Caïus, G. F. Père, (dates ?)

E

Extrait de la correspondance du R.P. Caïus adressée à Albert Sallet

Le R.P. Caïus a dirigé dans les années 20 l’Haffkin Institute (Bombay) créé en 1996 par un savant ukrainien juif formé aux méthodes pastoriennes. Cet institut était, en Inde, comparable à l’Institut Pasteur en France. Les recherches du R. P. Caïus portaient sur les plantes médicinales indiennes et sur les recherches antipoison. C’est le Dr Herman, Inspecteur Général de la Santé (voir sa correspondance sur le présent site) qui avait mis en relation Caïus et Sallet à la suite d’une inspection de l’ l’Haffkin Institute en janvier 1927 (lettre de Herman à Sallet datée du 12 janvier 1927).

Cul18

e

St Xavier Collège
Cruickshank Road
Fort-Bombay 1
12 août 1928
Cher collègue
Votre travail sur les vers intestinaux et leur traitement dans les thérapeutiques annamite et sino-annamite m’a grandement intéressé. Il m’a permis de faire des rapprochements curieux entre les thérapeutiques de l’Indochine et celles de l’Inde. Ce sont des notes de ce genre qui faciliteront le travail à nos cadets et les aideront à tirer des conclusions que nous pouvons à peine pressentir.
Votre condition et celle de tous les chercheurs sérieux : il travaille seul et sans crédit. Nous avons ici dans l’Inde des services fort bien organisés que votre vieil ami Hermant saura vous décrire. À de très rares exceptions près les titulaires y travaillent peu ou point. Il en est de même des étudiants de nos facultés de science et de médecine qui s’avachissent  au milieu des facilités matérielles qu’on leur prodigue. Les délices de Capoue font de nombreuses victimes parmi les hommes de science. Et cependant le travail à faire est immense !
Ce que vous me dites de « Tylaphora ovata » m’intéresse au plus haut point et j’attends avec impatience la publication de vos notes. Nous ne connaissons ici que « T. Asthmatica » qui n’a d’autres réputation que celle d’être un bon succédané de l’ipéca.
Si je ne craignais pas d’abuser de votre bonté, je vous prierais de bien vouloir me procurer l’étude de la pharmacopée cambodgienne du docteur Menaut, et de demander au docteur De Frénis et à Monsieur Crévost de penser à moi à l’heure de la distribution. J’ai en vue une étude comparée des pharmacopées de l’orient. Elle est encore à l’état embryonnaire. Mais des travaux comme celui que vous avez eu la bonté de m’envoyer peuvent réduire la période de gestation et faciliter l’éclosion.
Je vous prie de vouloir bien, à l’occasion, me rappeler au bon souvenir du Docteur Hermant. Je suis heureux de pouvoir vous dire que lui et ses collègues français ont laissé dans l’Inde la meilleure impression. C’est consolant quand on songe qu’au point de vue scientifique les Indiens ignorent tout de la France.
Agréer, chers collègues, mes remerciements les meilleurs et l’assurance de mon parfait dévouement.
J. F. Caius.

