AP0622-Sogny-Marien

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Titre : Annam, Nha Trang, 1933 – Léon Sogny et S.E. Pham Quynh

Notice : Photographie de M. Le Grauclaude. De g. à d. le Résident supérieur Yves Chatel, Léon Sogny et S.E. Pham Quynh., chef de cabinet de S.M. Bao Dai. Le groupe d’officiels se promène sur la belle plage de Nha Trang. Sur le 3ème voyage de SM. Bao Dai en Annam en 1933, voir AP0608. Notule : Pham Quynh, lettré et homme d’Etat « Issu d’une longue lignée de lettrés confucéens originaires du village de Luong Ngoc au nord Viêt Nam, dans la province de Hai Duong, Pham Quynh naquit le 17 décembre 1892 à Hanoi. Orphelin de mère à l’âge de 9 mois et de père à 9 ans, il fut élevé par sa grand-mère à Hanoi où il suivit l’enseignement du Collège du Protectorat. Il en sortit premier en 1908 à l’âge de 16 ans et entra la même année à l’Ecole Française d’Extrême-Orient en qualité d’interprète. L’année suivante, à l‘age de 17 ans, il épousa Melle Lê Hi Vàn, également âgée de 17 ans. En 1911, deux ans plus tard, naquit le premier des 13 enfants du couple : cinq garçons et huit filles. Pham Thi Ngoan était la 4° des filles ; elle épousera en 1940 Nguyèn Tiên Lang, mon père, et poursuivra l’œuvre de Pham Quynh en publiant en France, entre 1978 et 1997 d’importants travaux sur le Nam-Phong et sur le Kim Vàn Kiên. Pham Quynh avait un physique volontaire et dégageait une impression de sérieux, voire de sévérité au premier abord. Grand de taille – 1,73m – pour un vietnamien de sa génération, il était souvent vêtu de manière stricte avec la traditionnelle tunique noire sur un pantalon blanc, avec pour couvre-chef le turban noir des lettrés. Cette apparente froideur résultait de son éducation confucéenne dans laquelle le respect d’autrui commandait de ne pas montrer ses émotions en restant impassible. Selon le journaliste français René Lays qui l’a interwievé en 1933 pour « L’Impartial », un journal de Hanoï, « il cachait derrière cette apparence austère, un tempérament sensible et passionné ». En 1917, à l’âge de 25 ans, il fonda la revue Nam-Phong (Vent du Sud ) dont il fut le rédacteur en chef et l’animateur jusqu’en 1932, année où l’empereur Bao-Daï l’appela à la Cour de Hué comme ministre chargé de la direction du cabinet impérial, puis en 1933, Ministre de l’éducation Nationale. En 1942, il fut nommé Ministre de l’Intérieur, ayant rang de Premier Ministre. Le 9 mars 1945, après le coup de force japonais sur l’Indochine, Pham Quynh en tant que 1° des ministres de la Cour signa la proclamation di l’indépendance du Viet-Nam puis se retira de la vie politique. Pas pour longtemps, hélas….. Le 23 Août 1945, les hommes de main du Viet-Minh firent irruption dans sa villa Hoa Dùông près de Hué et l’enlevèrent avec son gendre Nguyên Tiên Lang. Peu après, Pham Quynh fut exécuté. Sa dépouille fut retrouvée avec celles d’un frère et d’un neveu de Ngô Dinh Diêm en 1956 dans la forêt de Hac Thu au centre Viet Nam. Il fut de nouveau inhumé à Hué, dans les jardins de la pagode Van Phùoc où il repose désormais. Quant à Nguyên Tiên Lang il fut prisonnier du Viet-Minh jusqu’en 1952, année de sa fuite puis de son départ pour la France. De cette expérience, Nguyên Tiên-Lang en tira un roman autobiographique, « Les Chemins de la Révolte » qui obtint en 1954 le Prix Silvio Pellico. La famille de Pham Quynh se disperse de par le monde au gré des vicissitudes politiques de l’histoire du Viet-Nam, pour partie aux USA et pour partie en France et en Suisse. (Causerie faite par M. Nguyen Quoc Cuong, petit-fils de S.E. Pham Quynh, à Biscarrosse le 28 novembre 2004, dans le cadre du week-end de l’Assemblée Générale de l’AAVH)

Mots Clefs : Annam Khanh Hoa Nha Trang 1933 – Janvier Pham Quynh