Henri PEYSSONNAUX

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Biographie succincte de Français, civils ou militaires, de toutes conditions, enterrés au Cimetière des Français de Phu Cam transféré en 2006 sur le site de Thuy Phung. Les textes relatifs à leurs destins ont été sélectionnés par Jean Cousso. Ils ont été rédigés, soit par les familles des défunts, soit par le comité de Rédaction de l’AAVH, soit par les auteurs de l’ancien BAVH. Merci de signaler tous textes ou images inappropriés.
Merci à Valérie Peyssonnaux, petite nièce d'Henri, pour son aide et ses recherches.

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Jean Henri Eugène PEYSSONNAUX (1890 – 1937)

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J-H Peyssonnaux 4 bis

 

Henri Peyssonnaux. Fonds Peyssonnaux. Sans date

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Tombe J-H Peyssonnaux cimetière de Phu Cam light

 

Petite énigme : la photo ci-dessus représente la tombe d'Henri Peyssonnaux au Cimetière de Phu Cam (photo non datée, transmise par sa petite nièce Valérie). Preuve qu'il y a bien été enterré. Mais son nom ne se retrouve sur aucune tombe de ce cimetière, pourtant transféré en 2006 sur son nouvel emplacement à Thuy Phuong. Notre association, chargée de réhabiliter les épitaphes du nouveau cimetière a cherché en vain... Les restes d'H. Peyssonnaux ont-t-il été transférés dans un autre lieu après 1937 ? Nous avons néanmoins décidé, sur preuve de cette photo, de considérer H. Peyssonnaux comme ayant été inhumé au Cimetière de Phu Cam.

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Jean Henri Eugène PEYSSONNAUX

Par Nguyen Van To in: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 37, 1937. pp. 704-706

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Né à Périgueux le 14 octobre 1888, Henri Peyssonnaux fit de fortes études pratiques d’archéologie et d’histoire de l’art ; il conserva pendant toute sa vie le goût des antiquités extrême-orientales et la plus vive admiration pour les vieilles céramiques chinoises. Entré au "Service de la Sûreté générale » le 9 novembre 1919, il fut désigné à Hué en janvier 1920, et, là, « dans un cadre propice à sa vocation », consacra tous ses loisirs et une bonne partie de ses ressources à rassembler des collections très diverses. L'étude de la céramique et de l’imagerie populaire l'amena peu à peu à rechercher ce qui pouvait subsister des armes, des meubles et des ustensiles de l’ancien Annam ; après quinze ans d'investigations patientes et de voyages à travers l’Indochine, il avait réuni une belle collection d'objets sino-annamites qu’il serait impossible de refaire aujourd'hui à n’importe quel prix.
Ses fonctions de conservateur des Musées de Hué et de Tourane ne furent nullement pour lui une sinécure : il parvint, en 1923, à installer, en quelques mois, l’ensemble des richesses du Musée Khai-dinh dans l'espace restreint dont disposait le Palais Bao-dinh. Une notice rédigée par lui en 1929 les fait connaître et remplace provisoirement le catalogue méthodique qui sera dressé lorsque de nouvelles galeries seront construites. Peyssonnaux ne cessait point d’accroître, par d’intelligentes et heureuses acquisitions, ce premier fonds si précieux ; c’est grâce à lui que le Musée Khai-dinh est entré en possession d'un grand nombre d’objets, de meubles et de documents «  évocateurs de la vie sociale, rituelle, politique et artistique de ce pays ».
Ceux qui ont abordé, il y a douze ans, l'étude de ces objets, n'oublieront jamais quel appui, quelle direction et quel charme ils ont trouvé dans le commerce de Peyssonnaux. C’était un esprit ouvert à tout et un coeur ouvert à tous. Sa conversation, toujours nourrie de faits et d’idées, était en même temps animée par la bonne humeur la plus naturelle et la plus franche ; la cordialité éclatait dans son accueil, dans ses lettres, dans ses encouragements.
L’E.E.F.O., en le nommant correspondant, s’était assuré un concours extrêmement précieux. On le voyait actif, laborieux, exact dans son service ; on avait confiance dans son esprit posé, solide, tenace, très large en même temps. On appréciait en lui le caractère, car Peyssonnaux, naturellement bienveillant et doux, savait être ferme, par exemple pour refuser à la section des ventes du Musée Khai-dinh une mauvaise copie d’un meuble ancien. Il avait pour le progrès de l’histoire d'Annam et pour le perfectionnement des études annamites une vraie passion.
Ses notes d’histoire et de biographie ne contribuent pas peu à augmenter la valeur de certains documents.
En disparaissant à 48 ans, Peyssonnaux a laissé un vide qui n'est pas près d'être comblé. Mais son souvenir vivra parmi nous ; nous nous rappellerons toujours qu'il fut un correspondant accompli et qu’il mit au service deL’Ecole Française d'Extrême-Orient toute sa science et tout son dévouement ; nous n’oublierons pas non plus la franchise et la loyauté de son caractère, car il était un des meilleurs de sa génération autant par le coeur que par le talent et le savoir.
 Nguyen Van To

 

 

 

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AAVH AP0940 Maurice Cosserat  - Hué, 1923 - Trois acteurs principaux de l'AAVH
De gauche à droite : Henri Peyssonnaux, Secrétaire de la Commission Adminstrative du Musée Khai Dinh - Henri Cosserat - P. Jabouille, Résident Supérieur en Annam, Président de la Commission administrative du Musée Khai Dinh - Vo Liem, Ministre des Travaux Publics du gouvernement annamite, devant le Musée khai Dinh à Hué en 1923.

