Inédits extraits du fonds iconographiques

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DOCUMENTS POUR SERVIR A L’HISTOIRE DE L’INDOCHINE ET DU VIETNAM
  Témoignages et archives collectés par l’Association des Amis du Vieux Hué – Illustrations extraites de notre fonds iconographique
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Exemples de photographies extraites du Fonds AAVH, accompagnées de leurs notices

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AP0001 Sallet – Hué, 1928 – Un médecin mandarin de Cour

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Notule : Le médecin-préparateur en Annam

 

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 » …/…Le praticien annamite s’emploie à préparer lui-même les prescriptions qu’il écrit pour les malades qui le consultent.
Il préparera habituellement sur place l’ordonnance qu’il aura rédigée. Cependant lorsqu’il s’agit de médecines qui doivent être prises en potions (sur décoctions infusions, macérations, etc.), le client pourra transporter avec lui les produits inscrits par le médecin, produits pesés, qu’il maniera chez lui suivant les indications marquées. Dans ce cas, chaque drogue est placée sous une enveloppe particulière mentionnant le nom de la substance qu’elle contient ; l’ensemble de toutes ces médecines enveloppées intéressant une même préparation, est repris dans une enveloppe unique laquelle s’accompagne obligatoirement d’une formule écrite.
C’est parce que le médecin annamite exécute lui-même ses prescriptions qu’il doit être en mesure de les faire valoir habilement dans l’intérêt de ses malades et dans le souci de sa réputation. En Annam, le jeune homme qui se destine à la pratique de la médecine suit son maître dans ses enseignements ; le maniement des drogues fait partie des leçons accordées à l’élève, plus encore par démonstrations que par explications doctrinales. Du reste les lectures achèveront cette éducation, souvent heurtée, sans suite, dans laquelle la question des traitements semble prévaloir sur les observations cliniques, lesquelles s’attardent aux épreuves superficielles, mais détaillées à l’envi, des pouls, des aspects changeants de la peau, des colorations diverses de la langue, des yeux, etc.
Les produits que le médecin utilise, il lui arrivera de les récolter lui-même dans les lieux proches de son habitation ; mais il se confiera avec plus d’adresse au marchand dont les drogues viennent de Chine (lesquelles seront en général tenues pour plus actives que celles qui sont d’Annam). Ces médecines, au surplus, lui arriveront préparées ainsi qu’il convient, supprimant de la sorte un travail absorbant et complexe. Le praticien des campagnes annamites saurait à la rigueur préparer des extraits, des électuaires, des huiles composées, des onguents et des pilules : il a de tout cela chez lui, en attendant des cas à venir, il tient tout l’essentiel de ce qui peut être conservé sans perte et il n’utilise son savoir professionnel que dans certaines circonstances et plus particulièrement à l’occasion des formules dont il détient le secret. Ce sont les médecines dites Gia Truyen (secrets de famille) dont les recettes sont pieusement conservées dans les familles médicales.
Ici, le plus habituellement, le médecin fait l’éducation de ses fils ou des enfants adoptés provenant de familles amies ou de parents proches. Il confie à chacun les détails de sa science et lui révèle les secrets qu’il connaît, que d’autres lui ont confiés ou qu’il a su trouver : ainsi vont quelques réputations d’écoles ou de familles. Mais cette question des Truyen conduit expressément aux spécialisations sur l’exploitation de formules créditées. Des médecins sont réputés à cause des recettes dont ils disposent vis-à-vis des plus dures maladies : il en est pour les ulcères, d’autres pour les lèpres, les toux chroniques ; il en est pour la rage et pour les affections de langueur nées des « coups de vents ».
Ces recettes sont extrêmement difficiles à glaner ; on ne peut jamais justifier qu’elles soient entières ou totalement vraies. J’en ai recueilli un certain nombre et je le dois à la complaisance habile de plusieurs mandarins ; cependant je n’estime pas avoir pris le meilleur. Le champ d’exploitation est vaste, mais les très bonnes formules ayant fait leurs preuves (certains confrères d’Annam sauraient en approuver plusieurs) sont jalousement gardées à cause des profits qu’elles réservent à ceux qui les détiennent. » (Voir AP0200)
(Extrait de « l’Officine sino-annamite en Annam » – Albert Sallet – 1931 – Editions G. Van Oest). Sur : Pharmacie traditionnelle – Boutique de médecin d’Annam, voir AP0315.

