Figeac, Musée Champollion

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L’AAVH, contributeur de l’exposition :

« Cacher, Coller : 4000 ans d’écritures secrètes »

Musée Champollion, Figeac, du 10 Juillet au 1er Novembre 2015

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z            zAffiche et carte expo BD

La façade du Musée et l’affiche de l’exposition

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Introduction

 

La thématique du musée Champollion – Les Écritures du Monde – offre une diversité inouïe de déclinaisons à traiter lors d’expositions temporaires : de l’histoire des écritures propre à chaque civilisation à l’expression artistique qu’ont développée certaines d’entre elles, de l’histoire de Champollion à l’œuvre écrite de personnalités moins célèbres, et des progrès techniques de diffusion de l’écriture au sens perdu de quelques-unes, la palette des choix thématiques possibles pour ces manifestations semble infinie…
Cette année 2015 est donc l’occasion d’aborder un versant peu connu de l’histoire de l’écriture : celui de la dissimulation du sens ou de la présence même de l’écriture. Ou comment évoquer ce que les hommes ne souhaitent pas dire, ou ce qu’ils ne veulent dire qu’à quelques-uns : une exposition où le tragique n’est jamais loin du ludique, et l’obscur une question très sérieuse. Car les différentes façons de cacher ou de coder des messages ont été de tous temps utilisées par tous, et pour des motifs aussi bien politiques que militaires, artistiques ou religieux. Et l’Histoire ne s’arrête pas là, puisque l’ère informatique a obligé l’Homme à concevoir des procédés toujours plus compliqués, qui envahissent aujourd’hui jusqu’au portefeuille rangé dans notre poche ».
Nous vous invitons donc avec le plus grand plaisir à pénétrer les arcanes de ces 4000 ans d’écritures secrètes, en espérant vous compter à nouveau nombreux dans les couloirs de cette traditionnelle exposition temporaire estivale.
Nous saluons une fois encore la générosité des prêteurs et le soutien renouvelé du groupe La Poste, qui vont permettre à notre ville de Figeac, cette année, de rayonner de ses plus beaux feux patrimoniaux. Bonne visite à toutes et à tous !
(André Mellinger, Maire de Figeac – Préface du catalogue de l’Exposition : Cacher, Coller : 4000 ans d’écritures secrètes)

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Sol en 3 languesLa Place des Écritures  attenante au  Musée est l’œuvre de Joseph Kosuth Ex Libris J.-F. Champollion (Figeac). Elle a été réalisée en 1990, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Champollion. Joseph Kosuth a posé au pied de la maison natale de Champollion une immense dalle en granit noir reproduisant fidèlement l’inscription de Rosette [11 x 8 m]. La traduction de ce décret de Ptolémée V Épiphane est gravée sur la porte en verre d’une salle voûtée. Par cette création, Joseph Kosuth inscrit la Pierre de Rosette dans l’architecture de la ville. Au sol, trois écritures – hiéroglyphes, démotique, grec – et deux langues, disposées au sol, donnent au texte une place étrange et inédite à travers laquelle Kosuth interroge sur la signification des mots et du langage.
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Les acteurs de l’exposition : Commissariat de l’exposition : Benjamin Findinier, directeur des musées de Figeac – Régie des oeuvres et médiation : Stéphanie Lebreton – Activités pédagogiques : Gilbert Mijoule – Communication : Aurélie Dupont – Création graphique : Marion Bouriaud – Scénographie : Violaine Laveaux

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Collections publiques et privées présentées : – Musée du Louvre, Paris – Bibliothèque nationale de France, Paris – Archives Nationales, Pierrefitte-sur-Seine – Service historique de la Défense, Vincennes – Musée des Transmissions, Cesson-Sévigné – Musée national de la Renaissance, Ecouen – Bibliothèque municipale, Toulouse – Musée des Abattoirs, Toulouse – Grand Orient de France, Paris – Collection Nouvelle association des Amis du Vieux Hué – Missions étrangères, Paris – Collection ALEP, collection de recherche UMR 7206 CNRS – HNS – Musée Champollion-Les écritures du Monde, Figeac – Collection R.Cazals – Collection M.Simon-Oikawa – Collection F.Joyaux –  – Collection O.Péricard – Collection J. Da Costa

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Siège de l’AAVH, Anduze, 1er novembre 2015; Stéphanie Lebreton (Régisseur des Musées de Figeac) et Aurélie Dupont (Communication) prennent en charge les dessins de Magie Conjuratoire extraits du fonds Albert Sallet.