Cul18

e
St Xavier Collège
Cruickshank Road
Fort-Bombay 1
23 décembre 1928
Cher Docteur,
Par une étrange coïncidence la phytothérapie de Leclerc voisine avec la matéria médica de Nadkarni sur un rayon de ma bibliothèque. Je connais fort bien l’ouvrage de Nadkarni. J’ai même aidé à le compiler tant que j’ai cru pouvoir décider l’auteur à faire œuvre scientifique. Malheureusement Nadkarni, je m’en suis aperçu un peu tard, n’avait d’autres soucis que l’argent et la politique. On ne s’attendrait guère à voir la politique dans cette affaire. Mais il faut vous dire que dans l’état actuel des choses, aux Indes, les nationalistes font flèche de tout bois dans une lutte contre l’envahisseur venu de l’Occident. La matière médicale de Nadkarni est destinée dans l’esprit de son auteur à prouver aux Indiens que leur thérapeutique était déjà parfaite bien avant que les sciences médicales se fussent développées en Europe. Il eut voulu s’autoriser de mon nom et de ma position comme chef de laboratoire accrédité auprès du gouvernement de Bombay. J’ai refusé d’être parrain d’un ouvrage qui, à mon avis, est un fatras. Ci-inclus copie de la critique que j’ai envoyée au gouvernement à titre officiel.
Comme compilation, le livre n’est pas sans valeur et je n’hésiterais pas à le recommander à qui désirerait se faire une idée de la thérapeutique aux Indes en l’an de grâce 1928. C’est un dessein que je dis « thérapeutique aux Indes » et non « thérapeutique indienne ». L’auteur, en effet, n’a pas su faire la part des choses et il a introduit pêle-mêle dans son livre des opinions prises de nos traités de thérapeutique et de pharmacologie. Il faut donc être suffisamment averti pour retrouver dans cet amas confus ce qui est véritablement et indubitablement indien. Ainsi l’article Cinchona cortex est déplacé. Les Anglais ont introduit le quinquina dans l’Inde en 1862 – 40 ans après la découverte de la quinine – et, en gens bien avisés, ont préparé sur place le sulfate et, tout récemment, le chlorhydrate de quinine. De ce fait l’écorce de quinquina n’a jamais été employée dans l’Inde comme fébrifuge, et les vins de quinquina y sont inconnus.
Du jour où les Indiens se sont préoccupés de bouter les Européens hors de leur pays, ils ont tâché de mettre à jour leurs richesses nationales. Une trentaine de « pharmacopées de l’Inde » ont vu le jour. Ce sont des fragments copiés sans vergogne des auteurs anglais tels que Aimolie ( ?) Waring, Dymock… Les compilateurs, ignorant tout de la botanique, de la pharmacie et de la médecine, ont mal copié, et leurs œuvres fourmillent de fautes et d’inexactitudes que Nadkarni à religieusement reproduites, non sans y ajouter quelques-unes à lui.
L’étude des simples dans l’Inde devient de plus en plus difficile du fait que les médecins indigènes usent secrètement de nos médicaments. Il y a quelque huit ans je fus frappé des résultats qu’obtenait l’un d’eux dans le traitement de la fièvre paludéenne. Apparemment rien d’autre que du tamarin et du citron. Il me fallut une patience et une ruse de peau rouge pour arriver à pénétrer son secret. Le bonhomme mettait de la quinine dans son jus de citron ou de Tamara. Et cependant il ne cessait de dénigrer cet alcaloïde et de déblatérer contre les empoisonneurs à peau blanche. Et dire qu’il y a des gens qui pensent que l’étude des drogues indigène est une sinécure ! Drôle de pays où je ne puis me fier à personne, où je dois tout vérifier par moi-même !
Le mois dernier, alors que j’étais en train de lire votre note sur le « Ha Tu Ho », plante des rajeunissements, je reçu une lettre de Coïmbator signée Robert. Le signataire me disait vous connaître. Il m’envoyait une des coupures d’un journal français ou il était question du fameux « Lukutâté », cette merveilleuse plante indienne qui rajeunissait gens et bêtes à vue d’oeil. Le père Robert me confiait qu’il n’avait pu trouver personne dans le sud de l’Inde qui pût lui donner des renseignements sur cette plante et ses effets magiques. On lui avait conseillé de s’adresser au fameux jardin botanique de Kew ou à la société linnéenne de Londres. Heureusement j’étais à même de satisfaire l’intéressé. La Suisse et l’Allemagne justement émues s’étaient déjà adressées à nous pour éclaircir le mystère. Le « Lukutâté » n’a jamais existé autre part que dans les prospectus de réclame lancés par un habile filou qui savait que la vente, sous un nom quelconque, de déchets de pommes et de poires ne constitue pas un délit en Allemagne. Le personnage a disparu soudainement de la Suisse où il était passible d’une peine.
Je vous remercie de l’envoi de vos brochures. Elles m’intéressent beaucoup et je les garde précieusement dans ma collection. J’ai beaucoup entendu parler du père Cadière à l’époque où j’étais en relation avec l’Ecole Française d’Extrême-Orient, et plus tard à l’école des langues Orientales à Paris. Avez-vous connu Odendhal ? Je le vis à Trichinopoly quelques mois avant sa mort. Nous avions formé de grands projets pour l’avenir, mais, hélas, nous n’avions pas songé au Ladètes du feu ( ?).…/…

