AP0718-Despierres

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Titre : Saigon, 1900 – Entrée du lycée Chasseloup-Laubat

Notice : Carte postale publiée avant 1904, date jusqu’à laquelle le verso était uniquement réservé à l’adresse du destinataire, expédiée de Saïgon le 7 octobre 1906. Carte postale non numérotée de la Collection Phénix éditée par Mottet et Cie à Saïgon. Cet éditeur publia plusieurs séries de cartes dans les premières décennies du siècle, figurant principalement des vues etdes personnages de Saïgon. Quelques-unes de ces cartes représentent le Cap St-Jacques où Mottet avait un hôtel, ainsi que le Cambodge L’entrée du lycée Chasseloup-Laubat se trouvait dans la rue du même nom, face aux jardins du Gouvernement général (voir AP1509) et non loin du Cercle sportif.(voir AP4289). Notule : Le Lycée Chasseloup-Laubat avant 1954 1871 C’est l’année d’origine de notre lycée. Le 10 Juillet de cette année-là, naît à Saigon sur décision de l’amiral Marie-Jules Dupré, gouverneur militaire de Cochinchine, au croisement futur des actuelles rues Mac Mahon et Chasseloup-Laubat, un établissement nommé « Ecole Normale Coloniale ». Les Français ayant conquis Saïgon en 1859 et la Cochinchine en 1862 ont en effet besoin d’interprètes faisant le relais entre eux et les autochtones, désormais placés sous administration directe française. La Cochinchine est en effet colonie et non sous protectorat comme le sera l’Annam un peu plus tard. 1874 Avec l’établissement définitif de civils français et la nécessité d’un établissement d’enseignement général, l’Ecole est renommée « Collège Indigène » le 14 novembre 1874, avec un enseignement classique français gratuit. 1876 Le Collège Indigène devient le Collège Chasseloup-Laubat sur décision du gouverneur militaire, l’amiral Auguste baron Duperré, en souvenir du Comte de Chasseloup-Laubat, ministre de la marine de Napoléon III artisan de la conquête de la Cochinchine. Le Collège Chasseloup-Laubat est scindé en un « quartier européen», destiné aux Français de souche ou de nationalité, et un « quartier indigène». 1891 Le collège Chasseloup-Laubat atteint péniblement une centaine d’élèves pour un corps de 24 enseignants, à cause de la concurrence de l’école confessionnelle Taberd, qui a déjà 260 élèves. Ceci est dû à la politique anti-confessionnelle du gouvernement de la IIIeme République, qui va aboutir à la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1902 en France, date à laquelle le collège laïque Chasseloup-Laubat va alors prendre un véritable essor. 1893 Le collège Chasseloup-Laubat atteint sa surface au sol définitive, malgré le fait que les bâtiments ne soient pas encore d’un seul tenant, en quadrilatère. 1924 Le collège Chasseloup-Laubat compte 215 élèves. 1926 Une grève survient au collège lors de la mort de Phan Chu Trinh, nationaliste vietnamien, et des inscriptions ABLF (à bas les Français) sont relevées sur les murs de l’établissement. 1927 Le « quartier indigène » du collège Chasseloup-Laubat devient autonome au sein des mêmes bâtiments, sous le nom de « Collège de Cochinchine », car l’enseignement secondaire de type occidental se généralise (le dernier concours triennal destiné à sélectionner les mandarins administrant le pays a eu lieu 8 ans auparavant, en 1919). 1928. Le collège devient le « Lycée Chasseloup-Laubat » par décision du Gouverneur Général de l’Indochine. Les besoins d’enseignement secondaire sont en effet devenus indispensables. Simultanément, le Collège de Cochinchine devient le Lycée Petrus Ky et prend possession en 1929 de nouveaux bâtiments séparés, construits à la limite ouest de Saïgon, alors nettement séparé de sa sœur jumelle chinoise, Cho Lon. De ce moment date la rivalité des deux lycées. Tous les deux étant d’excellente qualité, les élèves saïgonnais de l’enseignement moderne ne peuvent plus se mesurer que sur deux terrains : le taux de réussite au baccalauréat, et la victoire au match de football annuel opposant désormais les élèves des deux établissements. Les membres du corps professoral permutent parfois entre les 2 établissements, tandis que le Français sera d’usage commun jusqu’en 1949, quand le programme d’éducation national vietnamien commencera à être appliqué au lycée Petrus Ky (il le sera totalement à partir de 1955 pour ce dernier lycée). Fin des années 1920 Le lycée Chasseloup-Laubat a pour proviseur Raphaël Barquisseau, homme de lettres, qui eut auparavant comme élèves deux célébrités : le futur général Salan (au lycée de Nîmes), et le futur général Vo Nguyên Giap (à Hà Noï, avant d’être proviseur à Saigon). 