AP0686-Sogny-Marien

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Titre : Hué, 1907 – Déposition de S.M. Thanh Thai (1)

Notice : N° 3374 de la Revue L’Illustration du 26 octobre 1907. Mention manuscrite sur la couverture : « Au Garde Principal Sogny, souvenir de l’Inspecteur Commandant la Sûreté du Palais pendant l’internement de S. M. Thanh Tai. Hué le 26 novembre 1907. Signé : Jourdan ». Notule : Déposition de Thanh Thaï Thanh Thaï (=réussir parfaitement) devint le 1er février 1889 le dixième souverain de la dynastie des Nguyen. Il appartenait à la cinquième génération des descendants de Gia Long, le fondateur de la dynastie. Né en 1879, il était le fils du cinquième empereur, Duc Duc. Il a succédé à Dong Khanh (1885-1889). En ce qui concerne sa déposition le 3 septembre 1907, L’Illustration a publié dans son numéro du 26 octobre 1907 un récit fait par son correspondant à Hué. En voici de larges extraits. Entre parenthèses, quelques mots modifiés ou déplacés pour assurer une bonne liaison. « …La nécessité de détrôner Thanh Thaï ne faisait pas question, même aux yeux de ses sujets, de ses ministres… et de ses familiers, témoins journaliers de sa folie, de ses crises de délire homicide. Le gouvernement français, bien résolu à interner ce pauvre dément, confiait dès le 29 juillet, à notre représentant près de la cour de Hué, M. le résident supérieur Levecque, le soin d’en informer le Co Mat (Conseil secret)… Les hauts mandarins (reconnaissant) que leur roi était incapable de régner (ont demandé) que, déposé, il fût du moins remplacé sur le trône par un membre de la famille royale… Le gouvernement français admit parfaitement cette manière de voir.., et, renonçant à déposer Thanh Thaï, décida de l’autoriser à abdiquer en faveur de l’un de ses fils. Le 2 septembre M. Beau, (gouverneur général de l’Indochine)… notifiait à la Cour cette décision… Le lendemain l’acte d’abdication…était présenté à Thanh Thaï qui se résolut à le signer… (En) voici le texte :  » Malgré notre légère vertu, nous avons pu conserver la grande charge pendant dix-neuf ans. Par suite des occupations du royaume qui nous ont rendu malade, nous sommes aujourd’hui incapable de continuer à régner. D’accord avec M. le gouverneur général, le cinquième prince est désigné pour nous succéder, afin de nous permettre de nous retirer, nous soigner… « . Dès le jour suivant Thanh Thaï était conduit au palais de la Reine-Mère. Sa garde était confiée à M. Prosper Jourdan, inspecteur de la garde indigène, et à des soldats annamites. On vient de le transférer à Saïgon, où il est arrivé le 21 octobre, accompagné de cinq de ses femmes, de dix enfants, de nombreux domestiques. Il s’est installé au Cap Saint-Jacques, dans la villa des gouverneurs. Le cinquième prince est un enfant de huit ans, Vinh San, qui, pourvu d’un conseil de régence (présidé par S.E. Truong Nhu Cuong), va régner sous le nom de Duy Tan, (=attaché aux réformes). Ce rejeton de la dynastie des Nguyen est né d’une servante des concubines royales… Le 5 septembre (1907) il était solennellement intronisé… « . D’après divers faits relatés par les chroniques (voir notamment « Sur la Route Mandarine » de Dorgelès, page 137, 6e ligne) Thanh Thaï était vraiment cruel et déconsidéré. Il a été exilé à La Réunion en 1926. Il est revenu au Viêt Nam en 1950 où il est mort en 1954. Mais, était-il aussi cruel et fou qu’on vient de le dire ? Des historiens ont dû se pencher sur la question. Les textes du correspondant de L’Illustration et de M. Dorgelès ont pu être fortement orientés par l’administration française qui aurait amplifié certains faits regrettables de la vie privée du souverain afin de les prendre comme prétexte. (Comité de Rédaction) Sur Léon Sogny, Directeur de la Sûreté et Baron d’Annam, voir AP0571. Sur les souverains de la dynastie des Nguyen, voir AP0594.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1907 – 26 novembre Document Revue L’Illustration