AP4782-Despierres

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Titre : Saïgon, vers 1930 – Le tombeau de l’évêque d’Adran

Notice : Carte postale éditée par L. Crespin à Saïgon dans les années 30 (tirage bistre). Ce tombeau se trouvait au nord de Saïgon, sur le Tour de l’Inspection (voir AP2456) à Tan Son Nhut. Il était entouré d’un grillage et l’entrée était protégée par un écran en maçonnerie orné d’un tigre bleu. Voir la statue de l’évêque d’Adran (accompagnant le prince Cahn) sur la place de la Cathédrale de Saïgon à la vignette AP4077. Notule : Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d’Adran Pierre Pigneau de Béhaine est né le 2 novembre 1741 à Origny-enThiérache (Aisne). Il entre aux Missions Etrangères de Paris et part pour les Indes en 1765. A Madras, il est sacré en 1770 évêque in partibus d’Adran puis, en 1774, vicaire apostolique de Cochinchine et du Cambodge. A cette époque le roi de Cochinchine a été chassé de son trône (à Hué) par la révolte des Tay Son de 1773. Seul le prince Nguyen Anh, âgé de 17 ans, échappa au massacre de toute la famille royale en 1778. Il fut recueilli après bien des péripéties par Mgr Pigneau de Béhaine. Celui-ci s’attacha à la cause de son protégé et lui proposa de plaider en sa faveur près de Louis XVI à l’occasion de son prochain voyage en France en 1786. Nguyen Anh lui conféra le titre d’ambassadeur pour le représenter dans les futures discussions avec le roi de France et lui confia son fils aîné le prince Canh, âgé de 6 ans. Pigneau de Béhaine, tout comme Louis XVI, virent dans cette circonstance la possibilité pour la France de garder une influence politique, commerciale et religieuse en Asie orientale et de contrebalancer ainsi l’influence de l’Angleterre qui venait de réduire pratiquement la présence française en Inde à néant : par la paix de Versailles de 1783 la France ne maintient sa souveraineté que sur 5 comptoirs, avec Pondichéry comme capitale. Pigneau de Béhaine obtint de Louis XVI un traité signé à Versailles le 28 novembre 1787 par lequel le roi accordait une aide d’un million de francs et un soutien militaire important (10 frégates et environ 3000 soldats et marins) à prendre aux Indes sur le chemin de retour, avec en contrepartie la cession de Tourane (alors un petit port de pêcheurs) et de Poulo Condor, des avantages commerciaux et la liberté du culte catholique. Mais à Pondichéry, Conway, le gouverneur des possessions françaises dans l’Inde, ne tint pas les engagements du roi. C’est Mgr Pigneau de Béhaine lui-même qui s’assura le service d’une vingtaine de volontaires (officiers, techniciens, médecins, quelques-uns même venant de l’île de France) et de 350 matelots. Il acheta armes et munitions. Les deux navires de transport furent armés par des négociants français de Pondichéry pensant qu’ils pourraient développer un commerce avec le royaume de Cochinchine. C’est avec l’aide de ce contingent débarqué au Cap Saint-Jacques le 24 juin 1789 que Nguyen Anh organisa une armée, une marine et une administration. Et c’est avec l’aide constante de Mgr Pigneau de Béhaine devenu son conseiller et ministre qu’il put reconquérir son royaume (Hué reprise le 15 juin 1801) et même fonder sa dynastie (celle des Nguyen) en se faisant proclamer empereur sous le nom de Gia Long en 1802 à Hanoï, capitale traditionnelle. Au cours des opérations, lors du siège de Qui Nhon, Pigneau de Béhaine mourut, épuisé par la dysenterie, le 9 octobre 1799. De grandioses funérailles nationales, avec toute la Cour, y compris les femmes, fait rarissime, lui furent faites. Il fut enterré près de Saigon, à Gia Dinh, dans un tombeau édifié dans le petit jardin qu’il cultivait autrefois. La statue édifiée place de la Cathédrale à Saïgon le montrant tenant le prince Canh par la main, date de 1902. En 1920 la place de la Cathédrale prit le nom de place Pigneau de Béhaine. En 1914 un musée a été installé dans sa maison natale. En 1936 une stèle fut élevée au lieu où se trouvait sa maison à Saïgon, près du Jardin Botanique. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Saïgon Vers 1930 Tombeau Nguyen Anh Pigneau de Béhaine