AP0594-Sallet

AP0594-Sallet

Titre : Hué, 1925 – Dans la cour du temple des Rois défunts

Notice : Notule : Les souverains de la dynastie des Nguyen Dans son livre « L’Indochine française (souvenirs) », Paul Doumer écrivait en 1930 : « Nous donnons indifféremment au souverain d’Annam le titre de roi ou d’empereur. Les Annamites, qui font la distinction, désignent toujours leur monarque par le titre le plus haut, celui d’empereur, avec la signification de chef de plusieurs Etats, les rois étant chefs d’un Etat unique. En souvenir de sa domination sur l’Annam, le Tonkin, la Cochinchine dont il reste nominalement le souverain, et de son ancienne suzeraineté sur le Cambodge, le prince qui règne à Hué doit être appelé empereur. Au surplus, quelle que soit la dénomination que nous employons en nous adressant, en français, au monarque ou à ses ministres, l’interprète traduit par le même mot de la langue annamite, le seul qui puisse être donné à l’homme qui occupe le rang suprême, et ce mot équivaut à celui d’empereur. Et pourtant, couramment, nous disons le roi, la citadelle royale, les reines, etc. On ne me chicanera pas si je me conforme le plus souvent, dans ce récit, au commun usage des Français d’Indochine. «  Pour notre part, nous utiliserons de préférence le mot « souverain ». Le 31 mai 1802, Nguyen Phuoc Anh, vainqueur des « rebelles » Tây Son (qui avaient renversé la dynastie des Lê) se proclama Hoang Dê (empereur) sous le nom de règne de Gia Long et fonda la dynastie des Nguyen qui devait régner jusque en 1945. Les 13 souverains de cette dynastie furent les suivants : 1. Gia Long, né en 1762, régna du 31 mai 1802 à sa mort, le 3 février 1820. Son fils aîné, le prince Canh, qui avait accompagné l’évêque d’Adran lors de son voyage en France, était mort de la petite vérole en 1801. 2. Minh Mang, quatrième fils de Gia Long fut désigné par lui pour lui succéder au détriment des enfants de son fils aîné. Né à Saïgon en 1792, il régna du 14 février 1820 à sa mort, le 20 janvier 1841. 3. Thieu Tri, fils aîné du précédent, né en 1807, régna du 11 février 1841 à sa mort d’une attaque d’apoplexie, le 4 novembre 1847. Il laissait 36 enfants 4. Tu Duc, fils du précédent, né le 22 septembre 1829, fut désigné par son père pour lui succéder au détriment de son frère aîné. Il régna du 10 novembre 1847 à sa mort, le 19 juillet 1883. Mort sans descendance, il désigna son neveu Duc Duc pour lui succéder par un décret testamentaire spécial. 5. Duc Duc, né en 1852, fils du prince Thoai Thai Vuong, qui était le quatrième fils de Thieu Tri et donc le frére de Tu Duc. Duc Duc ne régna que 3 jours, du 20 au 23 juillet 1883. Les régents Nguyen Van Tuong et Ton That Thuyet le destituèrent, sous l’accusation d’impiété et d’inceste et le firent mourir de faim. 6. Hiep Hoa, né en 1847, était le 29ème fils de Thieu Tri et donc le frère cadet de Tu Duc. Il ne régna que 4 mois du 30 juillet au 30 novembre 1883. Accusé de complicité avec les autorités françaises, il fut destitué par le conseil de régence et contraint au suicide. 7. Kien Phuc, né en 1869, était le fils de prince Kien Thai Vuong, qui était le vingt sixiéme fils de Thieu Tri et donc le frère cadet de Tu Duc (voir AP0966). Comme ses deux frères qui lui succédèrent sur le trône, Kien Phuc avait été adopté par Tu Duc qui l’avait fait élever au Palais. Il régna du 2 décembre 1883 au 31 juillet 1884. Il mourut officiellement « des suites d’une longue maladie » mais sans doute empoisonné par le régent Tuong. 8. Ham Nghi, né en 1872, était le plus jeune des fils de Kien Thai Vuong, frère de Tu Duc. Il régna du 2 août 1884 au 5 juillet 1885, date à laquelle il s’enfuit de Hué avec les deux Régents. Déposé par les Français en juillet 1885, il fut capturé en 1888 et déporté en Algérie où il mourut en 1946. 9. Dong Khanh, était le fils aîné du prince Kien Thai Vuong et donc le frère des deux précédents souverains. Né en 1864, il régna du 19 septembre 1885 à sa mort, le 28 janvier 1889. 10. Thanh Thai (voir AP0693), fils de Duc Duc, né en 1878, régna du 1er février 1889 au 3 septembre 1907, date de sa déposition pour « cruauté ». Exilé à Madagascar puis à La Réunion, il revint au Viêt Nam en 1950 et s’installa au Cap St. Jacques. Il mourut en 1954. 11. Duy Tan, fils du précédent, né en 1899, régna du 5 septembre 1907 au 3 mai 1916, date de sa déposition par les autorités coloniales pour complot. Exilé à La Réunion, il mourut le 26 décembre 1945 dans un accident d’avion, alors que son retour à Hué était envisagé par la France. 12. Khai Dinh (voir AP0713), fils de Dong Khanh, né en 1885, régna du 18 mai 1916 à sa mort, le 6 novembre 1925. Khai Dinh fut le premier souverain de Hué à se rendre en France. 13. Bao Dai (voir AP0749), fils du précédent, né en 1913. Proclamé empereur le 9 janvier 1926, au décès de son père, il ne fut couronné qu’en 1932, à son retour de France où il avait effectué ses études. Il abdiqua le 25 août 1945, remettant les insignes du pouvoir à la République démocratique du Viêt Nam, présidée par Ho Chi Minh. Il mettait ainsi fin à la dynastie des Nguyen qui avait régné près de 150 ans sur le pays. Bao Dai est mort en France où il s’était retiré après son abdication. le 31 juillet 1997. Tous les souverains de la dynastie des Nguyen sont nés à Hué, à la seule exception de Minh Mang né à Saïgon, pendant les campagnes que son père, le futur Gia Long menait contre les Tay Son. La plupart de ces souverains sont morts à Hué aux exceptions de Ham Nghi, mort en exil en Algérie, de Duy Tan, tué dans un accident d’avion en Afrique et de Bao Dai, mort en France. (Comité de Rédaction) Sur les bâtiments de la Cité Impériale de Hué, voir AP1923.

Mots Clefs : Annam Thua Thien – Hué 1925 Citadelle Cité Impériale – Temple