AP0596-Sallet

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Titre : Hué, 1925 – Temple The Mieu – L’urne dynastique Cao Dinh

Notice : L’urne Cao Dinh était consacrée à Gia Long, le fondateur de la dynastie. C’est la plus importante et la plus lourde des 9 urnes. Elle est placée au centre de la rangée des urnes, légèrement en avant des autres. Un garde du palais, dans son uniforme coloré, se tient auprès de l’urne et permet d’en apprécier la taille. Notule : Urnes dynastiques de Hué – Généralités Léon Sogny a consacré un long article très documenté aux « urnes dynastiques du palais de Hué », dans le premier bulletin de l’AAVH (BAVH – 1914 / I)  » Les urnes dynastiques, au nombre de neuf, sont rangées devant le temple The Mieu ; elles ont toutes un nom et représentent un des empereurs de la dynastie au XIXème siècle. Le nom de chacune d’elles entre, en effet, dans la composition du nom posthume de cet Empereur. – la première, Cao Dinh, est dédiée à Gia Long ; – la seconde Nhân Dinh, à Minh Mang ; – la troisième, Chuong Dinh, à Thieu Tri ; – la quatrième, Anh Dinh, à Tu Duc ; – la cinquième, Nghi Dinh, à Kien Phuc ; – et la sixième, Thuân Dinh, à Khai Dinh. – les Empereurs Duc Duc et Hiep Hoa n’ayant pas reçu de nom posthume officiel, et d’autre part, les Empereurs Ham Nghi et Thanh Thai existant encore, il y a actuellement trois urnes sans affectation : Tuyen Dinh, Du Dinh et Huyen Dinh. C’est ainsi que la plus grande, l’urne Cao, personnifie Gia Long, qui a ce titre posthume de Cao ; elle mesure 2m 02 de hauteur, 1m 61 de diamètre et pèse 4.307 livres annamites, soit 2.601 kg ; les autres sont un peu plus petites ; la plus légère pèse 1.933 kg. ; elles sont toutes ornées, sur leur panse, de motifs en relief représentant soit des éléments de la nature, des produits du sol, ou des oeuvres faites de main d’homme. Les urnes dynastiques, en bronze, ont nécessité, pour leur confection, un grand effort et une grande habileté technique ; le four annamite a de nombreux défauts, lorsqu’on y travaille le cuivre, à cause des déchets qu’il donne, à raison de 20% de la masse totale ; chaque fourneau pouvant à peine traiter 30 ou 40 kg, il fallait, pour la fonte de chaque urne, employer une soixantaine de fourneaux ; le moule était renversé, et c’est par l’un des pieds de l’urne que se faisait la coulée ; le moulage était très compliqué ; les ateliers étaient situés à l’emplacement de l’Ecole professionnelle ; les motifs en relief ont été ciselés, après la fonte, dans des plaquettes venues de fonte et adhérentes à la masse. Lorsque Minh Mang, en novembre-décembre 1835, ordonna de fondre les urnes dynastiques, il se souvenait des empereurs des anciennes dynasties chinoises, qui avaient fait une opération semblable, et il avait le même dessein qu’eux ; les urnes sont le symbole du mandat du Ciel ; leur taille, leur poids, leur bon équilibre, symbolisent la stabilité d’une dynastie ; leur ouverture, largement béante, recueille et concentre la faveur du Ciel qui assure la pérennité des Etats «  (D’après Léon Sogny) Dans le numéro du BAVH d’avril – juin 1916 intitulé « Hué pittoresque », H. Guibier consacre quelques lignes aux urnes dynastiques :  » Une fois près du temple The Mieu dans cette cour où s’alignent les urnes dynastiques placées là par la volonté de l’empereur Minh Mang, on se sent transporté loin, oublié soi-même dans ce « campo-santo » où l’âme des empereurs défunts revit dans les vibrations du bronze, où le passé sommeille, engourdi par le soleil trop chaud qui brûle les dalles. Un léger coup, frappé sur le flanc d’une urne : un murmure d’ondes sonores se propage en pulsations harmoniques, et les urnes voisines retiennent chacune un peu de ce chuchotement dans leur cœur de silence enfermé dans le bronze «  (Comité de Rédaction) Sur le décor des urnes dynastiques, voir AP0352. Sur le temple The Mieu, voir AP0040. Sur les bâtiments de la Cité Impériale de Hué, voir AP1923.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1925 Citadelle – Cité Impériale Urne dynastique – Bronze