AP4343-Denis-Frères

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Titre : Cochinchine, 1925 – Rizières à perte de vue

Notice : Notule : La culture du riz Il y a près de deux mille variétés et sous-variétés de riz ; mais trois sous-espèces sont fondamentales : – Le riz dur (Oryza sativa Lin. var. dura) ; – Le riz gluant (Oryza sativa Lin. var. glutinosa) ; – Le riz flottant (Oryza sativa Lin. var. fluitans) dont la tige s’allonge en même temps que la montée de la crue d’inondation jusqu’à cinq à six mètres. A. Semailles Le riz de semence, enfermé dans un panier, est exposé un jour à l’eau et trois jours à l’air. Il est ensuite semé très serré sur la boue détrempée et fumée où il ne tarde pas à former un gazon très dense et très vert. (Ce travail est le plus souvent effectué par les femmes). B. Labourage Le laboureur n’attelle souvent qu’un seul buffle à sa charrue (Cai Cay). Il défonce le sol sans tracer de sillons rectilignes. Ce sol est quelquefois recouvert de 6o à 8o centimètres d’eau (travail effectué traditionnellement par les hommes). C.Hersage Le terrain est drainé après le labourage. Les mottes de terre détrempées sont pulvérisées à la herse (Cay Bua) (travail effectué traditionnellement par les hommes). D. Déplantation et repiquage du riz Un mois environ après les semailles, on arrache les jeunes plants des pépinières (Nho Ma), on coupe l’extrémité supérieure des tiges et on les dispose en petites bottes uniformes que l’on lie et que l’on transporte dans le champ à repiquer. Cette opération se fait à la main, par touffes de tiges, enfoncées d’un seul coup dans la vase molle en les espaçant les unes des autres de quinze à vingt centimètres. Une pépinière d’un hectare permet de repiquer (Cay) un champ de dix hectares. (Ce travail est le plus souvent effectué par les femmes). E. Irrigation Les Vietnamiens ont été de grands remueurs de terre et ont conçu la possibilité d’une hydraulique agricole rudimentaire, à la chinoise, dont le premier élément, à l’aube de leur histoire, a été la digue. (Travail mixte). Sur l’irrigation au Viêt Nam, voir AP4348. F. Moisson Elle dépend du rythme des pluies auxquelles s’ajoutent les eaux d’inondation et celle des rivières refoulées par la marée. Dans le Nord, il y a souvent deux récoltes (5e et 10e mois), la seconde étant la plus importante parce qu’elle correspond à la saison des pluies. En descendant vers le Sud, la récolte est décalée vers le début de l’année (3e et 8e mois au Centre Viêt Nam, 1er et 8e mois dans le Viêt Nam Sud). Dans le Nord, les rizières moissonnées en juin sont dites du 5e mois, celles moissonnées en décembre du 10e mois. Certaines rizières donnent deux récoltes. Le riz est coupé à la faucille (Cai Hai), à mi-hauteur de la paille. S’il y a beaucoup d’eau, les gerbes sont déposées sur un petit bateau de bambou tressé qui suit les moissonneurs. (Travail mixte). G. Battage Le battage du riz comprend deux opérations. Le battage proprement dit est exécuté en frappant sur une pierre plate ou un billot de bois la gerbe saisie dans une corde, terminée par deux bâtonnets de bambou. Puis la gerbe suffisamment égrenée est passée à une ouvrière qui la foule sous ses pieds pour détacher les derniers grains. H. Vannage Il se fait au moyen d’un van comme en Europe. La paille (Rom) sert à nourrir les bestiaux l’hiver et à chauffer les fours à briques. I. Décorticage Le moulin à décortiquer (Coi Xay) se compose d’une meule mobile actionnée sur une meule dormante au moyen d’une bielle à main qui lui communique un mouvement de rotation sur son axe. Les meules cylindriques sont constituées par une série de lames dures de bambou, placées en bout, légèrement inclinées, serrées et frettées solidement. L’appareil est alourdi au moyen d’un mastic d’argile. Le riz tombe, avec la balle, dans une grande corbeille qu’on appelle « Cai Nong ». J. Blanchissage Le riz décortiqué, incomplètement nettoyé, est traité dans un mortier de pierre où percute un pilon de bois, actionné par un lourd levier mû au pied. Le grain est ensuite passé au crible que la femme tient dans la main. Les brisures de riz (Tam) et le son (Cam) sont réservés aux cochons. La balle de paddy (Chau) sert de combustible pour chauffer les fourneaux de terre et pour fumer les viandes et le poisson. (D’après Pierre Huard et Maurice Durand – Connaissance du Viêt Nam – EFEO – Réédition 2002) Des illustrations des diverses opérations décrites dans cette notules figurent dans le fonds Schneyder-Geuthner (voir AP2719, AP2734, AP3063 à AP3066 etc.) et dans la plaquette publicitaire Denis-Frères (AP4142 et suivantes).

Mots Clefs : Cochinchine 1925 Riz – Rizière Paysage