Cul18

e

St Xavier Collège
Cruickshank Road
Fort-Bombay 1 – 15 Juin 1929
Cher amis
Y aura-t-il un Congrès de la Far Eastern Association of Tropical Médecine en cette année de grâce 1929 ? Si oui, le Congrès se tiendra-t-il à Bangkok comme on nous l’avait donné à entendre ? Pâques et la Trinité sont passées sans que nous ayons eu de réponse à ces questions. Et cependant j’aurais bien voulu vous entretenir de mes projets à ce sujet.
À moins de circonstances imprévues, j’irai à Bangkok pour le Congrès. Y serez-vous aussi ? Si oui, le problème est résolu. Si non, pourrai-je pousser jusqu’à Tourane ? Le Consul de France à Bombay qui nous vient justement du Siam m’a dit que c’était un long voyage de Bangkok à Tourane, et qu’il n’y a pas de service régulier entre ces deux villes. Voilà le hic ! À vous de me dire s’il n’y aurait pas quelque moyen simple de moyenner. Il ne s’agit pas d’embarras pécuniaire mais de difficulté possible si mon congé doit s’étendre au-delà de certaines limites.
Vous avez dû apprendre que les Chinois ont à l’étude un projet de pharmacopée. Les Anglais sont en train de réviser leur pharmacopée et ont fait appel à leurs colonies pour y ajouter des suppléments de façon à s’adresser à tout leur Empire. Entre-temps à Genève on s’occupe d’un projet de pharmacopée internationale. Tout cela prouve qu’on se rend compte un peu partout de la nécessité des formulaires et de formulaires édifiés sur une base commune. Comme membre du Comité de Révision de la Pharmacopée des Indes, je désirerais si possible me rencontrer à Bangkok avec des représentants du Japon de la Chine et de l’Indochine, et voir s’il n’y aurait pas quelque moyen de nous unir et de travailler en commun. Nous pourrions toujours commencer par un Bureau d’information, par quelque groupement qui réunirait les praticiens et les hommes de laboratoire qui s’ignorent beaucoup trop les uns les autres.
Ici, aux Indes, rien d’organisé. On dépense beaucoup et les résultats sont minimes. Je viens de représenter au Gouvernement les inconvénients de cette situation. J’insiste sur la nécessité d’un service organisé tout spécialement en vue de la production d’une pharmacopée, service permanent avec son personnel scientifique travaillant à jet continu. L’œuvre ne devrait pas souffrir du fait que l’un ou l’autre des travailleurs viennent à manquer pour une cause ou une autre. Sinon nous en serons dans 50 ans au même point qu’aujourd’hui. Il y aura bientôt 60 ans qu’on s’occupe aux Indes de l’étude des simples du pays, et nous n’avons pas une seule drogue qu’on puisse incorporer dans un formulaire. Le travail est ou bien incomplet ou bien indigne de confiance.
Malgré tout les choses en sont ici à peu près au même point qu’en Indochine, avec la grande différence qu’il s’y gaspille beaucoup plus d’argent. Et ce qui m’horripile, c’est de voir que des gens autrement intelligents – j’entends intelligents de par ailleurs – se refusent à voir l’immensité du travail qui nous confronte. Du moment qu’ils ont bâti un laboratoire est l’ont fourni d’appareils, ils s’attendent à des résultats immédiats et, pire encore, à des résultats sensationnels. Nous sommes supposés faire en un jour ce que le bon Dieu fait en 15.
Et ceci complété et dûment consigné, on continue à travailler, à travailler d’arrache-pied, à travailler le sourire aux lèvres. Et c’est là la grande supériorité du caractère français sur l’anglais. Le Français tourne sa mauvaise humeur en fusée. Ça pète, ça éclaire les autres et si, par hasard, quelqu’un est brûlé ce n’est pas lui. L’Anglais ingurgite ses griefs, s’en bourre, et quand ça éclate il en crève !
Vos envois continuent à m’intéresser beaucoup. Votre « pain médicinal anthelminthique » ferait le bonheur de nos médecins indigènes qui ne manqueraient pas de remarquer que ce sont les Indiens qui ont donné la recette aux Annamites. Bien que j’en aie entendu de fortes au cours de mon existence, je viens d’en entendre une qui a failli me renverser. Il y a huit jours de cela, mes assistants discutaient les mérites respectifs de la thérapeutique européenne et de la thérapeutique indienne. Ils tombèrent vite d’accord sur la supériorité de la médecine des occidentaux. Mais comment expliquer cette supériorité sans préjudice à l’esprit nationale ? L’un d’eux, un Brahme en donna la clé : « C’est un fait avéré qu’un des livres sacrés des Hindous a disparu. Ce livre a été volé par les Allemands qui les traduisent et en donnent le contenu comme autant de découvertes modernes ». À rapprocher de cela le discours de la Reine du Cooch-Behar qui a proclamé à Londres que les aéroplanes étaient connus des Indiens de l’époque védique. Cet état d’esprit de la part des Indiens est cause de la parfaite indifférente avec laquelle ils regarde mon travail. Si je conclus que par exemple « Holarrhena antydisenterica » est un remède de choix dans le traitement de la dysenterie ils clignent de l’œil et me disent : « Nous le savions bien  » !
