Madame CHAIGNEAU

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Hô Thi Hué, première épouse de Jean-Baptiste Chaigneau

et 6 enfants « morts au service du Roi Gia Long »

Cimetière des Français – Tombe F42

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Madame Hô Thi Hué Chaigneau et Godefroy de Forsanz (emplacements des tombes : F42 et C16) sont les plus anciens défunts du Cimetière des Français de Hué. Ces noms sont ceux de deux acteurs essentiels de l’aventure des « Volontaires de Gia Long ». Quelques centaines de Français mandatés par Louis XVI, Bretons pour la plupart, ont joué un rôle déterminant dans l’histoire du Vietnam à la fin du XVIII ème siècle, en s’engageant comme Volontaires au service de Monseigneur Pigneau de Béhaine,  pour restaurer la dynastie des Nguyen écartée du trône  par les frères Tay Son. L’épopée réussira : la dynastie des Nguyen subsistera jusqu’à la mort récente de Bao Dai, le dernier empereur.

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X Chaigneau ANCIEN cimetière N et B       Y Tombes Epouse Chaigneau et 6 LIGHT

Les deux tombes – avant et après nettoyage par notre association en 1996 – de Madame Chaigneau (au second plan) et de ses 6 enfants enterrés dans  « sept petits tombeaux ovoïdes » (au premier plan) au Cimetière de Phu Cam avant son transfert en 2006 sur le site de Thuy Phuong. Photos AAVH J.C.

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CHAIGNEAU Mme HO THI HUE LIGHT

 

Vue du Cimetière des Français transféré en 2006. Plaque tombale actuelle de Madame Chaigneau et ses enfants, installée en 2013 par notre association chargée par l’Assemblée Nationale de réhabiliter les épitaphes disparues ou devenues illisibles (voir le menu : Réalisations – Le Cimetière des Français)

 

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M Livre A         M Livre B

 

Le Bulletin des AVH N°1 de l’année 1923, consacré à Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille (par André Salles), apporte des informations intéressantes sur la vie de sa première épouse. Ce bulletin a été réédité en 2006 sous le titre « Un Mandarin breton au service du Roi de Cochinchine » par l’AAVH en collaboration avec les éditions « Les Portes du Large » (disponible au siège de l’AAVH).

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zplan tombe 1923 1 LIGHT

Plan du tombeau de Benoîte Huê, épouse Chaigneau et de ses 6 enfants, extrait du BAVH 1923/1 « J. B. Chaigneau et sa famille » par André Salles. La notice mentionne : « Madame Chaigneau née Benoîte Hué au village de Phuoc Qua (Phu Cam) près Hué. Archives de Madame Moquet »

 

 

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LE PREMIER MARIAGE DE J.-B. CHAIGNEAU ET SA DESCENDANCE

(Extraits du BAVH N°4/1923 : Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille par André Salles)

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Acte de mariage de Benoîte Hué avec Jean Baptiste Chaigneau, extrait du BAVH 1923/1 « J. B. Chaigneau et sa famille » par André Salles.

 

