Nguyen Dinh Hoe (1866-1944)

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Extraits de la correspondance de S.E. Nguyen Dinh Hoe adressée à Albert Sallet

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Pour replacer ces extraits de correspondance dans leur contexte, il est utile de se reporter à la biographie de Nguyen Dinh Hoe dans ce site (Menu : L’Association – Sous menu : Acteurs Principaux – Nguyen Dinh Hoe) – La transcription des lettres de la correspondance de S.E. Nguyen Dinh Hoe respecte l’intégralité des textes originaux avec leurs erreurs de frappe et de français.

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Hué, le 9 octobre 1914
Société d’enseignement mutuelle de l’Annam à Hué
Association libre des Amis d’idées françaises.
Placée sous le Haut Patronage de l’Alliance Française à Paris
 Numéro 37
Le président de la Société d’Enseignement Mutuel
 à Monsieur le Docteur Sallet Albert, Médecin Major des Troupes Coloniales, chargé de l’Assistance Médicale de la Cité Impériale de Hué et conférencier de l’Enseignement Mutuel en Annam.
Hué
Monsieur le docteur,
Reconnaissant de l’intérêt que vous avez porté à notre œuvre, je viens au nom de la Société entière et en mon nom personnel, vous adresser, à l’occasion de votre départ, nos sincères remerciements et nos respectueux souhaits de bon voyage. Nous vous prions d’agréer également les vœux que nous formons pour la Gloire de notre seconde Patrie, la France.
Monsieur le Docteur, votre départ laisse bien des regrets parmi nous. Vous avez su mériter l’estime de toute la population tant européenne qu’annamite par votre affabilité et votre désir d’être utile à tous.
À notre société vous avez été un des conférenciers les plus assidus et les plus dévoués et vous avez fait profiter à nos membres des connaissances très précieuses.
Monsieur le Docteur, je tiens à vous assurer que le souvenir des services que vous nous avez rendus est ineffaçable, que notre cœur vous suivra partout où vous irez et que, de loin, nous nous réjouirons avec vous des succès de l’Armée Française.
Veuillez agréer, Monsieur le Docteur, nos vœux sincères qui vous accompagnent.
Nguyen Dinh Hoe,
Président de la Société d’Enseignement Mutuel de l’Annam, Mandarin du troisième degré de première classe de la Cour, Sous-Directeur de l’Ecole des Mandarins de Hué.

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Hué, le 14 décembre 1922.
Gouvernement Impérial de l’Annam
Mon cher monsieur le Docteur Sallet,
Merci à vous d’être venu ce matin et ce, en faveur de mon petit héritier qui va mieux en ce moment (Albert Sallet soignait bénévolement les personnels – hauts placés ou sans grades – de la Cité Impériale – NDLR). Je vous verrai pour cela.
En attendant je vous envoie la traduction faite par mon secrétaire Nguyen Cu sur Bad Thang Duong à relire.
Bien amicalement vôtre
 Nguyen Dinh Hoe

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Hué,  le 8 février 1929
 à Monsieur le Docteur Sallet à Tourane
Mon cher monsieur le Docteur Sallet,
je saisis l’occasion du têt pour vous adresser tous mes vœux de bonne année de bonne santé et de bon séjour à vous et à votre noble famille pour l’année 1929. N’est-ce pas trop tard ? Non car la vraie fête de l’en en ce vieil pays d’Annam c’est le Têt où on doit toutes les civilités entre familles. Car vous me prenez toujours pour un pur annamite qui vit sous la tradition ancestrale et sous la bonne tutelle de la Grande France que j’aime et j’adore. Donc à vous personnellement docteur tous mes souhaits les meilleurs
Nguyen Dinh Hoe

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P.S. J’ai d’autre part un service à vous demander de bien vouloir me l’accorder. Je vous en remercie d’avance. J’ai un petit villageois employé depuis quelques années à Fai Foo (actuelle Hoian – ndlr) comme infirmier bénévole ; il doit passer son concours prochain pour être stagiaire en infirmerie et qui me réclame une recommandation auprès du Docteur Chapéron que je ne connais pas encore. Il s’appelle Nguyen Nang du village de Hien Luong Xa (le Mieu au Quang Nam). J’ai pensé à vous qui êtes mon meilleur ami dans ce monde et je me permets donc de m’adresser à vous en vue de cette recommandation en faveur du jeune homme, simple citoyen du village qui me réclame protection (que je dois satisfaire à tous d’ailleurs). Je souhaite que vous penserez un peu à moi pour cela. Ce dont je reste toujours reconnaissant envers vous. Amen.
Nguyen Dinh Hoe

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Hué, le 11 juillet 1935
Nguyen Dinh Hoe
J’ai bien reçu votre carte-lettre du 31 mai qui m’a profondément touché de votre bon souvenir envers moi. Je vous en remercie infiniment. Je pense toujours à vous mais, devenu très paresseux, je ne vous écris pas souvent. C’est impardonnable, c’est vrai. Car le docteur Sallet n’était pas oublié de tout l’Annam, c’est-à-dire de tout ce qui est comme moi vous ai approché (traduire : … de tout ce qui nous rapproche de l’Annam dans notre collaboration au bulletin de l’AAVH – NDLR).
Oh mon Dieu ! Quand est-ce on pourrait se voir, se donner la main et causer. Pour moi, à cet âge, 70 ans sonnés, je deviens fainéant je me traîne de Quai Gia Hoi (aux grands cocotiers) au Mont Ngoc Trang ou Jade (Col de la Pagode Sorcière), de temps à autre avec les six arrière-petits-enfants. Je vais avoir bientôt deux autres enfants qui m’occupent tout mon temps. C’est avec eux que je vis avec ma pauvre femme de 71 ans et il fait un temps ignoble à Hué. On est dans un four, pour ainsi dire cette année, et avec la crise tout est perdu : récolte, commerce, rien n’existe. La vie morte, excepté seuls les fonctionnaires. C’est la misère pour tout le monde, c’est-à-dire les Nha Quê. Oh, pitié mon Dieu. Autrement tout périt etc.
Vous avez dû voir Monsieur Sony qui nous a quitté le 13 février pour revenir -dit-il- en septembre. Je l’attends : le seul des amis français qui (ici à Hué – NDLR) me choie en ma vieillesse. Je souhaite qu’il soit rétabli de sa santé à Toulon et nous revoir bientôt ; tandis que vous, mon vieil ami, je ne puis que vous souhaiter une parfaite santé dans la mère patrie où on est bien toujours, en attendant un bon moment de vous serrer encore une fois la main. Espoir, santé ou longévité dis-je. Au revoir.
Votre grand ami de la vieille cité des Nguyen.

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Hué, le 14 mai 1937,
Remercie (un mois après sa lettre du 14 avril 1937) infiniment son vieil ami le Commandant Docteur Sallet de la pauvre nouvelle qu’il lui donne sur la mort de Marius ratio, dont il pleure la disparition très cruelle pour lui, rompant ( ?) tout espoir d’aller voir une fois au moins la France en cette année 1937 de cette Exposition Universelle Grandiose.
Il prie enfin son vieil ami du Vieux Hué, d’agréer tous ses vœux pour la continuation, en attendant de bonne santé qui lui permettra de le voir encore une fois en Annam.
Nguyen Dinh Hoe

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