AP4348-Denis-Frères

AP4348-Denis-Frères

Titre : Cochinchine, 1925 – Irrigation – Une technique

Notice : Notule : Irrigation Les Vietnamiens ont été de grands remueurs de terre et ont conçu la possibilité d’une hydraulique agricole rudimentaire, à la chinoise, dont le premier élément, à l’aube de leur histoire, a été la digue. A partir du XVe siècle, ils ont eu comme programme : – Le creusement et l’aménagement des petits arroyos ; – La constitution, après les inondations, de réserves d’eau entretenues par des diguettes ; – L’irrigation des terres sèches, soit par des machines, soit par un système de drainage. Dans le Viêt Nam central, on a trouvé des vestiges de canaux paraissant d’origine cham. Les Vietnamiens n’avaient pas les moyens d’utiliser la merveilleuse mais dangereuse réserve d’eau constituée, en toute saison, par le lit des grands fleuves. Ils n’ont pu réaliser que des captations locales de petits cours d’eau aux crues inoffensives. A ce point de vue, ils ont presque toujours évité les importants travaux de terrassement nécessaires pour abaisser les terrains en enlevant une tranche, allant jusqu’à soixante-dix centimètres d’épaisseur, pour amener l’eau directement dans chaque carré de rizière au moyen de canaux secondaires. Leurs préférences sont allées à l’élévation de l’eau d’une rizière à l’autre, soit à bras, soit par des machines. Dans le Nord Viêt Nam, l’élévation de l’eau d’une rizière inférieure à une rizière plus haute se fait avec un panier de bambou (Gau), rendu étanche par un mastic de laque et fixé à l’extrémité de quatre longues cordes. L’opération se dit « Viet Tat Nuoc ». Quarante hectolitres d’eau sont élevés ainsi en une heure de travail continu (voir AP4369 à AP3471). Lorsque la dénivellation entre les deux nappes d’eau à mettre en communication n’est pas très grande et lorsque le réservoir inférieur est peu profond, un homme seul est nécessaire à l’élévation de l’eau. Il se sert d’un panier naviculaire (Gau Song), terminé par un long manche et suspendu à un trépied de bambou par une corde. Le rendement est supérieur à celui du panier à quatre cordes. Dans le Centre Viêt Nam, on utilise une longue cuiller (Cai Gao Tat Nuoc) et un seau en bambou tressé, solidaire d’une longue perche oscillante fixée au sommet d’un pieu (Cai Can Vot). Il faut remarquer le caractère simple, pratique et ingénieux des procédés employés pour élever l’eau; panier simple ; panier à corde ; écope à balancier dont les plus pauvres paysans du Nord Viêt Nam savent jouer avec maestria. En dehors de l’écope, l’agriculture vietnamienne a utilisé des roues élévatoires, soit mues par le courant d’une rivière (célèbres roues de Quâng Ngai), soit mues par des buffles, soit mues par l’homme. Dans cette dernière catégorie se classent les norias à palettes (Guong), importées de Chine dans le Thua Thien par Ly Van Phuc, ambassadeur de Minh Mang à la Cour de Pékin. Cette roue utilise le pédalage, méthode permettant un rendement maximum avec un effort minimum. A une époque plus récente, le tympan romain et la roue d’Archimède à pédales ou éolienne ont été utilisés dans le Sud-Viêt Nam. (D’après Pierre Huard et Maurice Durand – Connaissance du Viêt Nam – EFEO – Réédition 2002)

Mots Clefs : Cochinchine 1925 Riz – Rizière Paysan = Agriculteur Irrigation