AP4647-Gueylard

AP4647-Gueylard

Titre : Chine, 1900 - Expédition internationale contre les Boxers (1)

Notice : Carte postale allemande : Deutsche Druckerei & Verlagsanstalt, Shanghai. Le comte Waldersee inspectant les troupes allemandes. Le maréchal comte Alfred von Waldersee (1832-1904) fut désigné par Guillaume II pour prendre le commandement de l’expédition internationale contre les Boxers, commandement revenant à l’Allemagne du fait que son Ministre à Pékin y fut assassiné. Voir notule ci-après. Cette carte postale fait partie d’une série achetée par Abel Gueylard lors de sa mission en Chine en qualité de représentant de la Société Fives-Lille. Il y en a 11 qui ont trait à l’expédition internationale envoyée à Pékin en 1900 pour libérer les Légations assiégées par les Boxers. Sur la biographie et le fonds Gueylard, voir AP3574. Notule : La Révolte des Boxers en Chine (1896-1900) "Boxers" est le nom donné par les Occidentaux aux membres d’une société secrète chinoise née à la fin du XIXe siècle. Etant donné la période évoquée, les noms seront donnés dans la transcription de l’Ecole Française d’Extrême-Orient, avec entre parenthèse la transcription pinyin (pour la première fois seulement). Les Sociétés Secrètes ont toujours existé, nombreuses, en Chine. On les dénomme aussi "Sectes" car elles se parent souvent d’un caractère religieux, plus ou moins mystique ou ésotérique, s’intégrant assez bien somme toute dans le courant de pensée du taoïsme. Marcel Granet, parlant de la période des Han (de -200 à +200), écrit, dans "La civilisation chinoise" (Paris, 1929) : "La vieille idée que le prince est responsable de l’ordre des saisons et de la prospérité du pays restait valable pour l’Empereur. Dans le pays vaste et divers qu’est devenue la Chine des Han, il y a sans cesse quelque canton éprouvé par l’inondation ou la sécheresse. Dès que se relâche la police impériale et que le gouvernement ne pourvoit plus au ravitaillement local, une bande de révoltés se forme. Lorsqu’on n’est pas capable de l’enrégimenter pour la jeter sur les Barbares ou l’employer à de grands travaux publics, elle est vite animée de sentiments antidynastiques et embrigadée par quelque aventurier." Et il cite deux exemples : -Les Sourcils rouges, en l’an 14, mouvement né au Chan Tong (Shandong) à la suite de la rupture des digues du Fleuve Jaune et d’une famine ; -Les Turbans (ou Bonnets) jaunes, en 184, nés au Sseu Tch’ouan (Sichuan). Et il y en eut bien d’autres ; par exemple, les Turbans rouges, au Kouang Tong (Guandong) en 1855-1857 ; les Petits Couteaux, à Shanghaï, même époque. Et surtout celle des Taiping, dont la nom complet est T’ai P’ing T’ien Kouo (=de la Grande Paix/le Céleste Royaume), mouvement né en 1851 dans la vallée du Yang Tseu Kiang (Yangzijiang). Elle fut matée en 1864 grâce à l’appui de forces étrangères (notamment de l’anglais Gordon). Les derniers rebelles se réfugièrent au Tonkin où ils furent connus ensuite sous le nom de Pavillons Noirs (voir AP4658). Du fait de l’origine de ces mouvements, ceux-ci sont souvent antidynastiques et donc pourchassés par le pouvoir en place. Rien n’a changé dans la Chine éternelle : voyez le mouvement Falungong que le pouvoir de Mao et de ses successeurs cherche à détruire depuis. Quant à la société secrète des Boxers son vrai nom est Yi Ho T’ouan (Yihetuan) (=Justice/ Concorde/Association). Son symbole était un poing fermé, d’où le nom donné par les occidentaux. Elle est née en 1896 d’un sentiment de révolte contre la dynastie Ts’ing (Qing) qui venait de perdre