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AP821 Sogny Marien – Hué, 1924 – Thé d’honneur offert aux mandarins supérieurs

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Photographie officielle prise le 9 octobre 1924 par les services de la Résidence Supérieur.
Il s’agit là d’une des nombreuses manifestations des Fêtes du quarantenaire de S. M. Khai Dinh, pour lequel « Les rivières, les montagnes et la mer retentissent de souhaits de bonheur et de longévité » .
Autour de Pierre Pasquier, Résident Supérieur en Annam, sur le perron de la Résidence Supérieure, ont réunis les mandarins supérieurs en Annam, en fonction ou en retraite. Cette photographie est accompagnée d’une feuille (vraisemblablement rédigée par un secrétaire de la Résidence) comportant la liste des noms des personnalités représentées. Un plan permet de les situer avec précision et de « tirer » le portrait de chacune d’elles. (Se renseigner auprès de la NAAVH).
La copie ci-dessous ne comporte aucun accent vietnamien.
S.E. Pasquier, Résident Supérieur en Annam
S.E.Nguyen Huu Bai, Président du Conseil du Co Mat
S.E. Ton That Han, Van Minh en retraite
S.E.Ho Dac Trung, Ministre des Rites
S.E. D’Elloy, Administrateur des S.C. Directeur des Bureaux des Résidences Supérieures en Annam
S.E. Ton That Tram, Président du Conseil Ton Nhon
S.E. Tran Dinh Ba, ex Tong Doc de Bac Ninh
S.E. Pham Trong Thieu, Secrétaire Principal des Résidences en Annam
S.E. Nguyen Huu Dac, Tong Doc en retraite, Tonkin
S.E. Vuong Tu Dai, Tuan Vu de Quang Tri
S.E. Thai Van Toan, Phu Doan de Thua Thien
S.E. Nghiem Xuan Quang, An Sat de Ninh Binh
S.E. Dang Tran Vi, Tong Doc de Bac Ninh
S.E. Nguyen Khoa Tan, Tong Doc du Quang Nam
S.E. Do Duc Phong, ex Thong Che
S.E. Dang Duc Cuong, ex Tong Doc de Bac Ninh
S.E. Than Trong Hue, Ministre de l’Instruction Publique
S.E. Pham Ngoc Thu, Ministre des Finances
S.E. Vo Liem, Ministre des Travaux Publics
S.E. Ton That Dan, Tong Doc du Nghe An
S.E.Nguyen Dang Tam, Secrétaire Général du Gouvernement Annamite
S.E. Ung Dinh, Tong Doc du Thanh Hoa
M. Durier, Délégué aux Finances
M. Ton That Chu, Tuan Vu du Quang Ngai
M. Huynh Kiem, Tuan Vu du Ha Tinh,
M. Ton That Le, Tuan Vu du Binh Thuan,
M. Huong Khan, ex Tham Tri aux Finances
M. Do Dinh Thuat, Do Thong en retraite
S.E. Ngo Dinh Hien, Tong Doc du Binh Dinh
S.E. Nguyen Tui Co, De Doc en retraite
S.E. Ung Dong, Bo Chanh de Song Cau
S.E. Nguyen Thuc Dinh, Bo Chanh de Thanh Hoa
S.E. Tu Thiep, ex Tong Doc du Quang Nam
S.E. Hoang Manh Tui, Hiep Ta en retraite
S.E. Tu Dam, ex Tong Doc de Hai Duong
S.E. Dao Pham Duan, ex Tuan Vu du Khanh Hoa
S.E. Hoang Quang Phu, Hiep Ta Dai Hoc Si en retraite
M. Levadoux, Administrateur Délégué à l’Intérieur
M. Sogny, Chef de la Sûreté à Hué
M.Le Thanh Canh, Commissaire indigène pour la Résidence Supérieure
M.Hoang Trong Dan, Secrétaire Principal à la Résidence Supérieure
M.Nguyen Dinh Chan, Président de l’Amicale (des membres de la Famille Royale ? NDLR)
M. Kieu Tam Hu, Bo Chanh du Quang Binh
M.Nguyen Huu Chuyen, Thuong Thu en retraite
M.Nguyen Phong, Secrétaire Principal à la Résidence Supérieure en Annam.
Sur la Résidence Supérieure, voir AP1147.
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AP0219 Sallet – Hué, vers 1910 – Poème inédit du père de Ho Chi Minh adressé à Albert Sallet

