AP4339-Denis-Frères

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Titre : Cochinchine, Cap Saint-Jacques, 1925 – Plantation de caoutchouc – Maison du directeur

Notice : Notule : Caoutchouc Le caoutchouc naturel. Ce mot vient d’une langue indigène du Pérou qui veut dire « bois qui pleure ». L’existence du caoutchouc, déjà connu des Mayas, est mentionnée pour la première fois en Europe en 1521 par un historien espagnol. Sa première description en France date de 1751 lorsque de La Condamine fit son rapport à l’Académie des Sciences de Paris à l’issue de sa mission de géodésie au Pérou (1736-1744). Le caoutchouc est naturellement produit par de nombreux végétaux : arbres (hévéa, ficus), lianes (landolphia), arbustes (guayule). Son usage industriel ne s’est développé qu’après la découverte en 1839 par l’Américain Goodyear du procédé de vulcanisation. C’est le moyen de faire passer le caoutchouc d’un état plastique à un état élastique irréversible sous l’action combinée du soufre et de la chaleur. Les premiers essais de culture raisonnée à grande échelle furent faits en Inde dès 1863 à partir du ficus ; mais sans succès. Ils furent abandonnés en 1875. Le vrai essor date de 1876, jour où l’Anglais Wickham réussit à sortir en fraude du Brésil 70.000 graines d’Hévéa Brasiliensis et à les apporter à Londres (Kew). De jeunes plants qui en étaient issus furent expédiés à Ceylan (1880). Et de là ils se sont répandus dans toute l’Asie du Sud-Est : Malaisie, Thaïlande, Insulinde, Indochine. Le caoutchouc synthétique. La production d’un caoutchouc de synthèse a été réalisée en laboratoire en 1879 par le Français Bouchardat. Mais la première production industrielle a eu lieu en Allemagne qui en a fabriqué 2500 tonnes entre 1915 et novembre 1918. Ce pays a fortement développé la production de caoutchouc synthétique à partir de 1930 (le Buna) du fait de son système d’économie en autarcie. Après guerre cette industrie utilisant des dérivés du pétrole a fortement progressé et la production de caoutchouc synthétique a dépassé celle de caoutchouc naturel vers 1960 et en représentait déjà en 1980 plus du double (9 millions de tonnes contre 4). Données pour l’Indochine. Le premier essai a été fait dans la région de Gia Dinh en 1897 avec des plants rapportés de Java. Dès 1898, 15.000 hévéas furent plantés aux environs de Saïgon. Le début des grandes plantations en Terres Rouges date de 1904 (Suzannah) ; puis à Xuan Loc et à Bien Hoa en 1906-07, et en 1910 à Hon Quan. Superficie plantée (en 1000 hectares) Ci-dessous, pour chaque région, 4 chiffres : superficie plantée en 1924 ; en 1931 ; dont en Terres Grises ; dont en Terres Rouges : Cochinchine 30,0 97,8 56,9 40,9 Annam 1,2 1,9 0,6 1,3 Cambodge 2,0 26,7 0 26,7 Total 33,2 126,4 57,5 68,9 Le % de superficie en saignée était de 25 en 1931. Ce % s’est ensuite rapproché de la normale de 33. Le rendement en caoutchouc sec en 1931 a été de 333 kg/ha/an (280 en Terres Grises et 400 en Terres Rouges, avec des pointes à 700). Mais ce rendement s’est amélioré ensuite au fur et à mesure que les nouveaux arbres entrant en production provenaient de plants greffés et surtout sélectionnés. Production (en tonnes) : 1910 : 35, 1915 : 300, 1920 : 3700, 1930 : 10450 (dont 4750 en Terres Grises et 5700 en Terres Rouges), 1937 : 50000 (Cochinchine 36700, Annam 300, Cambodge 13000). En 1940 il restait en Cochinchine 700 petits propriétaires de plantations de moins de 40 hectares, représentant 6% de la superficie totale cultivée, reliquat de l’engouement qui avait saisi dès 1920 environ 4000 Saïgonnais pour investir leurs économies dans le défrichement de Terres Grises le plus près possible de Saïgon. Part de l’Indochine dans la production mondiale de caoutchouc (en millions de tonnes) Indochine Monde Monde en naturel en synthétique 1938 0,06 0,9 0,006 1960 0,12 2,0 2,4 1996 0,18 6,0 10,0 (Comité de Rédaction) Sur le Cap-Saint Jacques, voir AP2108. Sur Hévéas en Terres Grises, voir AP3584. Sur Hévéas, voir AP1799.

Mots Clefs : Cochinchine Ba Ria Cap Saint-Jacques 1925 Habitat colonial Plantation – Caoutchouc