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Exposition de nos dessinsde magie conjuratoire au Musée Champollion

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Quelques objets exposés

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Clou de fondation. (Photographie Catalogue de l’exposition)
Terre cuite, fin du 22° s. avant J.-C. Tello (ancienne Girsu), Basse Mésopotamie (Irak)13,5 X 5,2 – Musée Champollion – Les Écritures du Monde, Figeac, inv. 00.11.1
En Mésopotamie, la construction tout autant que la restauration de temples était l’occasion de cérémonies au cours desquelles le souverain bâtisseur insérait dans les murs ou enfouissait dans les fondations ces clous d’argile ou de métal (associés parfois à d’autres dépôts) ; ceux-ci commémoraient naturellement l’événement, mais étaient aussi destinés à assurer à l’édifice l’éternité, en lui garantissant la protection divine et en repoussant démons chtoniens et autres envahisseurs. Les clous d’argile portaient une inscription dédicatoire en écriture cunéiforme : le commun des mortels voyait ainsi l’édifice, tandis que les dieux pouvaient lire l’écriture dissimulée. Le clou présenté ici, d’assez belle facture, est rédigé en akkadien et porte une inscription : Dédiée à Ningirsu, l’un des grands dieux de Girsu, capitale du royaume indépendant de Lagash sur lequel régnait le fameux Gudea à la fin du 3ème millénaire avant J.-C.
Sur le pourtour, on peut donc lire aujourd’hui : «A Ningirsu, le puissant héros d’Enlil, Gudea, chef de Lagash, a fait briller ce qui lui appartient, le Temple-Cinquante, son divin aigle étincelant, lui a reconstruit et restauré ››. B.F.

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Planche présentant un texte en alphabet maçonnique (alphabet du «Grand Chapitre Général de France››)et son tableau de chiffrement(Photographie Catalogue de l’exposition)
Gravure sur cuivre et encre sur papier, XVIIIème siècle – Paris, Musée de la franc-maçonnerie. En général, les caractères maçonniques sont utilisés dans des documents manuscrits. Cette curieuse planche est l’un des rares exemples de textes imprimés en «alphabet maçonnique ». Elle a été publiée vers 1785 par le Grand Chapitre Général de France qui est alors la plus importante organisation de hauts grades.
Mise en forme à Londres à partir de 1717, la franc-maçonnerie moderne s’implante à Paris autour de 1725. Elle pratique d’abord les trois grades d’apprenti, compagnon et maître, plus ou moins hérités de la maçonnerie de métier. Entre 1730 et 1760, les francs-maçons vont découvrir et pratiquer d’autres grades que l’usage a fait appeler « hauts grades ››. Maître Parfait, Chevalier de l’Orient, Rose-Croix… ces hauts grades sont une mise en forme maçonnique de thèmes tirés des courants néo-platonicien, théosophique ou hermétique apparus en Europe depuis la Renaissance. Le texte codé dans cette planche est une explication de l’emblème qui sert de sceau au Grand Chapitre. C’est le sens « secret ›› de cette image allégorique que révèle – mais sous un code qui se cache a son tour – notre document… un secret en miroir en quelque sorte…/… Mollier, 2007, p. 174-182.

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Marie-Antoinette, reine de France. (Photographie Catalogue de l’exposition) Lettre autographe à Axel de Fersen, en clair et en chiffre. Encre sur papier, lettre du 31 octobre-7 novembre 1791. Archives nationales 44OAP/1/1,n°51 (4 feuillets) & 27 (1 feuillet)
Depuis le retour de l’expédition manquée de Varennes (1er juin 1791), Marie-Antoinette et la famille royale sont enfermés aux Tuileries et gardés à vue. Louis XVI, qui a accepté la Constitution en septembre 1791, tente de maintenir son autorité monarchique face à l’Assemblée qui se radicalise de plus en plus, et face à ses frères, le comte de Provence et le comte d’Artois, émigrés à Bruxelles et Coblence, qui considèrent qu’il n’est pas libre de ses actes. Marie-Antoinette est persuadée que le secours viendra de l’extérieur du royaume. Elle correspond secrètement avec Axel de Fersen, son « bien-aimé ›› qui a organisé la fuite de Varennes et tente alors de mobiliser les puissances étrangères (Autriche, Pays-Bas, Espagne, Naples, Prusse, Suède, Russie) pour former un congrès pour faire pression sur l’Assemblée. Marie-Antoinette utilise ici un code poly-alphabétique assez sophistiqué : une lettre est substituée à une autre via une table et une clé de chiffrage que seuls connaissent les correspondants.
Elle passe ses nuits à écrire, chiffrer et déchiffrer ses lettres et livre à Fersen ses états d’âme sur la situation politique en France et la situation à l’intérieur des Tuileries et va même quelquefois jusqu’à des déclarations amoureuses passionnées. Les quelques lignes en bas de la lettre sont de la main de Fersen qui a déchiffré lui-même. I.A-H.