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Discours de Monsieur Labbey, Administrateur des Services Civils

lors des obsèques de Jean Peyssonnaux au Cimetière de Phu Cam

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Jean Henri Eugène Peyssonnaux est né à Périgueux le 11 octobre 1888
Après s'être engagée dans la voix d'une carrière commerciale, Jean entra dans l'administration en octobre 1919. A force de labeur et de zèle, il gravit successivement les échelons qui le conduisirent en 1934 au grade de Commissaire principal. Si appartient officiellement au cadre des polices, il fut, en réalité, de toutes ses forces et de tout son cœur : archiviste. Dès 1923 le Résident supérieur Pierre Pasquier disait de lui : "Monsieur Peyssonnaux a apporté l’ordre et la clarté dans les archives de la Résidence. Par ses aptitudes et ses goûts qui le conduisirent aux recherches historiques, c'est un excellent archiviste qui rend de très réels services à Huè où la recherche des textes annamites et des documents du Protectorat est à la base de toutes nos études.
En 1926 il a ajoutait : « Monsieur Peyssonnaux a su créer avec des ressources restreintes un organisme nouveau appelé à rendre de très réels service : le Bureau Local du Tourisme. Ses belles qualités ont trouvé là  une nouvelle occasion de se manifester ».
En 1929 le Résident Supérieur Jabouille disait : « les services rendus par Monsieur Peyssonnaux aux archives, au tourisme et au Musée Khai Dinh lui ont fortement valu, dans toute l'Indochine, une réputation dont il peut être fier. Il y est arrivé par une conscience remarquable et un travail de tous les instants. Il a sa place marquée à Hué  dans toutes les questions d'art et de tourisme.  Hier enfin, le chef du Protectorat l'appréciait ainsi : "Monsieur Peyssonnaux est un modeste qui cherche sa récompense dans le parfait accomplissement de sa tâche. Il aime l'Annam dans son activité comme dans ses manifestations de son art. Il se penche sur le passé avec passion et avec une pleine connaissance de ce qui vient de lui et, ce faisant, il rend au présent et à la collectivité de grands services.
Qu'ajouterai-je aux éloges unanimes de ses chefs successifs ? Par une tâche  quotidienne aussi considérable qu’ingrate, il créa véritablement le service des Archives de la Résidence  Supérieure. C'est à lui qu'est due l'organisation du service du tourisme en Annam. Le Musée Khai Dinh, enfin, ce trésor si apprécié de l’art annamite que chacun admire aujourd'hui est l'œuvre personnelle de Jean Peyssonnaux. Pas un meuble, pas un bibelot parmi les milliers qu’il contient qui ne représentât pour lui une date, une histoire et de patientes recherches. Archiviste de documents administratif, archiviste de documents touristiques, archiviste d'art : tel fut Jean Peyssonnaux dont nous déplorons la perte aujourd'hui.
Cette vie simple de travailleur honnête et consciencieux qui fut la sienne semblait devoir lui assurer cette récompense habituelle, la seule souvent mais la meilleure, des laborieux, modestes et dévoués à leur tâche : la paix de l'âme et le bonheur. Il ne comptait que des amis.
Son triste destin ne l'a point voulu. Depuis longtemps d'une santé  délicate, ruinée par des efforts hors de proportion avec ses forces, Jean Peyssonnaux fut vaincu. C'est un bon serviteur que perd en lui le pays, et je me fais un devoir de lui exprimer publiquement la gratitude du Protectorat pour l'œuvre qu'il nous lègue et qui, s'il en était besoin, perpétuerait le souvenir de l'excellent serviteur qu'il fut pour l'administration, de l'homme aimable et discret, du bon camarade, de l'ami qu'il fut pour tous.
Que sa mère, que sa veuve désolée, que son pauvre enfant, sachent combien nous prenons part à leur immense douleur et, par-delà la maladie qui fut si cruelle pour lui, que tous trois soient fiers du souvenir qu'il laisse en Annam, ainsi que dans nos cœurs.
Au nom du gouvernement et du Protectorat,
Jean Peyssonnaux, Adieu !

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AP002094 Sallet

 

AAVH AP 2094 Sallet - Hué, 1926 - Guide touristique des Amis du Vieux Hué
C'est sous la direction de M. Peyssonaux, chef du Bureau du Tourisme en Annam qu'est réalisé le guide sur  "Voyages et Tourisme en Annam" en 1926, sur les presses de l'IDEO (Imprimerie d'Extrême-Orient) de Hanoi.