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Notule : Poème adressé à Albert Sallet par Nguyen Sanh Hui, père de Ho Chi Minh
Ce poème, signé Nguyen Sanh Hui, a été retrouvé dans les achives d’Albert Sallet. Il lui est probablement adressé. En voici une traduction proposée par Hélène Péras (Lettre à J. Cousso datée du 26 janvier 2003) :
« Très respectueusement à Son Excellence,
Hospitalisé depuis quelques temps, ayant pu guérir par la grâce d’en haut et étant maintenant en bonne santé, j’ai, à la demande instante d’un jeune soldat, écrit un poème en langue vulgaire, inspiré par ce qui se fait dans cet hôpital. Je me permets de le présenter à Son Excellence pour qu’Elle se divertisse à le lire.
Le poème dit  :
Cette maison qui sait, unit le monde entier.
Maison tout comme un chant de louange à l’unisson.
Le Maître prend grand soin des faibles et des malades
Les jeunes et les vieux, du Résident ont la visite.
Sur les dalles du sol un vent paisible passe
La lune étincelante aux vitres se reflète.
Rendons grâce à l’Etat, qu’il nous protège encore
Et que le coeur du Roi soit prompt à pardonner.
Signé : Le Docteur en second : Nguyen Sanh Huy, En toute déférence
Notes de la traductrice :
1/ Si la traduction mot à mot de « Quan Lon » est bien Mandarin Grand, elle a le sens de « Excellence » et est employée aussi comme pluriel de majesté par les mandarins se désignant eux-mêmes.
2/ « Bon Bien » ou « Bon Be » littéralement.: « les quatre mers », signifie  le monde entier. « Bon Be Mot Nha » :  » le monde entier ne forme qu’une seule famille  » est une locution toute faite.
3/ Quan Thay : le Maître. Il peut sans doute s’agir du Médecin Chef. Mais il ne semble pas justifié de garder la traduction  « mandarin médecin ». Thay est un terme de respect polyvalent. C’est le mot composé « Thay Thuoc » qui signifie médecin. Par contre, « Quan Thay » est le maître, éventuellement le protecteur, celui qui a des serviteurs et les fait travailler pour lui.
4/  » les dalles  » : Gach. Il s agit bien de briques. Les  dalles sont une petite licence poétique.
5/ « Qu’il nous protège encore » : « Con Trong Nua » peut aussi vouloir dire  » espérer encore « .
6/ Il s’agit là d’un  » poème de circonstance  » en heptamètres réguliers à rime unique (avec une tolérance au 7ème vers : un ton égal rimant avec un ton rentrant). La déférence de l’adresse au destinataire de la lettre, le caractère un peu convenu de l’exercice prosodique, incitent à choisir une rythmique classique pour la traduction française. Il se pourrait bien que l’auteur tente de faire entendre un double sens à ce « chant de louange » et veuille inciter son lecteur à une sympathie amusée, peut-être dans l’espoir d’être entendu avec indulgence en plus haut lieu (le souverain ? l’autorité française ?).
Lettre du Pho Bang Nguyên Sanh Huy. Le titre de Pho Bang (deuxième tableau) était attribué aux candidats qui, ayant fait d’assez bonnes compositions au examens de doctorat de la capitale, n’avaient cependant pu prendre rang parmi les lauréats et ne figuraient donc que sur la deuxième tablette. Nguyen Sanh Huy était le père de Hô Chi Minh.  Cette lettre est adressée à une excellence (Bâm Quan Lon) non précisée qui pourrait être le résident français de la province où il se trouvait alors. Nguyên Sanh Huy envoie un poème en vietnamien décrivant, de façon très littéraire et très allusive, la vie dans l’hôpital où il était soigné. Après sa destitution en 1911, le père de Hô Chi Minh se réfugia en Cochinchine où il mourut en 1929.
(Note du Comité de Rédaction)
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AP0424 Despierres – Saïgon, 1930 – L’Hôtel des postes

