AP4941-Sogny-Marien

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Titre : Chine, 1901 – Léon Sogny : « Souvenir de ma Campagne de Chine »

Notice : La politique d’annexion menée par les nations européennes était mal acceptée par les Chinois. Une société secrète, surnommée « Boxers » par les Européens et encouragée par l’impératrice T’seu Hi, soulève des émeutiers qui s’en prennent aux chrétiens, assiègent les légations étrangères installées à Pékin et à Tien Tsin et assassinent l’ambassadeur allemand. L’envoi d’un corps expéditionnaire international, ne comprenant pas moins de huit nations (l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Italie et le Japon), permet de rétablir rapidement l’ordre. Ce sont les drapeaux des nations participant à l’expédition qui figurent sur le panneau. Notule : Le dépeçage de la Chine et les Traités inégaux L’attitude des Grandes Puissances au cours du XIXe siècle, et surtout dans sa seconde moitié, a été de forcer la Chine à s’ouvrir sur l’extérieur. Il n’est pas question ici de rechercher les motifs de cette attitude, d’en apprécier le bien-fondé et encore moins d’en juger les modalités. Disons simplement que, à de rares exceptions près, les dirigeants chinois s’opposaient à cette ouverture à l’Occident, contrairement à l’attitude de l’empereur du Japon dès 1868 avec l’ère Meiji. Toutes les Puissances étaient d’accord sur le fond, à savoir agir plus ou moins violemment contre la Chine pour obtenir des avantages, tout en se livrant entre elles à une sévère concurrence. Ces actions se terminaient par des traités ou conventions que les Chinois appellent « les traités inégaux » (Pou P’ing-Teng T’iao-Yue = pas/égalité/stipulations – s’engager). Ces avantages obtenus étaient, partant des plus importants : -La cession définitive de portion de territoire. -La cession de territoire à bail pour des durées pouvant aller jusqu’à 99 ans. -L’octroi de concessions, nationales ou internationales, dans certaines villes, avec privilège d’exterritorialité ; droit d’y stationner des forces militaires et parfois d’y édifier des fortifications. -Des concessions en pleine propriété pour la construction de chemins de fer. -Des concessions pour, sans en être propriétaire, les exploiter pendant un certain temps. -Des concessions d’exploitation de gisements miniers. -Le droit de diriger certaines administrations financières chinoises, notamment les Douanes ou les Postes, pour s’assurer des recettes garantissant les investissements réalisés ou les prêts consentis. -L’ouverture de ports maritimes et fluviaux, avec droit de libre circulation. -La reconnaissance de zones d’influence privilégiée. C’est l’Angleterre qui a commencé. Par le traité de 1842 mettant fin à la 1re Guerre de l’Opium elle obtenait la cession de Hong Kong et l’ouverture de 5 ports. En 1898 elle a eu la concession pour 99 ans des Nouveaux Territoires ; la direction des Douanes ; une zone d’influence dans la vallée du Yang Tsé Kiang et sur la côte de Shanghaï à Canton ; ainsi que des concessions pour construire des chemins de fer entre Kowloon et Canton et entre Shanghaï et Han Kéou. La Russie s’est appropriée les Provinces Maritimes de Sibérie (Vladivostok) en 1862. Elle a obtenu en 1896 la concession pour 25 ans de Port Arthur et Daïren (Dalny) ; le droit de construire un chemin de fer à travers la Mandchourie pour raccourcir le trajet du Transsibérien. Sa zone d’influence s’étendait sur la Corée (pays indépendant mais vassal de la Chine) et la Mandchourie, avec concession pour la construction de chemin de fer. Le Japon ayant gagné en 1904 sa guerre contre la Russie s’est substitué à la Russie dans ces avantages, sauf en ce qui concerne la possession des Provinces Maritimes de la Sibérie. Le Japon a obtenu la cession de Formose en 1894, accompagnée d’une énorme indemnité de 800 millions de francs-or. Sa zone d’influence était la province du Foukien. Puis, à partir de 1905, la Mandchourie, qu’il annexe en 1931 ; et la Corée, annexée dès 1910. L’Allemagne s’est manifestée vigoureusement dès 1898 : concessions à bail pour 99 ans de Kiao Tchéou et de Ts’ing Tao ; zone d’influence sur le Chan Tong ; concessions d’exploitations minières et de construction de chemins de fer. Ces avantages passeront au Japon en 1918. Quant à la France elle a poursuivi l’idée qui a été un peu à l’origine de ses interventions en Indochine : détourner les richesses des provinces du sud-ouest de la Chine au profit de l’Indochine par la vallée du Fleuve Rouge. En plus des concessions obtenues dans des villes chinoises, notamment à Shanghaï en 1862 et à Hankéou en 1860, elle a obtenu dès 1885 la reconnaissance d’une zone d’influence dans les provinces du Yunnan, du Kouang Si et du Kouang Tong occidental. Puis en 1898 la cession à bail du territoire de Kouang Tchéou Wan pour 99 ans, la direction de l’Administration des Postes ; le droit de construire un chemin de fer du Tonkin à Yunnanfou ; d’exploiter des mines au Yunnan ; le droit de prolonger le chemin de fer de Lang Son vers Canton ; le droit de participer à la construction d’un chemin de fer reliant Pékin à Hankéou. L’Italie n’a jamais pu obtenir à titre national des avantages. Les Etats-Unis n’en ont pas recherché, mais ont tiré profit de certains. La Chine se trouvant aux côtés des Alliés lors de la Seconde Guerre Mondiale, les Grandes Puissances Occidentales ont, en 1942-43, annulé les Traités Inégaux et rendu plus ou moins rapidement (Hong Kong en juillet 1997) les avantages qui en découlaient, sauf la Russie qui a gardé les Provinces Maritimes de Sibérie. (Comité de Rédaction) Sur la révolte des Boxers, voir AP4647. Sur le siège des Légations à Pékin par les Boxers, voir AP4648. Sur les chemin de fer sur le Yunnan, voir AP2125. Sur le chemin de fer de Lang Son et vers la Chinen voir AP3613.

Mots Clefs : Chine Guerre 1901 Document