AP0824-Sogny-Marien

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Titre : Hué, 1924 – Thé d’honneur offert aux mandarins supérieurs (4)

Notice : Détail de la photo N°AP0821. Se reporter à cette vignette qui contient en notice le nom et le titre des personnalités photographiées.

Notule : Gouvernement et administration annamites en 1930

1 – Gouvernement et administration centrale : L’administration centrale, fonctionnant à Hué, auprès de souverain, comportait de nombreux titulaires, à tous les degrés de la hiérarchie mandarinale. Les personnages les plus élevés de l’empire, après Sa Majesté Bao Dai et ses proches parents, sont, non point les Ministres comme il en serait dans une monarchie européenne, mais les quatre Dai Hoc Si ou Grands Chanceliers, appelés vulgairement les Tu Tru ou « Colonnes de l’Empire » (Ces quatre grands chanceliers portaient un titre les rattachant à l’un des palais royaux de Hué : Can Chanh, Van Minh, Vo Hien, Dong Cac. C’est ainsi que LL.EE. Ton That Dan et Vo Liem furent Dong Cac Dien Dai Hoc Si, Grands Chanceliers du Palais de l’Orient). Ce sont de hauts dignitaires, avant le grade de 1°-1 qui est le plus élevé du mandarinat, dont le rôle consiste à conseiller le souverain dans les circonstances importantes. Ces dignités peuvent d’ailleurs ne pas être toutes occupées. Lorsqu’elles le sont, les ministères les plus importants sont généralement dirigés soit par leurs titulaires, soit par les assesseurs, dits Hiep Ta Dai Hoc Si (1°- 2), de ces derniers. Ensuite viennent les Thuong Tu ou Ministres (2°-1), qui, avec l’Empereur, constituent à proprement parler le Gouvernement annamite. Il y a sept départements ministériels : Intérieur, Finances, Rites, Travaux publics, Instruction publique, Guerre et Justice. En principe, ils devraient être dirigés par un ministre spécial à chacun d’eux. En fait, leurs attributions ayant été forcément réduites depuis l’installation du Protectorat, deux d’entre eux sont parfois réunis entre les mêmes mains. C’est ainsi que, actuellement, il n’y a que six ministres pour les sept départements, l’instruction publique et la Guerre ayant le même titulaire. Chaque ministère possède des bureaux (Ti) dont la composition normale est la suivante : un Tham Chi (2°- 2), Secrétaire Général ; un Thi Lang (3°-1), Secrétaire Général adjoint ; des employés supérieurs dont le nombre est généralement de cinq ou six par ministère et qui portent les titres de Lang Trung (3°- 2) ou Ta Ly (4°- 1), de Vien Ngoai (3°- 2), de Chu Su (5° -1)) et de Tu Vu (5°- 2) ; enfin, des employés subalternes tels que, dans la capitale et les provinces, les Thua Phai de 6 classes (9°- 2 à 7° – 1) et, dans les Phu et Huyen, les Lai Muc ou Thong Lai comportant la même hiérarchie. Rappelons, d’autre part, que le fonctionnement des divers départements ministériels est contrôlé par trois fonctionnaires des Services Civils délégués par le Résident Supérieur, l’un pour l’intérieur, l’instruction publique et la Guerre, un autre pour la Justice et le troisième pour les Finances, les Rites et les Travaux publics. La réunion des Ministres sous la présidence du Résident Supérieur constitue une assemblée à laquelle on a continué de donner le nom de Co Mat ou Conseil Secret, bien que cette expression ait cessé de correspondre à une réalité depuis l’ordonnance de réorganisation du 27 Septembre 1897 qui a transformé l’ancien Co Mat en simple Conseil des Ministres. A cette assemblée est attaché un mandarin de haut rang faisant fonction de Secrétaire Général et un personnel analogue à celui des ministères. Le Co Mat ne fonctionne que lorsque le roi est majeur ; pendant sa minorité, il est remplacé par un Conseil de régence dénommé Phu Chanh Phu. Provisoirement et pendant la minorité et l’absence du Roi, ses pouvoirs rituels ont été confiés à un haut dignitaire de la Cour ayant le titre de Régent de l’Empire (S.E. Ton That Han fut le dernier Régent d’Empire) et ses pouvoirs en matière d’administration proprement dite sont confiés au Résident Supérieur, agissant d’accord avec le Conseil du Co Mat, et cela en vertu d’une convention intervenue le 6 Novembre 1925, à la suite du décès de Sa Majesté Khai Dinh. Deux autres conseils importants existent aussi à la Cour d’une part, un Conseil de censure ou Do Sat Vien ayant pour mission de contrôler la gestion des fonctionnaires, présidé par un Do Ngu Su (2°-1) qui cumule généralement cet emploi avec celui de Ministre et comprenant un personnel de Chuong An (4°- 4) ou gardiens de sceaux, Ngu Su (5°- 1) ou censeurs et employés ; (Ce conseil, très important autrefois, a vu son importance diminuer depuis l’établissement du Protectorat); d’autre part, un Conseil des membres de la famille royale ou Tôn Nhan Phu, qui, comme le Co Mat, est présidé par le Résident Supérieur et qui, avec comme vice-président un mandarin de haut rang, s’occupe de toutes les affaires intéressant les Ton Nhan ou princes du sang, Cong Tu ou neveux d’empereur, Cong Ton ou arrière-neveux d’empereur, Ton That ou parents plus éloignés, ainsi que de la désignation des mandarins chargés des temples impériaux. Les autres institutions de la Cour de Hué méritant d’être mentionnées sont : le Noi Vu Phu, service de trésorerie (voirAP0743) s’occupant de la gestion du budget du Gouvernement annamite, lequel constitue un budget autonome, arrêté par le Résident Supérieur en Conseil du Co Mat, dont les recettes consistent en quasi-totalité en une subvention annuelle du budget local de l’Annam et auquel sont inscrites en dépenses non seulement la liste civile de l’Empereur et les dotations des membres de la famille impériale et de leur suite, mais aussi la solde du personnel civil et militaire payé au titre de l’Administration indigène tant dans les provinces qu’à la capitale ; le Kham Thien Giam, observatoire d’astronomie chargé de questions rituelles et de la préparation du calendrier annuel ; le Quoc Su Quan ou bureau des annales de l’Empire ; le Thai Y Vien, service de santé de la Cour; le Ho Thanh Nha, bureau de la police de la citadelle le Tan Tho Vien, ou bibliothèque royale. Enfin, trois institutions sont spécialement attachées à la personne de l’Empereur. L’une est le Noi Cac, grande chancellerie devant être présidée, en principe, par un Dai Hoc Si et chargée de préparer les ordonnances royales, de transmettre aux services intéressés les annotations du souverain et de lui soumettre les rapports présentés par les divers conseils ou ministères. Une autre est la maison militaire de l’Empereur qui comprend : d’une part le personnel des chambellans (Thi Ve Su), composé d’un petit nombre de mandarins militaires dont la hiérarchie s’étend du 6°-1 au 3°-1 et d’un peloton de gardes du corps ; d’autre part la garde impériale (Than Thi Ve), plus importante (300 hommes environ) et commandée par un Thong Che (2°-1). La troisième, enfin, est le Can Dinh Tu, sorte d’intendance qui s’occupe du service intérieur du palais et à laquelle sont rattachés les musiciens et les danseuses du souverain…/… (Galembert – G. Général de l’Indochine – Les administrations et les services publics indochinois – Le Van Tan 1931)

