AP0857-Despierres

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Titre : Saïgon, 1925 - Hôpital Grall - Vue générale

Notice : Autres vues de l'hôpital Grall : AP0791 - AP0901 - AP4704. Notule : Hôpital Grall à Saïgon - Historique ".../...L’Hôpital Grall à Saïgon, ainsi nommé en 1925 en hommage au médecin inspecteur général Charles Grall, qui organisa notamment l’assistance médicale en Indochine, a été de 1860 au 30 avril 1975 le fleuron de la médecine française dans le sud-est asiatique. Le 17 février 1859, les Français prennent possession de Saïgon. D’emblée les amiraux, premiers gouverneurs de la colonie, édifient sur un plateau au sud-est de la citadelle, seul endroit réputé salubre, une formation qui, dès 1860, fonctionne comme un hôpital de la Marine. C’est sur ce site, dont la pérennité atteste combien il fut judicieusement choisi, que vont être construits à partir de 1880 les spacieux bâtiments, conçus par Gustave Eiffel, en poutrelles de fer sur soubassement de granit, le tout transporté de France, qui sont de nos jours un des plus beaux vestiges de l’architecture coloniale. Nous sommes au début de l’ère pastorienne. Dans un modeste pavillon de quatre pièces de ce qui sera plus tard l’hôpital Grall, Albert Calmette, celui-là même qui devait aussi fonder l’Institut Pasteur de Lille et y attacher son nom au vaccin contre la tuberculose, crée en 1891 la première filiale de l’Institut Pasteur. Il y reçoit peu après Alexandre Yersin, alors médecin de la marine marchande de passage, et l’entraîne dans le tout nouveau corps de santé colonial qui lui ouvre une carrière scientifique considérable débutant d’éclatante manière par la découverte en 1894 à Hong Kong du bacille de la peste. Son successeur, Paul Louis Simond, qui se fera connaître en mettant en évidence en 1898 à Karachi le rôle vecteur de la puce dans cette maladie, sera le premier à faire appel à des collaborateurs indigènes. Par la suite, d’autres immeubles de réalisation plus banale seront ajoutés, portant la capacité au-delà de 500 lits, dans un cadre magnifiquement arboré par d’immenses tamariniers disposés au long d’allées qui donnent à l’ensemble un charme auquel peu de gens restent insensibles. Après les accords de Genève et le retrait des dernières troupes françaises en avril 1956, l’hôpital Grall, précédemment hôpital maritime, puis militaire, enfin colonial, redevenu militaire pendant la guerre d’Indochine, s‘adapte à l’évolution de sa clientèle. Il reçoit un statut civil original stipulant : "Avec l’accord du Gouvernement de la République du Viêt Nam, la France assure la gestion et le fonctionnement de l’établissement hospitalier dénommé Grall", mis à sa disposition par une location symbolique faisant l’objet d’un bail. Elle prend à sa charge la rémunération et les frais de déplacements des personnels expatriés et fournit certains matériels et équipements dont l’importation est exonérée de taxe de toute nature. Dans cette configuration inédite, la formation qui doit vivre sur ses propres recettes et se retrouve gérée par une commission franco-vietnamienne fonctionne avec du personnel local. Seuls la direction et l’encadrement sont confiés à des officiers et sous-officiers du corps de santé des troupes coloniales, puis du service de santé des armées après la disparition de ces dernières, en position de détachement auprès du ministère des Affaires Etrangères comme experts de coopération. Pendant vingt ans, Grall va mettre à la disposition des Saïgonnais, et même de malades venant de beaucoup plus loin, dans un pays toujours en guerre, les ressources de ses installations et de ses équipes, qui jouissent d’une considération flatteuse. Il jouera aussi un rôle éminent dans la conservation de la pensée médicale française et le maintien de la francophonie dans les milieux vietnamiens soumis à la pression d'une présence américaine omniprésente. Ses praticiens participent assidûment à la Société médico-chirurgicale de Saïgon, dont le Français reste la langue de travail. Ils effectuent et publient des travaux qui contribuent à la connaissance de la pathologie du sud-est asiatique Ils se voient confier des missions d’enseignement aux facultés de Saïgon, puis de Hué, ainsi qu’à l’Ecole d’infirmières Caritas, dont le diplôme, reconnu en France, facilitera la reconversion de celles qui le détiendront, lorsque viendra le temps de l’exode. Ils opèrent à l’extérieur avec leurs confrères vietnamiens, et apportent leur assistance