AP0842-Sogny-Marien

AP0842-Sogny-Marien

Titre : Tonkin, Cha Pa, 1935 – La station d’altitude (1)

Notice : La famille Le Bris est allée en villégiature à Cha Pa aux mois de juillet et août 1935. Elle en a ramené de nombreuses photos (voir AP0874). Notule : La station d’altitude de Cha Pa Cha Pa était habituellement à l’époque coloniale, orthographiée Chapa en un seul mot. L’orthographe actuelle, suivant la phonétique vietnamienne, est « Sa Pa ». Cha Pa est situé dans un site de caractère alpestre, entre 1.500 et L600 mètres d’altitude, non loin de la frontière chinoise ; on y accède en passant par Lao Kay, desservi par la voie ferrée des Chemins de fer du Yunnan (296 km et 9 heures de Hanoï à Lao Kay, train de nuit pendant la saison). On pouvait, plus difficilement, atteindre Lao Kay par la route en empruntant la RC N°2 de Hanoï à Ha Giang (260 km par Viet Tri, Tuyen Quang et Lang Cay) puis par la RC N°4 de Ha Giang à Lao Kay (150 km). Mais en 1930, ces routes n’étaient guère praticables. Depuis Lao Kay, on atteignait Cha Pa par 35 kilomètres de route « automobilable ». Avant d’être élargie, cette route était étroite et sinueuse, aussi la circulation était-elle réservée le matin à la montée et l’après-midi à la descente La montée jusqu’au village se fait au milieu d’arbres géants et des clairières où pousse surtout le bananier sauvage à fleur écarlate (voir AP0845 et 1279). La station est dans une sorte de col ménagé entre des croupes verdoyantes, sur le versant méridional du Lo Sui Tong, dont le sommet atteint 2.228 mètres d’altitude. La vue s’étend à l’Est sur une riche vallée, au fond garni de rizières, au Sud-Ouest sur l’altier Fan Si Pan aux pentes boisées et qui dresse à 9 kilomètres de Cha Pa seulement, le pic le plus élevé de 1’Indochine. La station est entourée de montagnes élevées : – 2228m, le Lo Soui Tong, au nord ; – 2858 m, les aiguilles de Ta Yang Ping, au NO (AP0844) ; – 2725 m à l’ouest ; – 3143 m au sud : le Fan Si Pan, point culminant de l’Indochine (AP3142) ; – 2378 m, Ie Khao Tao Pho, à l’est. Les habitations de la station s’étagent, desservies par une route en lacets de plus de 3 kilomètres. Dans la partie basse, se trouvent les villas particulières, les bâtiments administratifs (résidence, poste, commissariat de police) l’Eglise, et deux hôtels simples, mais confortables, l’hôtel du Centre et le « Cha Pa hôtel ». L’hôtel Métropole, plus luxueux se trouve à l’entrée de la station, sur la route de Lao Kay. Dans le vaste marché, avec ses halles couvertes viennent se rassembler tous les six jours les montagnards d’alentour, aux costumes pittoresques, porteurs de légumes, de fruits et de vivres de toute nature (voir AP0846). Dans la partie haute, à l’ouest du village, ont été installés le grand sanatorium militaire, la villa des officiers ou « villa Pennequin » (voir AP0644), et celle des sous-officiers ou « villa Mangin ». Le service forestier a tracé dans les environs une douzaine de sentiers d’une longueur totale de plus de 80 km agrémentés de bancs pour se reposer et de belvédères pour admirer les points de vue de la région. Ces sentiers permettent des promenades très variées vers les principaux sites touristiques de la station : la roche percée, les ponts de lianes (voir AP1280), la cascade (voir AP2101), etc. tout en facilitant l’exploitation du bois. Des excursions plus importantes peuvent être organisées à cheval (voir AP0844) sur la RC N°4 vers le col de Lo Qui Ho et Binh Lu et par la route provinciale de Muong Bo, vers cette localité. Tandis qu’à Hanoï, pendant les plus fortes chaleurs, le thermomètre atteint 42° C il dépasse rarement 34° à Cha Pa. En hiver, il descend parfois même à zéro, En été, les pluies sont plus abondantes qu’à Dalat, mais elles sont généralement brèves et tombent plutôt la nuit. L’humidité n’est pas à redouter à cette époque. « Depuis 1925, les sanatoria de Cha Pa et de Hongay (l’Ile aux Buissons), ouverts aux officiers et aux fonctionnaires, ne forment plus qu’une société unique constituant un groupement coopératif avec une seule organisation centrale ; le mode de gestion de ces établissements ressemble sensiblement à la gestion commerciale d’un hôtel-restaurant. Les militaires de toutes catégories ne sont autorisés à bénéficier d’une ou de plusieurs saisons à Cha Pa que s’ils ne présentent aucune affection aiguë en évolution. En effet, entéritiques et dysentériques convalescents s’accommodent mal d’un séjour dans cette station. Les paludéens ont besoin d’y rester longtemps pour voir disparaître complètement leurs accès, Cha Pa convient donc aux convalescents, aux fatigués intellectuels ou physiques, aux affaiblis ; lorsqu’ils sont assez vigoureux cependant pour réagir à l’excitation que provoque chez eux la cure de montagne. Les anémiques post infectieux, les anciens paludéens, les coloniaux anémiés par un long séjour s’en trouveront bien ; de même le climat convient à certaines bronchites chroniques, accompagnées d’emphysème ou d’asthme, et toute une catégorie de nerveux (neurasthéniques, phobiques, surmenés, etc…) Par contre, on n’enverra pas à Cha Pa : les cachectiques, les cancéreux, les affections aiguës en évolution, les artérioscléreux, les cardiopathes instables, les hypertendus, les tuberculeux, les rhumatisants, enfin les névropathes trop excitables au trop déprimés. » (Extrait de Teston et Percheron – L’Indochine Moderne – 1931 – Librairie de France) Sur les stations d’altitude, voir AP0103.

Mots Clefs : Tonkin Lao Kay Cha Pa 1935 Station climatique