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«…/… A l’instigation de S. M. Gia-Long, ainsi que nous l’avons vu, Jean-Baptiste Chaigneau se maria à Hué, quand, après la prise de la capitale, une ère de vie tranquille parut devoir s’établir. Il épousa une jeune fille, Melle Benoîte Hô-Thi-Huê, appartenant à une famille catholique domiciliée sur la chrétienté de Tho Duc, dans la banlieue de Hué (…/…)
Melle Benoîte Hué avait six frères ou sœurs. Une de ces sœurs, Melle Ho Thi Nhon deviendra Mme de Forçant (…/…)
Le mariage de Jean-Baptiste avec Benoîte Hue fut célébré par Mgr. Labartette, évêque de Véren, le 10 août 1802, dans l’église de Tho-Duc, ainsi qu’il résulte de l’original de l’acte consécutif que plus tard Chaigneau rapporta en Bretagne, et qui est aujourd’hui conservé au greffe du Tribunal de Lorient. Cet acte, qui fut peut-être rédigé a posteriori et en vue surtout de l’état civil en France, ne mentionne ni le nom complet de la mariée, ni sa filiation. D’autre part, on ne voit, parmi les témoins, les noms personnels ni de son grand père, ni de son père, ce qui permet de supposer qu’ils étaient à ce moment décédés, ou tout au moins à la date de la rédaction de l’acte (1). Chaigneau avait, au jour de son mariage avec Benoite Hué, 33 ans et 2 jours.
De cette union, naquirent onze enfants, en 13 ans, d’août 1802 à septembre 1815. D’après les souvenirs de Melle Mathilde Fournier, petite-fille de Jean-Baptiste et de Benoite Huê, il y en aurait même eu douze. En effet, sur 1a liste, telle qu’elle figure à la généalogie de la famille Ho on pourrait intercaler une autre naissance, soit en 1808, soit en 1814. Cependant, on peut penser que s’il en eût été ainsi, on trouverait à Phuoc-Qua non pas six, mais sept « petits tombeaux ovoïdes » (…/…)
Ces six enfants nés et morts à Hué, pour lesquels, par suite, Chaigneau ne fit pas établir un certificat en vue de l’état civil en France, j’ai pu les dénommer d’après une lettre écrite le 15 juin 1909 par M. Ho-Van-Thap famille Chaigneau en France. Dans cette lettre, M. Thap après avoir donné des renseignements sur sa famille, parle des tombeaux de Phuoc-Qua dont il a la charge par ordonnance royale, et donne les noms des enfants, morts jeunes, comme suit : M. The, M. Phuoc, M. Dang, M. Sanh, Melle Huu, Melle Nghi ; ensuite, sur  plan très bien métré, joint à sa lettre, il inscrit ces noms, sur les petits tombeaux de gauche à droite suivant l’énumération ci-dessus (…/…)
TitreAAVHcaractChin
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Informations complémentaires : Jean-Baptiste CHAIGNEAU

Source : Wikipedia
Il est le fils d’Alexandre Georges Chaigneau, capitaine de vaisseaux de la Compagnie des Indes, et de Bonne-Jaquette Perault, elle-même fille d’Étienne Perault, maire de Lorient.
Naviguant depuis l’âge de douze ans, les hasards de la lutte contre les Anglais dans l’océan Indien l’amènent à Macao, puis à entrer à 25 ans avec d’autres Français au service du prince Nguyên Anh (futur empereur Gia Long) sur la recommandation de Mgr Pigneau de Behaine, à participer à son retour comme roi de Cochinchine, puis empereur d’Annam. Quelques années plus tard, celui-ci le fit successivement général de l’armée du Nord, marquis de Thang-Duc, ministre la Marine et grand mandarin ayant – durant vingt-cinq années – en particulier fondé et développé une flotte de type occidental.
Il dispose d’une escorte personnelle de cinquante soldats en tant que grand mandarin.
Il se marie avec une Annamite catholique Ho Thi Thue, d’une famille de mandarins, dont il a plusieurs enfants, parmi lesquels Michel qui joue un rôle plus tard avec l’ambassade de Phan Thanh Gian en France, en 1863 ; et Jean qui deviendra secrétaire général de la ville de Rennes.
Jean-Baptiste Chaigneau repart en 1819 pour la France où il reçoit sa nomination de consul de France à la cour de Hué. De retour par le Larose avec son neveu Eugène à la cour d’Annam en 1821, sa proposition de traité de coopération et de commerce avec la France de Louis XVIII est refusée par le nouvel empereur Minh Mang, hostile à l’ouverture de son pays aux étrangers. Il est reçu froidement par la cour et finalement, en septembre 1824, l’empereur lui laisse le choix entre le suicide ou le retour en France.
Il repart dépité avec sa nouvelle épouse, Hélène (1800 – 1853), fille de son compagnon d’infortune, Laurent Estienne Barisy, officier de marine originaire de l’Ile de Groix, décédé à Hué, et d’une mère vietnamienne inconnue. Ils arrivent par Singapour à bord du Courrier-de-la-Paix à Bordeaux, le 6 septembre 1825, puis se rendent en Bretagne.
Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 août 1818 puis de l’ordre de Saint-Louis le 14 juillet 1820.