AP0582-Sallet

AP0582-Sallet

Titre : France, 1931 – Exposition Coloniale – Ecran sculpté des Amis du Vieux Hué

Notice : Photographie communiquée par Mme Henri Cosserat à la NAAVH. Cet écran a été sculpté à Hué pour représenter symboliquement l’AAVH à l’exposition internationale de Paris en 1931. Les AVH avaient été sollicités par le Gouverneur Général pour réaliser un livre sur les religions, les civilisations et les traditions de l’Annam. Ce livre, intitule « L’Annam » avait été très remarqué lors de l’exposition de 1931. A ce propos, le R. P. Lefas, compagnon de captivité de Léopold Cadière, avait confié à Jean Cousso que le Rédacteur du bulletin avait été fermement rappelé à ses devoirs de missionnaire par la hiérarchie, pour avoir omis de parler de la religion chétienne dans le chapitre relatif aux religions du Viêt Nam. Pour revenir à cet écran, il retrouva sa place à Hué où il fut exposé au Musée Khai Dinh jusqu’à sa destruction en 1946. Peut-être existe-t-il encore et se trouve-t-il chez un collectionneur ? Notule : Art décoratif annamite « …/…Tous les êtres que l’artiste annamite tire du bois ou du cuivre, ceux qu’il jette sur une toiture ou sur un pan de mur, sont traités dans un but décoratif. La grecque ou le ruban flexible, les feuillages ou les animaux, le dragon onduleux aussi bien que la licorne trapue ou la tortue massive, sont raccourcis, allongés, tordus, torturés, pour qu’ils rendent l’effet voulu, pour qu’ils achèvent la courbe d’une arête, s’encastrent dans un coin, enveloppent l’extrémité d’une poutre, ne sortent pas d’un étroit panneau, ou remplissent le dessus d’une boîte. C’est comme ces petits arbustes dont, patiemment, inlassablement, on replie et noue les branches, pour qu’ils ne débordent pas du vase qui les contient et ne dépassent pas la rocaille qui leur sert de fond. Ce souci est visible partout et l’artiste annamite a su tirer des motifs qu’il employait les plus jolis effets. C’est la tortue qui, semble-t-il, a été la plus rebelle. Elle s’est adaptée, tout naturellement à son rôle de support de stèle : elle est là dans son élément et elle communique vraiment à la stèle, que l’on veut éternelle, la solidité, l’éternité, dont l’animal est le symbole. Mais lorsqu’elle veut remplir dignement l’office d’ornement d’accent, au bout d’une arête latérale, et remplacer le souple dragon ou la grecque élancée, sa carapace toute ronde ne la sert guère. Aussi la voit-on allonger tant qu’elle peut son cou encore trop court, et l’artiste, pour l’aider, lui met dans la bouche un ruban, une fumée, une volute d’eau. C’est ce point de vue décoratif qui a sans doute amené l’artiste à styliser ses motifs. Tout est traité conventionnellement, non seulement les ornements tirés de la ligne, mais les fleurs, les animaux, les êtres inanimés, la mer, les nuages, les rochers. La fantaisie du sculpteur ou du peintre est grande, mais elle se meut dans les bornes strictes de la stylisation. Même quand ils pourraient se libérer, ils ne le font pas. Dans tel panneau sculpté, l’artiste a représenté un des fruits traditionnels : la poire, la pêche, la grenade ou la pomme cannelle. Pour la poire ou la pêche, on comprend qu’il s’en soit tenu à la représentation conventionnelle ; ces fruits ne sont pas communs en Annam. Mais pour la grenade, pour la pomme cannelle ou la main de Bouddha, l’artiste en voit dans tous les jardins il en mange, la saison venue. Et cependant, ces fruits prennent des contours conventionnels…/… » (Léopold Cadière. Introduction à « l’Art à Hué » – IDEO, 1919) Sur l’Art à Hué, voir AP0323. Sur les Urnes dynastiques de Hué – Décor, voir AP0352. Sur le symbolisme dans l’art décoratif vietnamien, AP2507.

Mots Clefs : France 1931 Art décoratif AAVH Ecran