AP4526-Denis-Frères

AP4526-Denis-Frères

Titre : Annam, Nha Trang, 1925 – Barques annamites

Notice : Photographies prises lors du voyage du représentant de la Société Denis Frères de Saïgon à Hué. Notule : Navigation maritime au Viêt Nam – Techniques (généralités) La construction navale vietnamienne traditionnelle est, comme son architecture, une synthèse d’influences chinoises dans le Nord, indonésiennes ou indiennes, arabes ou occidentales dans le Sud. Son originalité a été de combiner harmonieusement les données de ces différentes techniques pour réaliser des embarcations souvent plus maniables que leurs modèles (P. Paris). Malgré l’absence de calfatage (sauf exception) et d’assemblages métalliques, les bateaux vietnamiens avaient de réelles qualités nautiques. Contrairement aux modèles indiens, malais et japonais, ils ont, comme les modèles chinois, résisté au contact de la construction européenne (P. Paris). La technique d’assemblage traditionnelle des charpentiers de marine vietnamiens est beaucoup plus savante que celle des autres charpentiers. Ils se servent surtout de chevilles en bois spéciaux (bois de Tra Da, de Dap, de Vo Do à Qui Nhon) qui serrent les pièces de bois aussi bien que des carvelles de fer mais ne les attaquent pas. Jamais elles ne pourrissent et elles peuvent durer une vingtaine d’années. La cheville séchée au soleil ou à feu doux est enfoncée, la tète étant généralement à l’extérieur de la coque. L’extrémité pointue saillante est fendue au ciseau perpendiculairement au fil du bois de l’assemblage et distendue par un coin enfoncé à force puis abrasée, de même que la tête, au droit de l’assemblage (Sallenave). La dérive coulissant sur l’étrave, le gui à rouleau, les navires à coque flexible en bambou tressé (imaginée à Ha Dong par Tran Ung Long au Xe siècle), les voiles à lattes compensées, le gouvernail à mèche coulissant dans l’étambot, sont des créations vietnamiennes qui ne se rencontrent nulle part ailleurs. Les modèles utilisés varient beaucoup du Nord au Sud, depuis les radeaux à voiles de Sam Son et de Thanh Hoa (Ghe Be), construits en bambou et comparables aux balsas du Pérou, de l’autre côté du Pacifique, jusqu’aux sampans de la baie d’Along (dont les formes ont été copiées par les yoles de course nordiques) et aux jonques d’inspiration chinoise. Celles-ci sont caractérisées par leur ligne d’eau fine à l’avant, leur maître-couple en arrière (et non en avant du milieu du navire), leur château arrière, leur absence de quille et leurs voiles lattées, adoptées avec succès par les racers de course d’Europe et d’Amérique. Sur tous les bateaux, les voiles sont en toile de coton ou en lattes (dans le Nord), en feuilles de latanier (dans le Centre) et en paille de riz (dans le Sud). De tels bateaux pouvaient faire les voyages de Chine, des Philippines, de Batavia, de Singapour, du Siam et des Indes. (Extrait de Connaissance du Viêt Nam – Pierre Huard et Maurice Durand – Réédit. EFEO 2002)

Mots Clefs : Annam Khan Hoa Nha trang 1925 Pêche – Embarcation