successivement : en 1894 la péninsule de Leao Tong (Liaodong), en 1894 Taiwan, en 1895 la Corée ; sentiment renforcé par de nouveaux abandons en 1898 : à l’Allemagne au Chan Tong, à l’Angleterre les Nouveaux Territoires au nord de Kowloon, à la France Kouang Tchéou Wan. Et plus généralement la dynastie était jugée incapable d’empêcher depuis 1842 une mainmise étrangère, territoriale et financière, sur l’Empire (voir AP4941 sur le dépeçage de la Chine). Ce mouvement fut d’abord dirigé contre les chrétiens et les étrangers (représentés par des porcs et des chèvres, à tête verte). Son premier slogan était: "Tue les chrétiens, tue les barbares". Son activité se situait le long du Grand Canal, dans sa partie au nord du Fleuve Jaune. Toujours le long du Grand Canal mais au sud du fleuve s’activait une autre société secrète, celle des Grands Couteaux, à l’objectif similaire. A la suite d’inondations dans le Chan Tong en 1898, de sécheresse dans le Petchii en 1899, suivies d’une disette, l’action de ces sociétés s’amplifie. Le pouvoir central, emmené par le prince Touan, relayé par le gouverneur du Chan Tong, réussit à canaliser le mécontentement contre les seuls étrangers ; le slogan des Boxers devint alors : "Soutiens les Ts’ing et détruis l’étranger". L’impératrice Tseu Hi (Cixi) signa même en janvier 1900 un édit impérial reconnaissant le caractère patriotique du mouvement des Boxers. Le mouvement devint alors beaucoup plus violent. Il attaqua fin mai 1900 des établissements étrangers, des concessions (notamment à Tien Tsin) et finalement le 13 juin le quartier des Légations à Pékin. Cette attaque contraire aux usages diplomatiques provoqua la mise sur pied d’une expédition internationale réunissant les contingents de 8 nations : Allemagne, Russie, Japon, France, Angleterre, Italie, Etats-Unis et Autriche-Hongrie (voir les drapeaux de ces nations en AP4941). Elle libéra les Légations le 14 août. Sur ce siège de 55 jours et sur les opérations militaires de cette période, la notule suivante AP4648 donne plus de détails. L’impératrice, déguisée en paysanne, s’enfuit vers le Chen Si (Shaanxi). Manifestement la dynastie ne jouissait plus. du mandat du Ciel : ses jours étaient comptés . (voir ce qu’il est dit sur ce sujet à AP3226). Voici la suite des événements. Un protocole signé le 7 septembre 1901 par 11 nations (les 8 ayant participé à l’expédition énumérées ci-dessus, plus 3 autres ayant une Légation à Pékin: Belgique, Hollande et Espagne) impose à la Chine de prendre de sévères sanctions contre les dirigeants des Boxers (notamment contre le prince Touan), de fournir des garanties pour la sécurité et de verser une forte indemnité de près de 2 milliards de francs-or. Ts’eu Hi ne reviendra à Pékin qu’en août 1902, après avoir accepté ce protocole. Toute cette période a été évoquée de façon romancée mais historiquement correcte par Pearl Buck dans le 5e chapitre de son livre "Impératrice de Chine" (Paris, 1956). Ts’eu Hi meurt en 1908, ainsi que l’empereur Kouang Siu (Guang Xu, né en 1872, empereur "officiel" depuis 1875, mais gardé sous tutelle par sa tante Ts’eu Hi). L’empereur P’ou Yi (Puyi), né en 1906, lui succède. La dynastie Ts’ing prend fin en 1911 par la proclamation de la République le 29 novembre 1911 et l’abdication de P’ou Yi le 12 février 1912. (Comité de Rédaction) Sur le siège des Légations et les 55 jours de Pékin, voir AP4648. Sur les Traités Inégaux et le dépeçage de la Chine, voir AP4941.

Mots Clefs : Chine 1900 Révolte des Boxers Expédition militaire Carte postale allemande