E

2 – Administration régionale : Parallèlement à l’administration centrale fonctionnant à Hué, auprès du souverain, une administration régionale était en place dans les provinces, suivant la hiérarchie mandarinale. Dans les grandes provinces siégeait un Tong Doc (2°-1), assimilé à un ministre. Le gouverneur de la capitale était Phu Doan (2°-2) du Thua Thien, tandis que les gouverneurs de provinces moins importantes étaient Tuan Vu (2°-2). Aux côtés du gouverneur se tenaient le Bo Chanh (3°-1) trésorier provincial et l’ An Sat (3°-2) juge provincial. Au-dessous des gouverneurs, l’administration était confiée à des Tri Phu (4°-2) préfets de 1ère classe et des Tri Huyen (5°-1 et 5°-2) sous préfets de 1ère et de 2ème classe. Au bas de la hiérarchie venait l’armée des commis, agents et attachés de bureau, agents d’exécution recrutés parmi les mandarins subalternes (7° et 8° classes). (Comité de Rédaction) Sur le Co Mat ou Conseil Secret, voir AP0032 Sur le Conseil de la Famille royale, voir AP1503 Sur LL.EE. Ton That Dan et Vo Liem, Grands Chanceliers, voir AP0648 et AP0940 Sur S.E. Ton That Han, Régent d’Empire, voir AP0452 Sur le Thai Y Vien, voir AP0002 Sur le Tan Tho Vien, futur musée Khai Dinh, voir AP0805

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1924 Fêtes et cérémonies