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Code télégraphique chiffré des Missions étrangères de Paris(à l’usage des séminaires de Pariset de Bièvres), volume n° 92. Livre imprimé au début du XXème siècle. Hong Kong : imprimerie de Nazareth, Paris, Société des Missions étrangères.
Dans les années 1900-1940, la correspondance télégraphique étant très utilisée, le Conseil du séminaire des Missions étrangères de Paris fut à l’initiative de ce code télégraphique. Basé sur la convention télégraphique internationale, il était uniquement à l’usage des Supérieurs pour les communications entre le séminaire de Paris et les établissements d’Asie (Japon, Corée, Chine, Vietnam. etc.) Le code télégraphique répondait aux besoins administratifs des Missions étrangères de Paris tout en préservant la confidentialité des informations communiquées. Les volumes ne devaient pas être divulgués et leur emplacement était tenu secret. La collection de ce code comptait 113 volumes d’environ 400 pages, chacun sur deux colonnes de 50 lignes et les 100 lignes obtenues étant numérotées de 5 chiffres. Les mots y sont rangés par ordre alphabétique et des renvois figurent en bas de page. L.P.

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Images de magie conjuratoire vietnamienne Peinture sur papier de riz, vers 1920. Annam 31,5 X 15, 41 x 20,41 x20 et47 x21. Fonds Albert Sallet. Collection de l’Association des Amis du Vieux Hué/J. Cousso
Le Docteur Albert Sallet (1877-1948), médecin militaire, fut affecté en Annam en 1903 ; il y fit une grande partie de sa carrière. Passionné par l’étude de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles du pays, il fit exécuter par des « sorciers ›› taoistes locaux, notamment celui qu’il nomme le «sorcier de Tourane ››, des images de «magie conjuratoire ››, capables, selon eux, de repousser les démons et autres esprits malfaisants. Les quatre «images ›› ici présentées sont calligraphiées selon le même principe. Il s’agit de Fu – le mot Fu, en chinois, signifie « amulette ››, « heureux présage ›› – c’est-à-dire de caractères chinois entièrement recomposés par des maîtres taoïstes, selon des formules magiques destinées à anéantir les mauvais esprits qui fourmillent dans la nature. Ces Fu, indéchiffrables, ne sont compréhensibles que par ces mauvais esprits auxquels ils sont destinés. C’est leur ésotérisme qui, précisément, est à l’origine de leur efficacité.

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Machine à chiffrer Enigma. Métal, matière plastique 15 x 34,5 x 29 ( fermée).
Le terme « Enigma ›› désigne une famille de machines électro-mécaniques conçues à partir du brevet déposé dès 1918 par l’ingénieur néerlandais Hugo Koch, et permettant le chiffrement par substitution poly-alphabétique. Alfred Scherbius la commercialise dans le monde entier et met au point de nombreuses variantes. Elle est rendue célèbre par son utilisation par l’armée du IIIème Reich au cours de la seconde Guerre mondiale. Durant celle-ci, elle est en dotation dans les unités tactiques (compagnies et régiments) sur tous les théâtres d’opérations. La qualité du secret est garantie par un nombre de possibilités dépassant l’imagination équivalant à 10 puissance 20. Sûrs de son inviolabilité, les Allemands diffusent quantité de messages cryptés au su et au vu de tous, commettant des imprudences qui permettent de « casser ›› la machine. En Pologne, dès le milieu des années 1930, les travaux du mathématicien Marian Rejewski permettent de reconstituer une copie de la machine. En Angleterre en 1944, Alan Turing met au point « Colossus ››, le premier ordinateur capable de décrypter automatiquement les messages allemands. V.C.

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Images de l’inauguration (9juillet 2015)

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Présentation de l’exposition par le Conservateur, Benjamin Findinier, son équipe et les soutiens (Mairie, délégation Midi-Pyrénées du Groupe La Poste, Conseil Général….) et visite guidée par M. Findinier.

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Sol de la « Place aux Ecritures » où s’est tenue la collation offerte par le Musée aux invités du jour.