AP0982-Cosserat-Maurice

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Titre : Voyage maritime, 1924 – Premier voyage en Indochine – S/S Angkor

Notice : En 1924, Mademoiselle Blanchet vogue vers l’Indochine sur le même bateau que Ratou dont c’est le premier voyage. (D’après Ratou Cosserat). Notule : Voyage maritime Les voyages étaient longs à cette époque (1920/1930) car les navires étaient équipés de chaudières alimentées en charbon, (classifiés S/S pour « steamship »). La vitesse était d’environ 12 noeuds. Les ravitaillements en charbon et en eau douce prenaient beaucoup de temps aux escales. Les distances sont considérables : près de 13.600km de Marseille à Saïgon et plus de 5.300 de Saïgon à Yokohama. De Marseille à Saïgon, il fallait compter 28 jours par les Messageries Maritimes (2 à 3 départs par mois) et 2 jours de plus par les Chargeurs Réunis (2 départs par mois). Par ailleurs, la Peninsular and Oriental desservait Singapour en 21 jours et Hong-Kong en 26 ; mais alors il fallait attendre une correspondance pour Saïgon ou Haiphong par un stationnaire. A partir de 1930 la situation s’améliore. D’abord par le remplacement du charbon par le mazout. L’escale d’Aden pour charbonnage a pu être supprimée, le ravitaillement en combustible est devenu plus rapide et plus propre. Ensuite par le remplacement des chaudières à vapeur par des moteurs alimentés au gas-oil : les S/S sont devenus des M/S pour « motorship ». Comme le président d’alors des Messageries Maritimes ne voulait pas utiliser de termes anglais, il a imposé la dénomination de « nautonaphte » (N/N) pour cette catégorie de navires : le « Félix Roussel » de 1931 ; le « Georges Philippar » de 1932 (21.000 tonnes ; il a brûlé et sombré près du cap Gardafui lors du retour de son voyage inaugural en mai 1932) ; « l’Aramis » en 1933 (voir AP1761). Mais ce néologisme est resté sans lendemain et les navires d’après-guerre des Messageries Maritimes sont dénommés des M/S : La « Marseillaise » de 1949 ; le « Vietnam », le « Cambodge » et le « Laos » de 1950-53. Enfin des gains de rapidité et de confort ont encore été réalisés lorsque des congélateurs ont permis d’espacer les ravitaillements en vivres frais ; et lorsque des systèmes de dessalement de l’eau de mer ont fourni de l’eau douce. Voici quelques annotations concernant les voyages maritimes d’avant-guerre (du moins sur cette liaison). -Dimensions : Le N/N « Félix Roussel » avait 163m de long et faisait 24.000 tonnes. Le S/S « André Lebon » était le plus long : 172m ; c’était le maximum possible pour naviguer dans la rivière de Saïgon très sinueuse et tourner dans le port de Saïgon. (Les navires ne disposaient pas d’hélices transversales pour faciliter leurs manoeuvres et, dans un autre domaine, n’avaient pas de dispositif anti-roulis). Certains étaient plus petits (150m) car c’était la longueur maximale admise pour desservir les ports de Madagascar. -Bagages : une malle-cabine par personne était autorisée qui, comme son nom l’indique, trouvait place dans la cabine sous la couchette. En outre 250kg de bagages étaient autorisés (en 1re classe), à répartir entre la « soute » (inaccessible pendant le voyage) et la « prévoyance » (cale spéciale accessible 2 fois par semaine). -Eau : l’usage de l’eau douce était très limité : 1 heure par jour, quelquefois moins. Le reste du temps c’était de l’eau de mer que distribuaient les robinets. -Aération : à l’époque, bien sûr, on ignorait la climatisation, et même la simple ventilation forcée qui n’a été installée qu’à partir des nautonaphtes. L’aération ne provenait que de l’air capté par des manches à air en zinc insérées dans les hublots ouverts (AP3268). Il n’y avait donc pas d’aération lorsque le bateau ne se déplaçait pas ou lorsque l’état de la mer ou du ciel obligeait de garder les hublots fermés. La climatisation n’est venue que bien après guerre. -Disposition : en général, la salle à manger était juste au niveau de la mer, les salons nombreux au pont couvert le plus élevé, et les ponts de cabines entre les deux. Il n’y avait pas de pont-soleil comme maintenant, et pas de piscine. Un orchestre de chambre et des solistes donnaient des concerts. Schéma d’un voyage entre Marseille et Yokohama 1935. On trouvera successivement : Nombres de jours entre deux escales et cumulés depuis Marseille – Escale à – Distance depuis la précédente escale (en milles marins) – Durée de l’escale) : 1 Départ de Marseille 4 1/2. 4 1/2 Port-Saïd – 1510 milles – 1 jour. 1 6 1/2 Suez – 87 milles. Arrêt pour débarquer le pilote du canal. 4 10 1/2 Djibouti – 1284 milles – 1/2 jour. 1/2 11 1/2 Aden – 133 milles – 1 jour. 6 1/2 19 Colombo – 2093 milles – 1 jour. 5 25 Singapour – 1570 milles – 1 jour. 2 28 Saïgon – 648 milles – 3 jours. 3 34 Hong Kong – 934 milles – 1 jour. 2 1/2 37 1/2. Shanghaï – 824 milles – 3 jours. 2 1/2 43 Kobé – 769 milles – 1 jour. 1 45 Yokohama – 346 milles – 1 jour. Total arrondi des milles parcourus 10.200 soit près de 19.000km. (Comité de Rédaction) Sur les Messageries Maritimes, voir AP1424. Sur les Chargeurs Réunis, voir AP4958. Sur le Stationnaire, voir AP3233.

Mots Clefs : Voyage Maritime 1924 Paquebot Messageries Maritimes Chargeurs Réunis