AP4691-Lesterlin

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Titre : Tonkin, 1885 – Interprète

Notice : Notule : Interprète Le docteur Hocquard, comme la plupart des Français qui devaient utiliser les services des interprètes, se méfiait beaucoup d’eux ; il écrivait : « ../…Quand donc connaîtrons-nous suffisamment la langue du pays pour nous débarrasser de ces intermédiaires peu scrupuleux qui volent sous notre nom et qui nous compromettent vis-à-vis des populations du Tonkin ? Les serviteurs d’un mandarin, qui touchent une solde dérisoire, ont l’habitude d’exploiter l’influence de leurs maîtres pour augmenter leurs émoluments ; les Annamites à notre solde, bien que grassement payés, cherchent à notre insu à agir de même. Lorsqu’un indigène a une affaire à traiter avec un fonctionnaire français, il faut bon gré mal gré qu’il passe par l’intermédiaire de son interprète ; s’il ne s’est pas au préalable rendu cet interprète favorable par un cadeau, celui-ci s’arrange pour mal présenter la requête, qui n’aboutit pas. Voilà pourquoi les interprètes et les lettrés que nous employons font si vite fortune ; j’en connais qui, pauvres et déguenillés en entrant à notre service, se sont retirés au bout d’un an ou deux avec une maison et de belles rizières. L’exemple suivant est bien fait pour montrer avec quelle incroyable impudence ils trafiquent de notre nom pour s’enrichir. Un interprète demeurant à Hanoï avait, pour pénétrer dans la Concession, un laissez-passer signé du général et timbré du cachet de la place. Il se rendit un jour à un village situé à une assez grande distance de la ville, loin des routes les plus fréquentées, et là, exhibant la pièce officielle, il annonça aux notables qu’il était envoyé par les Français pour percevoir l’impôt. Il se fit ainsi donner un certain nombre de barres d’argent, qu’il se garda bien de porter à son maître…/… » (Comité de Rédaction) Sur les photographies du docteur Hocquard, voir AP4686.

Mots Clefs : Tonkin 1885 Auteur : Hocquard Portrait – Studio Interprète – Traducteur Costume – Vêtement