1930 Le statut général et définitif des lycées français d’Indochine (dont le lycée Chasseloup-Laubat) est établi par l’Arrêté du 11 Février 1930. Cette année-là, notre lycée compte 605 élèves, dont 46% d’élèves français. 1935 A partir de cette année, la création du lycée Sisowath à Pnom Penh permet aux élèves cambodgiens de ne plus être obligés d’aller à Saïgon au lycée Chasseloup-Laubat pour leurs études secondaires, comme c’est le cas du prince Norodom Sihanouk qui est devenu roi et a quitté le Lycée Chasseloup-Laubat pour le trône. 1938 L’Institution catholique Taberd avec 900 élèves du primaire devient un grand rival du lycée Chasseloup-Laubat. Désormais il y existe des classes du secondaire, par décision du gouverneur général de l’Indochine, M. Brévié. 1944 Avec les « Mouvements de jeunesse » du capitaine Ducoroy instaurés par l’amiral Decoux, les classes secondaires de Chasseloup-Laubat défilent avec les élèves des autres établissements saïgonnais (total: 20 000 jeunes) sur le boulevard Norodom lors de la fête de Jeanne d’Arc en mai de cette année. 1945 Le 10 mars, le CFE (comité français d’entraide) dirigé par Mgr Cassaigne, archevêque de Saïgon, est autorisé par la mission de liaison du colonel japonais Amano à prendre le lycée Chasseloup-Laubat comme centre d’hébergement des Français regroupés, à partir du 12 Mars 1945, jusqu’à la capitulation japonaise en août. Les cours sont interrompus jusqu’en octobre. Le collège de jeunes filles Calmette (futur lycée Marie Curie en 1948) étant temporairement fermé, pour devenir provisoirement le Collège Mossard en 1947, les jeunes filles de cet établissement sont transférées jusqu’en 1947 au lycée Chasseloup-Laubat. 1945 Le Viêt Minh prend le pouvoir pendant quelque temps à Saïgon ; les cours sont donc souvent interrompus à cause des évènements. Ils reprennent définitivement à la fin de 1945 sous la protection de l’armée française, qui assure parfois et jusqu’en 1947 le transport dans des camions militaires des écolières françaises du Lycée Calmette (futur Lycée Marie Curie en 1948) temporairement transférées à Chasseloup-Laubat. 1947 Le lycée Chasseloup-Laubat redevient réservé aux garçons et fonctionne normalement de 1946 à 1948 sous l’éphémère « République de Cochinchine » dirigée par Nguyên Van Thinh puis Lê Van Hoach et enfin Nguyên Van Xuân, avec le retour en octobre au centre et au sud du Viêt Nam des troupes françaises du général Leclerc. Les Laotiens ne sont plus obligés à partir de cette année 1947 d’aller à Saïgon pour leurs études secondaires au lycée Chasseloup-Laubat (ou à Hanoï au lycée Albert Sarraut), avec la création du lycée fédéral Pavie à Vientiane. 1949 Le lycée Chasseloup-Laubat compte en cette année mille treize élèves en primaire (le « Petit Lycée ») et 759 élèves en secondaire. M. Vinciguerra est directeur du Petit Lycée durant cette période, au moins jusqu’en 1954. 1949-1954 Le lycée fonctionne sous le contrôle des Services de l’Enseignement du Haut Commissariat de France au Viêt Nam dans le cadre de l’Etat du Viêt Nam, au sein de l’Union Française. Le 11 juillet 1951, lors de la distribution des prix, le général De Lattre de Tassigny devenu Haut Commissaire et Commandant en chef français en Extrême Orient y exhorte les élèves à choisir leur camp et à se battre en conséquence. 1950 Des troubles (manifestations, défilés) surviennent à Saigon sous l’égide du Mouvement Pour La Paix, avec la participation de certains élèves du lycée, dont quelques-uns l’auraient quitté pour entrer au maquis. 1954 La rentrée de septembre est légèrement décalée, les locaux du lycée étant utilisés pour recueillir les réfugiés fuyant le Nord après la partition instaurée par les Accords d’armistice de Genève du 20 Juillet de cette année-là. Le censeur à cette date est Monsieur Olier, et le lycée compte 37% de Français ou étrangers et 63% de Vietnamiens dans les classes secondaires. (Georges Nguyen Cao Duc – Responsable de l’Information de l’AEJJR – Amicale des Anciens Elèves de Chasseloup-Laubat/Jean-Jacques Rousseau – Courriel : http://aejjrsite.free.fr)

Mots Clefs : Saïgon 1900 Collège – Lycée Histoire Enseignement Interprète