Si je condamne quelqu’une de leurs drogues, ils sourient et me demandent si j’ai réellement foi en mes méthodes d’analyse ! Je crois que votre ami Hermant était présent le jour où le ministre de l’Instruction Publique du Gouvernement de Bombay me dit très sérieusement en présence des congressistes venus de Calcutta : « À quoi bon suer pendant quatre ans pour vous dire ce que nos médecins indigènes nous avaient déjà dit ? Et pourquoi nous acharner à pareil travail ? Il en sera de même avec toutes nos médecines ! » Je me rappelle avoir souri mais j’ai oublié ce que je répondis. Mes amis les Anglais m’ont dit que c’était fort bien tapé, mais pas très « correct ». Mais aussi, le moyen de traiter poliment les huîtres ?
Les plantes médicinales de l’herbier Indochinois se retrouvent génériquement dans l’herbier indien. Et ainsi se pose la grande question des espèces botaniques. Les botanistes ont-ils raison de multiplier les espèces comme ils le font ? Holarrhena Peretteti de l’Indochine est-elle spécifiquement distinctes d’H. antidysenterica de l’Inde, H. congolensis du Congo ?
Plus je vais et plus il me semble que les systématiques de flore reposent sur de fragiles pattes d’argile. Ce serait à réviser. Mais comment ? Et par qui ? Vous avez, sans doute, dû vous trouvez à certains jours perdus dans un labyrinthe de synonymes. Pour ma part j’avoue avoir souvent perdu patience. J’ai entrepris une étude comparée des propriétés médicinales des espèces indiennes du genre Terminalia et j’ai toutes les peines du monde à fixer ces espèces indiennes. C’est la confusion In excelcis !
Et pas moyen de se fier aux indigènes. Il y a eu le mois dernier à Nasik, non loin de Bombay, un congrès de médecins indigènes et j’ai pu me procurer une centaine de leurs spécimens. J’y ai relevé quatre échantillons étiquetés « Arjun ». Deux sont des écorces de Terminalia tomentosa, le quatrième n’est pas même du genre Terminalia ; donc pas un seul échantillon d’écorce de T. arjuna.
J’aurais dû entrer en possession des milliers d’échantillons exposés au Congrès et c’est avec difficulté que j’ai pu m’en procurer une centaine. Pourquoi ? Cependant que je faisais un choix de domestiques intelligents à Bombay, on faisait courir le bruit à Nasik que le gentleman du bureau de pharmacopée à Parel allait signaler au gouvernement toutes les plantes de quelques valeurs, et que le gouvernement mettrait l’embargo sur ces plantes et déclarerait en avoir le monopole. Avez-vous les mêmes difficultés en Annam ? Ici c’est le pain quotidien. Mais, le sourire toujours et quand même.
Vous me dites que vos filles sont à Toulouse. Y aurait-il quelqu’un indiscrétion à vous demander dans quelle maison d’éducation religieuse ? Combien je regrette que maman soit morte subitement l’année dernière ! Elle eut chérubiné vos enfants à l’égal des siens. Et dieu sait que la chère femme savait chérubiner !
Bordelais de naissance, j’appartiens au Vieux Toulouse de 1888-1895 pour mon éducation. Et quelle éducation ! Heureusement que les pierres sont muettes,  autrement pas un pavé qui n’ait une histoire à raconter. Je dois avoir de mes vieux copains professeurs au Caousou. Je les ai perdus de vue quand j’entrai au noviciat des Jésuites. Espèce de curé que je ne connaissais pas. Ce fut à la condition qu’on me donnerait les moyens de prendre racine dans cette nouvelle terre. À Toulouse, là-haut à la Côte Pavée, il n’y fallait pas compter ; les camarades seraient venus m’y relancer, car la vie leur semblait monotone après mon départ. Il fut donc décidé que je serais expédié aux Indes. Et, bien que Jésuite de la province de Toulouse, je ne connais guère mes confrères de France. Les Indes, l’Angleterre, la Belgique, la Hollande, Paris, l’Espagne…. toujours loin de Toulouse mais toujours près de Dieu, le seul voisinage qui compte après tout.
J’ai eu des nouvelles du père Robert par ce courrier. Il m’écrit de Paris, de la Rue du Bac.
Un artiste photographe m’a fait une belle tête de mouton que je vous envoie.
Sur quoi je me défile. Mes amitiés à l’ami Hermant quand vous lui écrirez.
À vous, cher ami, ma bonne affection
F. Caïus