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Notule : Saïgon – Hôtel des Postes
Au premier plan, la place de la Cathédrale, avec le square orné du monument de l’évêque d’Adran et du prince Canh.
La nécessité de remplacer les vieux bâtiments des postes de la Place de l’horloge se fit sentir vers la fin du XIXè siècle avec le développement du réseau télégraphique.
Un bâtiment imposant fut construit entre 1886 et 1891 par les architectes Alfred Foulhoux , directeur du Service des bâtiments civils de la Cochinchine et Henri Vildieu, employé de ce même service.
Le grand portail cintré au centre correspond au hall réservé au public, vaste nef couverte d’une charpente métallique vitrée répandant la lumière à l’intérieur. Des deux côtés de cet espace s’alignent les guichets logés dans deux nefs latérales plus basses.
De part et d’autre du hall central, les ailes du bâtiment abritent les bureaux des services administratifs et de la direction.
Le goût décoratif d’Alfred Foulhoux (à qui l’on doit également le Palais du gouverneur de Cochinchine) se retrouve dans les ornements de la façade : visage de Mercure surmontant le portail, initiales « P et T » se fondant dans un décor végétal, tête de tigre et de dauphin, et cartouches ponctuant le rez-de-chaussée et portant les noms des savants qui ont contribué aux progrès des communications d’Ampère à Wheastone. (Comité de Rédaction)
Sur l’évêque d’Adran, voir AP4782. Sur l’historique du télégraphe en Indochine, voir AP0224.
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AP0395 Maurice Cosserat – Hué, 1952 – Fête des Sœurs Trung (1)

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AP000395 96 LIGHTCosserat Maurice