médicale et chirurgicale au traitement des lépreux et des poliomyélitiques. Ainsi, dans son dernier avatar, "l’hôpital Grall restait le lieu privilégié du rayonnement de la médecine française", comme l’écrira en 1990 Alain Puidupin, élève de l ’Ecole du Service de Santé des Armées de Lyon, dans sa thèse de doctorat consacrée à "L’hôpital Grall dans l’histoire franco-vietnamienne". La chute de Saïgon le 30 avril 1975, sonne le commencement de la fin d’une présence médicale française qui, en son ultime bastion, aura duré 115 ans. Grall, dans la panique généralisée au souvenir des massacres de l’offensive du Têt en 1968 à Hué, est le seul hôpital qui fonctionne encore. Au maximun de ses capacités. Près de trois mille personnes s’y réfugient les 29 et 30 avril. Jusqu’au 15 mai, 676 malades sont hospitalisés, avec au cours des trois premiers jours 225 interventions d’urgence sur des civils, et des combattants des deux camps. Très vite, les nouvelles règles imposées, les chicaneries de l’administration, le blocage sur le port de tout approvisionnement, les obstacles à la relève des personnels maintenus en fin de séjour vident de leur substance les accords de coopération, aboutissant en juillet 1976 au transfert du dernier témoin d’une longue histoire commune au ministère vietnamien de la santé publique. Hôpital pédiatrique N°2 de Ho Chi Minh ville. Renaissance de l'hôpital Grall de Saïgon L’arrêté consacrant la création de l’hôpital pédiatrique n°2 (Bênh Viên Nhi Dông 2) dans l’ancien hôpital Grall fut signé le 19 mai 1978. Dix ans plus tard, c’est dans un état de délabrement avancé que retrouvent avec tristesse certains, qui l’ont connu en des temps meilleurs, le vénérable établissement si cher à leur coeur. Parmi eux, le médecin général inspecteur Louis José Courbil, ancien chirurgien à Grall, et le secrétaire d’état à l’aide humanitaire, Bernard Kouchner, qui y fit un bref passage en avril 1975. Ils vont se mobiliser pour le sauver. Le 25 octobre 1990 voit la signature d’un protocole d’accord sur "La réhabilitation de l’hôpital pédiatrique n° 2 à Ho Chi Minh Ville dit hôpital Grall, qui comprendra des travaux sur les bâtiments et les réseaux, ainsi que l’amélioration de l’équipement médical et chirurgical de l’hôpital. Elle sera complétée par un programme de formation destinée au personnel médical de l’hôpital". C’est pour s’associer à ce projet que d’anciens personnels, militaires et civils, français et vietnamiens, ont créé le 5 mai 1990 l’Association des anciens et des Amis de l’Hôpital Grall (A.A.A.A.H.G.) dont l’objet déclaré, conformément à la loi de 1901, est : -d’encourager toute activité humanitaire, morale et scientifique en vue de perpétuer l’esprit attaché à l’œuvre accomplie par tous ceux et celles qui ont servi à l’hôpital Grall de 1860 à 1975. - de contribuer, dans le cadre de la francophonie, au maintien et au développement d’échanges culturels et techniques, par des activités de recherche, d’évaluation scientifique ou de formation médicale. Dans le but de faire de cette rénovation de l’hôpital pédiatrique n° 2 le terrain privilégié d’échanges entre médecins français et vietnamiens, à un moment où le Viêt Nam était coupé de la communauté médicale internationale, l’A.A.A.H.G. prit l’initiative d’organiser, en étroite relation avec les directions du service de santé d’Ho Chi Minh Ville et de l’hôpital, les "Premiers entretiens médicaux de Grall" les 6 et 7 décembre 1991. Cette manifestation inaugurale réunit plus de 200 participants, dont une centaine venant de France, comprenant des personnalités du monde universitaire et du service de santé des armées. C’est à cette occasion que réapparut officiellement le nom de Grall dans la dénomination de l’hôpital, qui devenait "Bên Viên Nhi Dông 2 Grall", en même temps qu’était rafraîchie la stèle à Calmette et Yersin, érigée en 1963 dans la cour d’honneur. En 1995, les quatrièmes entretiens médicaux de Grall sortent de leur cadre originel et leur évolution échappe à l’A.A.A.H.G, ce qui est le destin promis aux actions de coopération couronnées de succès." (Extrait de la communication du Dr Yves Pirame, Président de l'AAAHG, lors du Colloque organisé au Sénat en octobre 2003, à l'initiative de l'AAVH, sur le Rôle des Associations dans la Sauvegarde de la Mémoire de l'Indochine) Sur l'Ecole de Santé Navale à Bordeaux, voir AP0074.

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1925 Hôpital - Service de santé Architecture coloniale - Eiffel