LE MARCHANT DE TRIGON

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HENRI LE MARCHANT DE TRIGON (1867-1918)

Cimetière des Français – Tombe E20

Administrateur des Services Civils – Acteur essentiel de l’AAVH

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LEMARCHAND DE TRIGON extr BAVH 1925 light

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Extrait de la lecture faite par l’administrateur Laborde au siège de l’AAVH en 1918
Le Bulletin du Vieux Hué a perdu, dans le courant de l’année 1918, un de ses meilleurs amis. Henri Le Marchant de Trigon, qui s’est éteint le 29 avril 1918, a été un de ses lecteurs les plus fervents et un de ses collaborateurs les plus zélés.
Par sa haute situation dans l’Administration des Services Civils, par sa longue expérience du pays d’Annam, où il a vécu 29 années, par les documents qu’il lui était loisible de consulter, et surtout par ses souvenirs personnels, aidés d’une mémoire des plus vives, H. Le Marchant était à même, mieux que quiconque, d’écrire des études fort intéressantes pour le Bulletin. Dans de nombreuses pages, il a fait revivre pour nous les périodes délicates où se livraient à Hué les batailles diplomatiques dont sont sortis les temps actuels, et il se proposait de mettre sous nos yeux de nouveaux documents inédits découverts sur ses indications dans les archives de la Cour de Hué, lorsque la maladie qui devait l’emporter est venue interrompre sa tâche. Il avait pu toutefois mettre à peu près au point une dernière étude : le traité de 1862. C’est cette étude, sa dernière, que publie le dernier bulletin de 1918, bien petit fragment posthume du vaste programme que M. Le Marchant se plaisait à esquisser chaque fois qu’on lui parlait des travaux des Amis du Vieux Hué.
Il était en France au moment de la naissance du Bulletin, sans quoi son nom aurait certainement figuré parmi les premiers membres fondateurs. Dès son retour, il se fit inscrire, et il y aurait collaboré dès 1916 si les importantes fonctions de Résident Supérieur p. i. qu’il occupait ne l’avaient pas trop absorbé. Il se rattrapa en 1917, où il nous donna trois articles :
1° —L’intronisation du roi Ham-Nghi (B. A. V. H. 1917, pp. 77- 88). On y lit des relations officielles écrites par M. Rheinart, Résident Général, et ce texte nous fait assister à une phase palpitante de l’histoire du Protectorat.
2° — Les débuts de notre protectorat : arrivée à Hué de notre premier Chargé d’affaires (B. A. V. H. 1917, pp. 263-267). Il nous y est parlé de l’année 1875, où M. Rheinart débarqua à Thuan-An avec plusieurs Français, ses collaborateurs.
3° — Les Européens qui ont vu le Vieux Hué : nos devanciers immédiats (B. A. V. H 1917, pp 281- 283).
En 1918, année de sa maladie, il n’eut le temps que de donner un article : Les alentours de la Résidence Supérieure (B. A. V. H 1918, pp. 15-19), et d’en laisser un presque terminé : Le traité de 1862 dont nous avons parlé.
En hommage reconnaissant, nous terminerons cette trop courte notice nécrologique par la biographie de M. Le Marchant de Trigon. Je ne puis mieux faire que de reproduire ici une partie du discours prononcé sur sa tombe par M. l’Administrateur Le Fol, au nom de M. le Résident Supérieur, qui était absent lors du décès.
Parti pour l’Indochine à l’âge de 21 ans, avec une solide instruction classique, Le Marchant fut, dès son arrivée à Tourane, en janvier 1889, nommé Commis de 3ème classe du cadre des Résidences. Il obtint rapidement au choix, en 1891, puis en 1893, la 2ème et la 4ème classe de son grade, et fut promu Chancelier en janvier 1897.
Il avait servi successivement à Dong Hoi, Vinh et Thanh Hoa. De novembre 1896 à février 1901, il remplit les fonctions de Chef de bureau de 1a comptabilité de la Résidence Supérieure à Hué. M. le Résident Supérieur Auvergne, en attestant, en 1900, qu’il dirigeait ce service de façon irréprochable, estimait déjà que, grâce à son caractère pondéré, à son jugement droit et sûr, à sa parfaite courtoisie, il serait particulièrement apte à bien diriger une province.
En 1901, il était nommé Administrateur de 4ème classe et Résident à Thua Thien. Dans ces fonctions, il méritait de nouveaux éloges et il savait immédiatement s’attirer les sympathies de tous.
Il était choisi en 1903 comme Chef de cabinet par M. Auvergne qui louait sans réserve son zèle et son dévouement ainsi que la loyauté de son caractère.
Promu Administrateur de 3ème classe en 1904, de 2ème classe en 1908 et de 1ère classe en 1914, il dirigea successivement les provinces de Quang Ngai, de Rach Gia et de Kien An et, sans exception, tous les Résidents Supérieurs ou Gouverneurs appelés à apprécier ses services furent unanimes à reconnaître en lui un administrateur de premier ordre.
Son dernier séjour en Indochine fut marqué par son passage à la Résidence-Mairie de Tourane, en 1915, où, comme partout où il avait précédemment passé, il ne connut que des amis. Enfin, en novembre 1915, M. Le Marchant fut désigné pour remplir les fonctions d’Inspecteur des Affaires politiques et administratives, et, en mai 1916, ses rares qualités d’intelligence et sa longue expérience des choses de l’Annam le désignèrent au choix du Gouvernement pour assurer, dans des circonstances délicates, l’intérim des fonctions de Résident Supérieur en Annam.
Ses qualités naturelles, son tact, son expérience, les sympathies et les amitiés qu’il avait su inspirer, aussi bien parmi la population européenne que dans les milieux annamites, assurèrent le complet succès de cet intérim. Le Marchant était né à Plestin-les-Grèves, dans les Côtes-du-Nord, le 25 décembre 1867.
Que tous les Amis du Vieux Hue se joignent au Comité pour lui adresser un dernier adieu et présenter leurs condoléances émues à sa famille.
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