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Notule : La fête des Sœurs Trung
Cette fête des Deux Sœurs se célèbre chaque année le 6e jour du 2e mois annamite (le 22 mars cette année), dans les nombreux temples qui leur sont consacrés et dont les plus célèbres se trouvent l’un dans la province de Son Tay et l’autre sur le territoire de la ville de Hanoï (ancien village de Dong Nhan).
Voici, dans l’ordre, d’après le beau poème de S. E. Hoàng Cao Khai, l’histoire de ces deux héroïnes dont la postérité a gardé si pieusement le souvenir :
1- Depuis 111 avant Jésus-Christ, la domination chinoise pesait lourdement sur le Viêt Nam. A part quelques gouverneurs célèbres, pénétrés d’humanisme confucéen et que la postérité a doté du titre de « bienfàiteurs » (tant est grand l’esprit de justice des Annamites), les maîtres chinois du peuple des Giao Chi n’étaient que des potentats cupides et sans scrupules dont l’oppression, était insupportable.
Sous la dynastie des Hàn en particulier, vers 39 après J.-C., l’Administration chinoise est intolérable. Le gouverneur chinois Tô Dinh se fait remarquer par sa cruauté il fait régner la terreur sur les campagnes, exaspérant les chefs de clan et la population, à qui il ne reste plus que les yeux pour pleurer. Tô Dinh n’hésite pas à supprimer sans pitié les individualités quelque peu marquantes et à étouffer dans le sang toute velléité de justice émanant du peuple. Les paysans, sur un simple ordre du Gouverneur, sont requis par milliers et déportés sur le bord de la mer ou dans les montagnes pour y chercher des perles, des carapaces de tortues, des cornes d’ivoire et autres produits précieux qui seront exportés par le gouverneur et vendus à prix d’or en Chine.
2 – En 39 après J.-C., un mandarin annamite du nom de Thi Sac, indigné de tant d’injustice et bouleversé à la vue de toutes les misères que ses compatriotes ont à subir, ose adresser une pétition au Gouverneur demandant des réformes en faveur de la population afin de la sauver de « l’eau bouillante et du feu brûlant ».
Le Gouverneur Tô Dinh, en guise de réponse, le fait appréhender par ses gardes et le fait décapiter sans autre forme de procès.
3 – La femme du défunt, nommée Trung Trac, et sa soeur Trung Nhi font le serment de le venger et de libérer le peuple du Viêt Nam de l’atroce tyrannie de Tô Dinh. Trung Trac réussit, tant sa foi est contagieuse, à rallier à sa cause 27 guerrières parmi les cinq familles de son village. Le mouvement se développe progressivement dans tout le Tonkin et la croisade libératrice gagne les populations Man et Moi qui fournissent de farouches troupes de choc. En quelques mois, Trung Trac et Trung Nhi réussissent à grouper 80.000 partisans qui se tiennent prêts à combattre au premier signe.
4 – L’ordre d’insurrection est donné le 6e jour du 1er  mois annamite. Les Deux Soeurs établissent leur quartier général au Châu de Diên (actuellement province de Vinh Yen). Par une manoeuvre habile dirigée sur la berge de Truong Xa (fleuve Bach Hac, actuellement province de Vinh Yen), les Deux Soeurs parviennent à grouper leurs forces.
Montées sur des éléphants, à la tête de leurs troupes, elles avancent rapidement en direction de Liên Châu, résidence du gouverneur chinois.
La surprise est complète. Tô Dinh, désemparé, prend la fuite.
Ce premier succès soulève l’enthousiasme de toute la population du Viêt Nam qui se joint spontanément aux forces des deux héroïnes et chassent les autres gouverneurs chinois. Soixante-cinq citadelles tombent aux mains des Deux Soeurs.
5 – Trung Trac est proclamée reine sous le titre de Trung Vuong, installe sa capitale à Mê Linh (Phu de Yên Lang, province de Phuc Yên) et inaugure la première ère d’indépendance du Viêt Nam.
6 – L’Empereur chinois Quang Vu s’alarme de la puissance de Trung Vuong. Il décide de tenter une expédition de répression. En 42, il désigne le vieux général Ma Vien, âgé alors de soixante-dix ans, pour prendre le commandement des troupes. Celles-ci, concentrées à Pakhoi, sont prêtes à embarquer. Mais l’amiral chinois Doàn Chi meurt brusquement. Ma Viên décide de mener l’expédition par voie de terre. Ses troupes sont bien entraînées et bien exercées. La conquête du pays se fait donc sans coup férir, les malheureux paysans annamites étant désarmés et inexpérimentés. Ma Viên s’avance facilement, à travers le delta, jusqu’aux environs de Mê Linh.
7 – Une grande bataille s’engage entre les troupes de Ma Viên et celles des Deux Soeurs. Après de durs combats, les Chinois essuient un échec cuisant et sont contraints de se replier sur les bords du Grand Lac.
L’Empereur de Chine dépêche à Ma Viên un renfort de 50.000 hommes. Ecrasées par le nombre, les troupes des Deux Soeurs sont décimées et fuient en débandade. Trung Trac et Trung Nhi parviennent tant bien que mal à regagner Mê Linh et à s’y fortifier. Ma Viên craignant les rigueurs de l’été met ses troupes au repos. En l’automne 43, il reprend l’offensive. Par un habile stratagème, il réussit à attirer les troupes annamites à Cam Khé (province de Son Tay, près du fleuve Day), où il les anéantit.
Ne voulant pas survivre au désastre, les Deux Soeurs se noient à l’embouchure du Sông Hat au confluent du Day et du Fleuve Rouge. Trung Trac était âgée de 29 ans.
8 – Un temple fut édifié à l’endroit même où les deux jeunes héroïnes périrent. Un autre temple, le plus important et le plus célèbre, le Chùa Hai Bà, fut édifié au 12e siècle, sous le règne de Ly Anh Tôn, sur le territoire de Dông Nhân, près de l’abattoir de Hanoï. La légende prétend, en effet, que les Deux Soeurs furent changées en statues de pierre qui vinrent s’échouer sur les bords du Fleuve Rouge, en face de ce village. Les habitants y élevèrent pieusement un sanctuaire. Emporté par une inondation, il fut rebâti en arrière de la digue du village de Huong Vién. C’est la célèbre « Pagode des Deux Soeurs » dont le service est assuré par des Ba Vai (religieuses). On y peut contempler les statues des deux guerrières vêtues, Trung Trac, d’une robe de soie jaune et Trung Nhi, d’une robe de Soie rouge.
C’est en ce temple que chaque année depuis des siècles, le 6e jour du 2e mois annamite, les pèlerins se pressent en foule pour honorer la mémoire de ces deux héroïnes…/…
(Jean François – Extrait de l’hebdomadaire « Indochine » N°83 – Avril 1942)
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AP0432 Sallet – Annam, 1929 – Portrait de Victor Goloubew

