AP0738-Sogny-Marien

Titre : Annam, Cua Tung, sd – Village de pêcheurs

Notice : Sur les cartes postales des frères Fajolle, voir AP0281. Les produits de la mer à Cua Tung. “C’est la descente, d’abord en pente douce, vers la “Maison de la Résidence”, puis la dégringolade brusque au milieu de la verdure vers l’estuaire de la rivière et le village indigène, où chacun est déjà à l’ouvrage. Des pêcheurs cordent leurs fils et les enduisent de sang de poisson. Des “congais” accroupies devant leurs corbeilles attendent, en échangeant des quolibets, que les saumuriers viennent évaluer la pêche de la nuit précédente. Toutes les espèces de la côte gisent là, entassées pêle-mêle dans les paniers : crevettes grandes comme de petites langoustes, crabes, sardines, rascasses, rougets, vieilles, saumons, congres, chiens de mer, et d’autres qui ont des formes bizarres et des noms inconnus des Européens. Celui-ci, le “poisson-buffle”, gros comme une noix, a une tête immense, une face plate, une bouche béante qui semble vouloir tout avaler, et un corps triangulaire ridicule, plus court et plus mince qu’une pointe de canif ; cet autre, allongé comme un fin coursier des profondeurs marines, a des marbrures roses et dorées sur sa carapace d’argent. Ici des scieurs de long, accroupis, débitent en planches fines une grosse bille de bois venue par radeau de la haute région et posée à plat sur le sol ; là, on radoube une nef, la quille en l’air sur le sable. Des sampans descendus de l’intérieur, et qui ont attendu l’aurore avant de franchir la passe, se risquent vers la mer et franchissent à coups de rames le triple banc d’écume qui marque l’entrée de la rivière. Une jonque de Chine, ventrue comme un bouddha, avec deux gros yeux peints à l’avant “pour voir les rochers”, entre dans l’estuaire, prudemment guidée par un canot de bambou tressé qu’elle suit fidèlement comme l’aveugle fait de son chien. Une autre, plus en arrière, s’avance lentement en tirant sur son ancre de bois. Vers le Sud, la rivière s’enfonce en serpentant entre la dune toute rose qui disparaît bientôt parmi les arbres, et la berge de terre rouge qui se laisse entrevoir de place en place sous la verdure des bambous et des aréquiers” (H. Delétie – BAVH 1929 pp.215-229) Sur Cua Tung, voir AP0281.

Mots Clefs : Annam Quang Tri Cua Tung (Cua Tuong) Carte postale