AP0782-Sogny-Marien

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Titre : Hué, 1950 – Entrée de temple

Notice : Notule : Lieux de culte traditionnels chez les Annamites Pendant la période coloniale, les Français avaient coutume de désigner sous l’appellation unique de « pagode » tous les lieux de culte traditionnels des Annamites, qu’ils soient consacrés à la religion bouddhiste, taoïste, au confucianisme ou au culte des génies ou des esprits. Quand l’édifice du culte était de dimensions plus modestes, on l’appelait simplement « pagodon ». Madrolle (Indochine du Nord. Paris 1929), s’insurgeait déjà contre cette tendance simplificatrice et proposait de distinguer entre : – le temple, édifice couvert d’un culte animiste élevé pour être la résidence de l’esprit d’une divinité ou d’un humain promu au rang de génie ; – la pagode, sanctuaire bouddhiste. Il précisait que ce dernier mot venait du chinois Pa Kou t’a, « stupa des ossements blanchis », mausolée phallique ou sanctuaire contenant des reliques bouddhiques. Encore que cette étymologie paraisse contestable, nous retiendrons cette distinction pratique en réservant le terme de « pagode » aux sanctuaires bouddhiques et en désignant tous les autres lieux du culte sous le nom de « temple ». Nous précisons néanmoins qu’il n’est pas rare qu’un sanctuaire bouddhiste abrite également des images du panthéon taoïste ou d’un génie protecteur. Dans la langue vietnamienne, tous ces édifices sont désignés par des noms particuliers selon le culte auquel ils sont consacrés. On distingue traditionnellement huit principaux lieux de culte : 1. le Dinh, temple des génies protecteurs des villages et maison commune ; 2. le Dên, temple régional ou national élevé à la mémoire d’un personnage célèbre ou d’un génie. Quand ce personnage ou ce génie est féminin, on désigne le temple sous le nom de Phu ; 3. le Chùa, pagode bouddhiste. Un petit Chùa, élevé dans un endroit isolé, est appelé Am ; 4. le Miêu, petit temple dédié au génie de l’agriculture, au génie du sol ou aux personnes mortes de mort violente ; 5. le Diên, Dên de moindre importance, dédié aux lieutenants de Tran Hung Dao ou aux esprits infernaux ; 6. le Tinh, où officient les femmes-médiums ; 7. le Cây Huong ou Cây Nhang, « arbre d’encens » ou « arbre parfumé », petit templion en maçonnerie niché à la base du toit de la maison ou sur un pilier dans le jardin et dédié aux esprits et aux constellations ; 8. le Van Miêu, « temple de la Littérature », affecté au culte de Confucius dans les chefs-lieux de province, qui devient un Van Chi « base de la Littérature » dans les sous-préfectures et un Tu Chi, « base du temple » dans les villages. Les trois lieux de culte les plus importants sont les trois premiers, Dinh, Dên et Chùa mais, pour être complet, il faudrait citer également : -les Nhà Tho, « maisons du culte », qui referment les tablettes du clan familial ; -les Vong Cung ou Hành Cung, « palais d’attente », réservés au passage du souverain et souvent désignés sous le nom de « pagode royale » -les esplanades pour le sacrifice du Ciel et de la Terre (Nam Giao à Hanoï et à Hué) (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1950 Pagode Lieu de culte – Edifice religieux