AP4961-Péras

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Titre : Annam, sd – Portrait du grand poète Han Mac Tu

Notice : Notule : Han Mac Tu (1912-1940) De son vrai nom, Nguyên Trong Tri, ce très grand poète est le fils d’un fonctionnaire des douanes et de la fille d’un médecin de la cour. Né le 22 septembre 1912 au Nord de Hué (Dong Hoi), il est le quatrième enfant d’une famille catholique de longue date. Après la mort du père en 1926, la famille va vivre à Qui Nhon. Il est, pendant deux ans, élève de l’École Pellerin à Hué. Revenu à Qui Nhon, il envoie trois poèmes à Phan Boi Chau et va le rencontrer à Hué où le célèbre lettré révolutionnaire est en résidence surveillée(1931). Cela lui vaut quelques ennuis avec le Service de la Sûreté mais sans suite, si ce n’est la radiation de son nom de la liste des étudiants admis à aller poursuivre leurs études en France. Il travaille au Cadastre de Qui Nhon dont il fréquente assidûment la bibliothèque et publie, sous différents pseudonymes, des poèmes dans plusieurs revues. Journaliste à Saïgon pendant un an, il publie à son retour, en 1936, « La jeune fille du village », recueil de poèmes, imprimé à Hanoï, qui rompt avec les contraintes de la poésie classique et fait de lui, dès lors, l’un des grands noms de la Nouvelle Poésie. Il va devenir une figure dominante du Groupe de Binh Dinh. Mais en cette même année 1936, il est atteint des premiers symptômes de la lèpre. La terrible maladie, la passion amoureuse désespérée, vont inspirer alors une oeuvre poétique abondante où volent en éclats ce qui restait des conventions formelles. Une profonde connaissance de la poésie française s’y intègre à une sensibilité et une culture authentiquement vietnamiennes. Il rassemblera ces poèmes d’abord sous le titre de « Poésie folle », puis sous celui de « La douleur d’aimer ». Chrétien fervent, nourri aussi de la lecture des textes sacrés, ses dernières grandes œuvres, « Le Printemps idéal » et « Harmonie suprême » reflèteront un itinéraire spirituel où une joie lumineuse se fait jour à travers les plus grandes souffrances. Il meurt le 11 novembre 1940, à 28 ans à la léproserie de Qui Hòa, chez les religieuses franciscaines. Il est inhumé d’abord au cimetière de la léproserie, sous les filaos, puis sa dépouille sera transportée à Gành Rang où est édifiée une sépulture qui domine la mer. Une anthologie bilingue a été publiée en 2001 par les Editions Arfayen sous le titre « Le Hameau des Roseaux ». (Traduction : Hélène Péras et Vu Ti Bich). Sur Han Mac Tu et la Ville de Qui Nhon, voir AP0010 (Voir aussi le Bulletin de la Nouvelle AAVH N° 7, Décembre 2002)

Mots Clefs : Annam Portrait – Biographie Poésie Han Mac Tu