AP0517-Sallet

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Titre : Hué, 1930 – Sampans et sampaniers sur le canal de Dong Ba

Notice : Notule : Les sampans et les sampaniers de Hué A Hué, le sampanier a lié sa vie à celle du fleuve, elle lui donne refuge et subsistance. On pense que les sampaniers de Hué, il y a plusieurs générations de cela, ont quitté les abords d’une des plus grandes lagunes du Centre Vietnam pour trouver une vie meilleure sur les bords de la Rivière des Parfums. Leur occupation principale était la pêche et le commerce qui s’y rattache, ainsi que le transport des passagers et des marchandises. Plus récemment, l’ensablement de la Rivière des Parfums qui a empêché de transformer Hué en port de commerce international, a apporté aux sampaniers qui la draguent un moyen de vivre. Le sable et le gravier tirés du lit de la Rivière leur apportent un revenu par la vente à des intermédiaires, qui eux-mêmes vont revendre le tout à des entreprises de construction. Pour ce faire, ils ont équipé leurs embarcations de grandes pelles munies d’une longue perche en bambou et treuillées par un système de tourniquet actionné par plusieurs personnes. Une autre source de revenu est la pêche, en particulier la pêche à l’épervier (voir AP0765) dans la rivière des Parfums ou le canal de Phu Cam (voir AP2479), mais le produit de celle-ci n’est constitué que de petites fritures, qui à la vente, n’amènent qu’un faible bénéfice. La pêche sert donc principalement à la nourriture de la famille. On voit en permanence de nombreux sampans aller et venir aux alentours du canal de Dong Ba et s’amarrer à proximité du grand marché (voir AP0517, AP0776, AP2476). Ils transportent les produits des campagnes environnantes; qui vont être proposés sur les étals du marché. Ils transportent également les paysans qui viennent vendre leurs productions. Des sampaniers font également le transport des passagers d’une rive à l’autre de la Rivière des Parfums (voirAP0763). Avant la construction du Pont Clemenceau , ces bacs étaient même le seul moyen de traverser le cours d’eau. Par la suite, ils sont restés très actifs, même après la construction du pont. Les trois bacs les plus fréquentés aboutissaient au marché de Dong Ba, au Mirador VII, les principales entrées de la Citadelle et à la gare de Hué. Les sampans servent aussi pour les promenades et les excursions dans les alentours de la capitale. Quelle meilleure façon de rendre visite aux tombeaux royaux que de remonter la Rivière des Parfums pour, après avoir dîné, redescendre vers Hué en sampan (voir AP0767, AP0768) pour jouir, dans le calme et la fraîcheur, de la vue des montagnes se profilant dans les eaux, pendant qu’au loin les sampaniers égrènent les notes grêles de leurs chansons (voir AP4994). Le chant des sampaniers, le Hat Chèo Do, doux et gai ainsi que les cantilènes des sampanières, plus graves et plus tristes, font partie de l’atmosphère enchantée de la capitale. En parlant de sampans, de sampaniers et de sampanières on n’aurait garde d’oublier les fameux « sampans fleuris », promenant au clair de lune des jeunes lettrés, des vieux mandarins ou des commerçants cossus qui écoutaient avec ravissement les jolies chanteuses déclamant des poèmes ou s’enivraient de leurs charmes. Toute la vie des sampaniers tourne ainsi autour de leur embarcation, qui est leur outil de travail et leur domicile. Il est courant sur ces bateaux de trouver des familles constituées d’un couple, d’un grand parent et de nombreux enfants. Le nombre de 6 est courant parmi eux. En l’absence de caisse de retraite, les enfants et leur éducation vont être l’espoir de leurs parents dans une vieillesse prise en charge par leur progéniture. Ces enfants vont être aussi la raison de beaucoup de sacrifices consentis par leur père et mère. Traditionnellement les sampans de Hué sont confectionnés avec le bois de deux arbres provenant de la région de Hué à Tourane : le Kiên-kiên, (Hopea Pierrei, Dipterocarpacées), et le Cho (Dipterocarpus Tonkinemis, autrefois appelé Pistacia Zentiscus), qui donnent ces longues planches ayant jusqu’à 16 mètres de long. Formule : les trois planches du fond en Cho, les bordages en Kiên-kiên. L’auteur (Nguyen Tien Lang) ajoute : « La formule telle quelle, est bien incomplète et sèche. Il y faut ajouter les sampaniers, la Rivière des Parfums (ou le Canal de Phu-Cam) au clair de lune, et les chants, et la musique » : « Ah ! que le destin de l’homme est bizarre, et comme la vie est différente du rêve… ! «  Les sampaniers honorent leurs divinités et leurs génies particuliers. Ils entretiennent un « Mieu » en bois construit sur le bord du canal de Dong Ba à l’angle du pont de Gia-Hoi..où est célébré le culte de Ba Ha et des Nhu Hành. (Comité de Rédaction) Sur le canal de Dong Ba, voir AP0739. Sur les sampans et les jonques, voir AP1398.

Mots Clefs : Annam Thua Thien – Hué 1930 Canal Sampan