Cul18

e

St Xavier Collège
Cruickshank Road
Fort-Bombay 1
Bombay, 10 décembre 1937
Bien cher ami,
Puisse l’année 1938 chasser les papillons noirs et dissiper les nuages qui pour l’heure obscurcissent votre ciel ! Que la nouvelle année vous apporte joie et réconfort calme et sérénité. Qu’elle soit une année de bonheur pour vous et pour les vôtres ! Jamais je n’avais compris comme aujourd’hui ce que la distance entre amis représente de terriblement cruel. Car je sens que vous passez par une crise qui vous paralyse et vous empêche de vous réfugier dans le travail pour y trouver la paix et la sérénité dont vous avez un si grand besoin. Il vous faudrait la main amie qui doucement vous ramènerait à la lumière. Hélas ! Combien loin Bombay est de Toulouse ! Mais je prie pour vous, cher ami, j’ai confiance. Votre prochaine lettre m’annoncera la délivrance et me dira que la soixantaine n’était pour rien dans cette affaire.
Quel idée de blâmer la soixantaine !  Pauvre diagnostique dont vous devez être honteux.
Toutes mes félicitations à Jacqueline, philosophe en herbe. Mais combien je suis triste à la pensée que Monique ne parvient pas à surmonter les difficultés d’une pauvre santé ! Dites-lui toute mon affectueuse et paternelle sympathie.
Je vous remercie, grand cher ami, de cette visite que vous avez faite à mes morts. Puisse le ciel redonner au plus tôt le centuple promis pour cet acte de charité. J’ai dit le mois dernier la messe aux intentions de votre femme et des autres membres défunts de votre famille. Que le bon Dieu ait leur âme !
Courage cher ami et confiance. Je vous bénis, vous et toute la maisonnée.
Mes deux mains .
F. Caius

Cul18