AP0004-Sallet

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Titre : Annam, Quang Nam, 1920 – Montagnes de Marbre – Prêtres bouddhiques

Notice : Des bonzes habitent les nombreux monastères installés dans les montagnes de Marbre et les environs. Les deux prêtres qui figurent sur la photo sont le « Tang Cang » Nguyên Viêt Lu de la pagode Lînh Ung et le « Tru Tri » Le Van Sanh de la pagode Tam Thai, en grand costume de cérémonie. Les titres de Tang Cang et de Tru Tri sont décernés à des hauts dignitaires de la hiérarchie bouddhiste. Le docteur Sallet a parlé de ces deux personnages dans l’article qu’il a consacré aux montagnes de Marbre (BAVH 1924/1) en publiant leur portrait (planche XXXIX de l’article). Il a rencontré pour la dernière fois Nguyen Viet Lu en 1920, l’année précédant sa mort. C’est à cette occasion que cette photo fut prise. La photo, qui est un agrandissement de la partie centrale de la planche XIII de l’article précité représente les deux vénérables prêtres, leur chapelet à la main, dans la grotte de Tam Thanh, les « trois Saints », située en arrière de la pagode Linh Ung. Notule : Les Montagnes de Marbre Les « montagnes de Marbre » que les Annamites appellent « montagnes des Cinq Eléments », Ngu Hanh Son, constituent un groupe de masses rocheuses déchiquetées faites de calcaire métamorphisé, de calcite et de schistes, émergeant de la dune à 7km au sud de Tourane. Elles sont consacrées aux « Cinq éléments », Ngu Hanh, à savoir : l’Eau, le Métal, la Terre, le Bois et le Feu ; en sino-annamite, Thuy, Kim, Tho, Moc, Hoa. En réalité, ces montagnes sont au nombre de six ; mais les deux collines les plus méridionales sont toutes deux consacrées à l’élément Feu, Hoa, parce que considérées comme constituant une masse unique, le défilé qui les sépare étant très étroit. Ces deux parties sont cependant distinguées par les deux principes qui sont à l’origine du monde dans la philosophie taoïste, le Yin et le Yang, en vietnamien Am et Duong. Le mont le plus au sud est dédié au premier, le principe mâle et clair, c’est le Duong Hoa Son ; l’autre, plus élevé mais moins étendu, est dédié au principe femelle et obscur, c’est l’Am Hoa Son. Elles ont été visitées par presque tous les Européens qui ont abordé à Tourane au 18ème et au 19ème, et, en particulier, par Pierre Loti qui leur a consacré quelques très belles pages dans ses « Propos d’exil ». Elles sont le lieu de diverses légendes et de divers cultes, surtout bouddhiques. Le massif le plus important, la « montagne de l’Eau », Thuy Son (voir AP1198, AP2066), renferme des grottes aménagées en pagodes bouddhiques après avoir été, du temps des Cham, des sanctuaires brahmaniques. Les grottes de cette montagne, dont les plus visitées sont la Huyen Khong Dông, la Hoa Nghiem Dong et la Tam Thanh Dong, abritent de nombreux lieux de culte, autels, pagodes ou pierres sacrées. Des bonzes habitent les monastères et les pagodes installés dans ces collines et les environs. Ils assurent les cérémonies du culte et l’accueil des pèlerins. Les deux temples les plus importants, à l’extérieur des grottes, sont la pagode Tam Thai (voir AP1187), située près de l’entrée des grottes Huyen Khong (voir AP0455, AP0456, AP0458, AP2141) et Hoa Nghiem (voir AP0457) et la pagode Linh Ung, située prés de celle de la grotte Tam Thanh. Des cimetières bouddhiques sont aménagés à l’extérieur, auprès des monastères et des pagodes. Ils contiennent les dépouilles des bonzes défunts, dans des monuments funéraires qui se présentent sous la forme de stupa, petites tours à étages (voir AP0332). Les Montagnes de Marbre ont servi de carrières à diverses époques pour fournir des matériaux pour la construction ou l’artisanat local. Sous le règne des premiers empereurs de la dynastie des Nguyen, cette exploitation fut interdite. C’est dans les provinces du nord de l’Annam, et, en particulier celle de Thanh Hoa qu’ils allèrent chercher le marbre pour la construction des palais et des tombeaux de Hué. Mais pendant les premières décennies de l’administration coloniale, cette exploitation fut autorisée et des quantités importantes de marbre furent extraites (principalement de la montagne Duong Hoa) et expédiées vers la Cochinchine, la Chine et le Japon (voir AP2039). Les rues de la ville de Tourane furent même bordées de trottoirs de marbre. Cette exploitation excessive fut interdite sous le règne de Thanh Thai, une tolérance étant toutefois accordée aux habitants des villages voisins, pour fabriquer des petits objets avec les morceaux tombés de la montagne (voir AP0460 et AP2111). Un chemin de fer à voie étroite long de 35 km, allant de l’îlot de l’Observatoire, en face de Tourane, jusqu’à Fai Fo et qui servait à l’exploitation des carrières, permettait aux touristes de se rendre sans difficulté aux montagnes de Marbre (voir AP2137). Au pied même des montagnes, les touristes qui n’avaient pas pris la précaution de se faire accompagner par des domestiques, pouvaient trouver des porteurs pour les bagages et les jeunes enfants (voir AP2138). (Comité de Rédaction) Sur les Montagnes de marbre – Exploitation des carrières de marbre, voir AP2039.

Mots Clefs : Annam Quang Nam Environs de Tourane 1920 Montagnes de Marbre Bonze Personnage religieux Bouddhisme