AP0874-Sogny-Marien

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Titre : Hué, 1948 – Le général Le Bris et son aide de camp

Notule : Biographie du Général Henry Le Bris

Henry  Le Bris est né à Plouneventer (Finistère) le 21 mars 1886. Le 29 mai 1906, il est appelé au service militaire. De 1907 à 1909, il est élève de l’école normale d’instituteurs de Quimper, comme son père Yves Le Bris l’avait été. En fin 1909, il demande a être envoyé en Indochine et il est affecté à Hué. Dès son arrivée, il s’intéresse au pays et apprend la langue annamite. Il participe à la création de l’Association des Amis du Vieux Hué. En 1912, son frère Eugène, instituteur comme lui, le rejoint à Hué. En novembre 1913, Henry est directeur de l’école franco-annamite de Thua Thien (Hué). Parallèlement, après avoir suivi les cours d’officier de réserve, il est promu sous-lieutenant de réserve, le 14 juillet 1914. Désormais, il a choisi sa voie : il sera militaire. Il est rappelé sous les drapeaux en octobre 1914 et participe à la grande guerre pendant laquelle il est blessé le 29 octobre 1916. Il termine la guerre le 11 novembre 1918 avec le grade de capitaine, cinq citations et la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. En juin 1918, il s’était marié à Morlaix avec Mlle Preuchat. En novembre 1919, il rejoint son poste en Indochine avec sa femme et sa sœur Yvonne Le Bris, institutrice, qu’il a convaincue de venir exercer en Indochine. Yvonne Le Bris épousera Léon Sogny en 1922, à Rosporden (Finistère). De novembre 1924 à novembre 1926, Henry Le Bris participe aux opérations de pacification au Maroc, dans le Rif, comme chef de bataillon et reçoit une citation. C’est à Fez, en 1925, que naît Henry-Jean qui sera le seul enfant de M. et Mme Le Bris (voir AP0841) Après un nouveau séjour en métropole il retourne en Annam de février 1929 à août 1931, puis de nouveau en métropole de janvier 1932 à décembre 1933. Pendant ce séjour, il est stagiaire au Centre d’études annamites à Toulouse. Promu lieutenant-colonel le 25 décembre 1933, il retourne en Indochine, au Tonkin, où il sert, de janvier 1935 à janvier 1936 à l’Etat-major du général Verdier (voir AP0840 et AP0848). Ce dernier lui remet les insignes d’officier de la Légion d’Honneur à Hanoï en 1935 (voir AP0831). Au départ du général Verdier, en janvier 1936, il est affecté à l’Etat-major du général Buhrer (voir AP0830, AP0834 et AP0839). En congé d’août à décembre 1937, il est promu au grade de colonel le 25 décembre 1937 et sert à l’Etat-major des Colonies à Paris jusqu’au 5 avril 1940. Pendant la campagne de France, Henry Le Bris commande le 5ème régiment d’Infanterie coloniale et est cité à l’ordre de l’Armée. Fait prisonnier en juin 1940, il ne sera libéré qu’à la fin de la guerre en mai 1945. Pendant sa captivité, pour son plaisir et pour occuper ses camarades prisonniers, il donne des cours de langue annamite et prononce des conférences sur l’Indochine. Il est mis à la retraite en 1945 et se retire en France (voir AP0854). Ses profondes connaissances de la langue et du pays conduisent les autorités à le rappeler en Indochine pour être conseiller auprès du Haut-Commissaire à Saïgon. Il est alors promu général de Brigade. Il a l’immense chagrin de perdre son fils unique, le lieutenant Henri-Jean Le Bris, tué près du Cap Saint-Jacques à l’âge de 21 ans. Nommé Commissaire de la République pour l’Annam le 1er avril 1947, il retrouve Hué et adresse à la population une proclamation dans laquelle il rappelle qu’il avait commencé sa carrière dans cette même ville, 38 ans auparavant (voir AP1093). Il est muni des pleins pouvoirs civils et militaires. Son premier soin est de faire l’inventaire des destructions qu’a subi la ville de Hué au cours du siège (voir AP1759 et suivants) et de faire démarrer la reconstruction, en particulier celle des ponts sur le rivière des Parfums, le pont Clemenceau (voir AP1848 à 1853) et le pont de chemin de fer (voir AP1846 et AP1847) Il est nommé grand officier de la Légion d’Honneur en 1948 et la remise des insignes donne lieu à une importante manifestation (voir AP0875 à AP0880) Au cours de son séjour, il est appelé à accueillir de nombreuses personnalités. C’est ainsi qu’il reçoit Bao Dai, chef de l’Etat, à son retour dans sa capitale (voir AP0869), les hauts commissaires en Indochine Emile Bollaert (voir AP0860 à 864) et Louis Pignon (voir AP0866) ainsi que le général Valluy, commandant en chef (voir AP0872). Le 5 juin 1948, il assiste, en Baie d’Along, à la signature des accords préliminaires entre Bao Dai et E. Bollaert, représentant le gouvernement français (voir AP0850 à AP0852). Il rentre définitivement en France en 1949. Le général Le Bris est décédé à Nice, le 21 juin 1962. Il est inhumé au cimetière de Morlaix. (Comité de Rédaction) Sur les accords de la Baie d’Along, voir AP0852.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1948 Militaire – Armée