AP0682-Sogny-Marien

AP0682-Sogny-Marien

Titre : Annam, 1943 – Appréciations des services de Léon Sogny (2)

Notice : Voir la vignette précédente. Notule : Ultime appréciation de la carrière de Léon Sogny Appréciation des services de Léon Sogny par son supérieur, le Résident Supérieur en Annam (Graffeuil) :  » Monsieur Sogny arrive à la fin de sa carrière. Ce bulletin clôturera les éloges administratifs décernés par tant de ses supérieurs au cours d’une longue carrière. Je sais qu’il ira dormir sous la poussière des sections d’archives. Je ne puis cependant résister au désir de conclure et de dire ce que fut la carrière d’un fonctionnaire de grand coeur, de haute valeur morale et administrative qui s’est écoulée parmi la sympathie de tous, Français et Annamites. La vie administrative de M. Sogny s’intègre dans l’histoire de l’Annam, et surtout de Hué et de la Cour depuis trente ans. Après des débuts brillants et appréciés dans la Garde Indigène, il fut appelé à Hué en raison de sa connaissance de la langue annamite, de son intelligence et de l’influence qu’il avait déjà dans les milieux de la capitale. Il fut alors le mentor amical d’un jeune roi et le conseiller attentif du protectorat dans les relations avec la Cour. Quand un Service de la Sûreté fut plus tard créé, on le confia à cet homme qui, depuis, a rendu à tous les Résidents Supérieurs qui se succèdent, tant de services. Ce qui eût pu être une carrière banale devint un apostolat. M. Sogny remplit sa tâche d’une manière si large que ce chef des services de Sûreté resta l’ami, le conseiller, souvent le protecteur des Annamites que la fortune, les événements trahissaient. Il devint souvent le tuteur, s’efforçant de ramener dans la vie normale, les jeunes égarés qu’il connaissait et contre lesquels il avait dû agir. Si on devait lui faire un reproche, ce serait d’avoir été si bon que certains en ont abusé. Est-ce réellement un reproche et n’est-il pas beau de voir un homme avoir, comme chef de la sûreté, participé à tant d’événements, d’intrigues et de répressions, et de conserver, loin de toutes critiques, l’estime et le respect de tous. D’avoir servi avec dévouement la cause française et de laisser aux indigènes l’impression juste qu’il les a aimés et servis. Tout cela suppose de hautes qualités morales, l’amour conjugué de la France et de son pays d’adoption, une sérénité qui n’admit pas les intrigues de personnes qui eussent rabaissé sa mission de son niveau d’idéal humain à une besogne administrative médiocre. Un tel départ est pour l’administration une perte qui ne se remplace pas. Si personne n’est indispensable, il est des gens qui ont une valeur d’action exceptionnelle. M. Sogny est de ceux-là. La seule consolation de ses amis est d’espérer qu’après sa retraite, il restera à Hué…/… Hué le 26 août 1938″ Monsieur Grandjean, alors Directeur des Affaires Politiques et Chef de la Sûreté Générale au Gouvernement Général de l’Indochine en 1938, s’associe à l’éloge du Résident Supérieur et considère M. Sogny comme un fonctionnaire irremplaçable.  » (Document communiqué par Albert et Annick Marien) Sur Léon Sogny, Directeur de la Sûreté et Baron d’Annam, voir AP0571. Sur Léon Sogny et la lange annamite, voir AP0572. Sur Léon Sogny élevé au titre nobiliaire de « Baron An Binh », voir AP0659.

Mots Clefs : Annam 1943 Document Administration