Chan Rai King place Wou P’eng et Wou Yang avec quatre autres sorciers (dont ne fait pas partie Wou hien), à l’Est du lieu où se trouvait le Kai-Ming, animal fantastique, et leur faire ressusciter un monstre par la drogue d’immortalité. La Haute antiquité chinoise avait eu deux « Wou hien » : l’un, médecin de l’empereur Jao, l’autre, Ministre du roi Tai Meou des Chang.
Le premier, grand guérisseur, pouvait, par ses conjurations, prolonger la vie humaine, dessécher des arbres et abattre les oiseaux. Un autre thaumaturge de la même antiquité, Wou Fang, passe pour le père de la médecine de l’enfance. Voilà toutes les précisions que j’ai pu trouver. J’ajoute que tous ces personnages n’appartiennent pas à l’Histoire, mais à la Mythologie.
J’applaudis à votre collection ethnographique ; ne la croyez jamais trop énorme. Je vous remercie de toutes les choses aimables que m’apporte votre lettre. Vous êtes trop indulgent. Je ne sais pas quand je retournerai à Hué, mais je compte bien y retourner, et y avancer mon travail sur la littérature annamite en caractères….. Et aussi retrouver quelques amis que je me flatte d’avoir, là et à Tourane.
Je vous prie d’agréer, cher Monsieur Sallet, l’assurance de mes sentiments respectueusement dévoués.

Cul00

e

École Française d’Extrême-Orient
Hanoi, 30 mai 1928.
Monsieur
Permettez-moi de vous remercier mille fois de l’aimable envoi d’un bon instrument de travail. J’avais inutilement cherché ici cette table des Amis du Vieux Hué : je vous la dois ; désormais, elle restera sur ma table.
Désormais aussi, je n’oublierai point qu’il peut suffire, au hasard d’une lecture, de crayonner une référence pour obliger parfois un savant aimable, qui mène, loin des grandes Bibliothèques, des recherches utiles et curieuses.
Le gros dictionnaire de la botanique est signalé dans « Journal of the North China branch of the Royal Asiatic Society » de 1919 (Volume L).
C’est un volume 1590 pages, contenant environ 6000 noms, pourvu de quatre index, et publié par la « Commercial press de Changhai » ; j’en ai fait une fiche, et Monsieur Finot l’a pointé ce matin pour l’achat.
Voici quelques notes tirées de la même revue :
« …./….
La fiche ci-jointe, tirée du livre de Masson Ourcelles, et que je vous prie de ne me pas renvoyer, permettra, le cas échéant, une comparaison avec l’Inde.
Enfin, comme aucune limitation ne m’a été imposée, et que mon correspondant aime les lettres aussi bien que les fleurs, il me pardonnera de terminer par un bouquet de France :
« Tu t’en iras, Jamin, d’une autre part,
Chercher soigneux la boursette touffue,
La pâquerette à la feuille menue,
La pimprenelle heureuse pour le sang
Et pour la rate et pour le mal de flanc ;
Je cueillerai, compagne de la mousse,
La réponsette à la racine douce,
et le bouton des nouveaux groseliers
Qui annoncent le printemps les premiers »
(Ronsard, la salade, 1569)
Je vous prie d’agréer, Monsieur, avec mes plus vifs remerciements, l’expression de mes sentiments très respectueux
PS : ci-joint encore, un petit mandat, prix d’un numéro du bulletin des A.V.H.

Cul00

e