AP0563-Despierres

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Titre : Saïgon, 1930 – Le « Claude Chappe » à quai

Notice : Notule : Le port de Saïgon-Cholon Le port de Saïgon est situé en bordure de la rivière de Saïgon, affluent du Dong Naï, à 80 kilomètres environ dans l’intérieur des terres au point où s’arrête la navigation maritime et où commence une navigation intérieure très active. Le chenal d’accès offre, sur tout son parcours, une profondeur d’au moins 10 m sous les plus basses mers et une largeur utile de 250 à 300 mètres. Contrairement à ce qui se produit aux embouchures du Mékong, aucun banc de sable ne barre l’entrée de la rivière de Saïgon ni celle du Dong Naï, ces deux cours d’eau charriant peu d’alluvions. Le port de Saïgon a été de tout temps accessible aux grands navires sans travaux spéciaux d’aménagement de la rivière qui y conduit. Le chenal d’accès est suffisamment large et profond, il présente assez de fixité, pour que les navires de 180 mètres de long puissent accéder au port. Les grands paquebots des Messageries, le « Porthos », le « d’Artagnan », le « Paul Lecat », l’ »André Lebon » (ce dernier ayant un tonnage de déplacement de 19.260 tonnes) fréquentent régulièrement, et sans difficulté, le port de Saïgon. Parmi les navires les plus longs, qui ont remonté la rivière jusqu’à Saigon, on peut citer le croiseur Anglais « Hawkins » qui est venu à Saïgon en 1924 ; sa longueur totale est de 184 mètres. Les navires profitent souvent du flot pour accéder au port mais, la vitesse des courants de marée n’étant que de 2 à 3 nœuds, ils peuvent remonter la rivière à toute heure de marée. Toutefois, sauf pour les courriers postaux, le port n’est ouvert que de jour aux mouvements des navires. Pour rendre l’entrée et la sortie des grands navires moins dépendantes des heures de marée et pour permettre an besoin l’augmentation de longueur des bateaux fréquentant le port de Saigon quelques aménagements de la rivière ont été entrepris ces années dernières (vers 1930) ; on a dragué un banc d’argile dure et de pierre de Bien Hoa dit « banc de Corail » et amélioré la rivière au droit de quelques coudes tels que le « coude de l’Est ». Ces aménagements ont donné de bons résultats. Le port de commerce de Saïgon comprend deux parties distinctes : le port maritime et le port fluvial, réunis sous la gestion d’un même Conseil d’Administration. Le port maritime de Saïgon a été délimité par le décret du 4 juin 1896, modifié par ceux des 23 octobre 1897 et 4 juin 1901. Il s’étend, en aval du port de guerre, à partir de la place Rigault de Genouilly. Des arrêtés ont rattaché au port de Saïgon le port de Cholon et les canaux reliant ces deux ports ainsi que toute la voie d’accès depuis la baie de Ganh Rai. D’autre part, un décret du 2 janvier 1914 a constitué le port de Saïgon en établissement public autonome, investi de la personnalité civile et géré par un Conseil d’Administration, dans des conditions analogues à celles fixées par les lois du 5 janvier 1912 et du 12 juin1920 pour les ports maritimes de commerce de la métropole. Ce Conseil, présidé obligatoirement par le Président de la Chambre de Commerce de Saïgon, se compose de quatorze membres dont trois sont désignés par le Gouverneur général, un quatrième est choisi par la Chambre de Commerce, en dehors de son sein, les dix autres représentent les diverses assemblées élues de la Cochinchine et du Cambodge. L’autorité du Conseil d’Administration s’étend sur tout le territoire du port de commerce ; c’est lui qui dispose des taxes perçues au bénéfice du port de commerce et de toutes les ressources affectées à son budget ; il établit les programmes de travaux, les fait exécuter et exploite ou fait exploiter pour son compte l’ensemble des ouvrages du port. Il est obligatoirement consulté sur l’organisation et le fonctionnement du service des phares et balises, de la police sanitaire, du pilotage ; sur l’organisation matérielle des services de Douanes dans les limites du port de Commerce, sur les règlements de police du port et de ses accès, sur l’établissement ou la modification des tarifs de chemins de fer desservant le port ou y aboutissant. Toutefois, comme tout établissement public, le port est placé sous la tutelle administrative, en ce sens que les décisions les plus importantes du Conseil d’Administration doivent être soumises à l’approbation de l’Autorité administrative…/… (Extrait de « L’Indochine Moderne » 1931 – Teston et Percheron – Librairie de France)

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1930 Port – Quai Paquebot