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En bas de la photo, dédicace de V. Goloubew à Albert Sallet : « A mon cher ami Sallet, bien affectueusement. 1929 ».
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Notule : Victor Goloubew (1878-1945)
« Né à Saint Pétersbourg, Victor Goloubew appartient à une riche famille de l’aristocratie impériale. Après des études de sciences naturelles à l’université, il épouse Nathalie de Cross. Le couple séjourne quatre années dans le duché de Bade où Victor étudie la philologie, l’histoire de l’art et l’archéologie. Puis les époux s’établissent à Paris en 1905 avec leurs deux enfants, Victor et Yvan. En 1908, Nathalie rencontre le poète D’Annunzio qui exerce sur elle une fascination souveraine. Bien que la séparation des époux soit inéluctable, Victor Goloubew lui demeure fidèle jusqu’à sa fin misérable en 1941.
Il porte un vif intérêt aux arts de l’Asie, en particulier à la peinture chinoise. Vers 1914, il fonde la revue Ars Asiatica. Ruiné par la révolution soviétique, il choisit d’être archéologue. En 1920, il est nommé membre temporaire de l’E.F.E.O. qu’il servira pendant 25 ans, la dirigeant par intérim, pratiquant des fouilles et publiant ses recherches. Il accompagne Louis Finot à Angkor où il fera par la suite de nombreux séjours.
Affecté au service de la documentation photographique, il se spécialise dans les questions iconographiques. En 1923, il obtient la direction du département des études et de l’histoire de l’art. En 1926, il est chargé des fouilles à Sambor Prei Kuk puis, en 1927, il prend les fonctions de bibliothécaire de l’E.F.E.O. En 1936 il devient directeur du musée Louis Finot.
La dernière décade de sa vie est consacrée à la vie administrative de l’E.F.E.O. Bloqué en Indochine par la guerre, il meurt à l’hôpital de Hanoï des suites d’une crise cardiaque ».
(D’après Jérôme Ghesquière, Responsable des archives photographiques du Musée Guimet. Extrait de son intervention lors du colloque AAVH-Musée Albert Kahn en 2002 : « Sauvegarde des Images Fixes et Animées relatives au Viêt Nam d’Autrefois »)
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AP4289 Denis Frères – Saïgon, 1925 – Cercle Sportif de Saïgon – Les tennis (1)

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Notule : Le Cercle Sportif Saigonnais
En 1896 des sportifs saigonnais se réunissaient dans un local de la rue La Grandière. La Ville autorisa en 1897 la construction, dans le Jardin de la Ville, d’un vélodrome et d’un petit pavillon en brique. Ces sportifs élaborèrent en mars 1902 les statuts d’une association baptisée « Le Cercle Sportif » qui transféra en 1905 son siège dans le pavillon en brique mentionné ci-dessus. Ce pavillon fut agrandi et modifié en 1913 et en 1920, date où furent inaugurés les nouveaux locaux : bâtiment central avec deux ailes et un étage sur le tout, vaste terrasse.
Le Cercle Sportif Saigonnais avait pour premier objectif la pratique des sports. D’où les sections de cyclisme, gymnastique, escrime, boxe, billard, danse ; puis de football, rugby (dès 1908, avec stade repris de l’Athletic Club), tennis (avec ses 6 courts dès 1912), natation (avec sa piscine olympique inaugurée en 1933)…
Mais le C.S.S. participait aussi à la vie mondaine de la ville : bal annuel, thés dansants, activités et concours divers, réunions de diverses associations ou groupements, conférences ou causeries, présentations de mode, récitals de piano ou de chant, bibliothèque, réception de notabilités de passage, salons de jeux (bridge notamment).
(Comité de Rédaction)
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AP4944 Brocas Huard – Hanoï, 1949 – Le Professeur Huard défend les soldats prisonniers

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Notule : Le Professeur Huard négocie le sort des prisonniers français après la défaite de Cao Bang
Photographie prise le 11 janvier 1949 dans la pagode de Chan Phan.
De profil, au premier plan à gauche, le Professeur Pierre Huard, Président du Comité de la Croix Rouge Française de Hanoï, en pleines négociations.
Après la défaite de Cao Bang, il cherche par tous les moyens à joindre les prisonniers faits par le Viet Minh et à ramener les blessés vers Hanoï. Il s’est adressé pour cela à la Croix Rouge Viet Minh et tente de se rendre avec 7 camions dans les lignes ennemies. La route lui est barrée. Il se rend alors, en avion, à That Kha où il est reçu par une délégation Viet Minh. Il obtient l’autorisation d’emmener les blessés.
En établissant une navette aérienne, 137 d’entre eux rejoignent ainsi Hanoï. Resté à That Kha durant ces opérations, il emploie son temps à recueillir des lettres de prisonniers et à établir des listes de ceux-ci.
Quelques jours plus tard, sachant qu’il y avait beaucoup de blessés parmi les prisonniers, il se rendit de nouveaux à That Kha. Son avion dut voler à basse altitude et subit des mitraillages. Il parvint néanmoins à That Kha et ramena 100 autres blessés.
La Croix Rouge Française put transporter par avion à That Kha 12 tonnes de vêtements, de couvertures et de médicaments.
Les lettres remises par les prisonniers au Professeur Huard furent acheminées et distribuées en France.
(Louise Brocas Huard pour l’AAVH)
Sur le livre : Connaissance du Viêt Nam, voir AP2697.

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