AP0430-Despierres

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Titre : Saïgon, 1930 – La cathédrale

Notice : La façade de la cathédrale, vue depuis le sud-est. Elle est précédée par un square au milieu duquel s’élève la statue de l’évêque d’Adran, protecteur du petit prince Canh. Notule : Historique de la Cathédrale de Saïgon « La première église de Saïgon semble avoir été une vieille pagode abandonnée au bord de la rivière, transformée en église en 1850 par Mgr. Lefebvre. Rapidement devenue insuffisante, elle fut remplacée par les soins de l’amiral Bonard par une grande construction, surtout en bois (1863-1865) qui, dévorée par les fourmis blanches ne dura pas longtemps et dut être remplacée par l’usage de la salle des fêtes de l’ancien palais des gouverneurs , « magnifique maison de bois dont la charpente avait été achetée à Singapore » et qui pouvait contenir plus de 600 personnes (1874). En ce temps du régime de l’ordre Moral, la dignité de la France et de la religion exigeait qu’on fit mieux ; autant qu’un traité de protectorat signé à la cour de Hué (1874), la construction monumentale d’une nouvelle France d’Asie affirmerait sans ambiguïté la détermination des colonisateurs de s’installer définitivement dans le pays. Après un concours public entre plusieurs architectes, l’amiral Duperré (1874-1877) fit le choix de M. Boudard, de Paris, pour diriger à forfait les travaux. Après quelques hésitations, on décida l’emplacement de la nouvelle église, à la partie la plus haute de la ville, au haut de la rue Catinat (Tu Do) menant tout droit à la rivière, d’où on apercevait facilement le bel édifice. Le 7 octobre 1877, Mgr Colombert, évêque de Samosate, posa la première pierre de l’édifice ; le 11 avril 1880, il pouvait déjà l’inaugurer en présence du premier gouverneur civil, Le Myre de Vilers, après seulement deux ans et demi de travaux. L’église mesure 133 m de long du porche à l’extrémité du chevet. Les tours s’élèvent à 36,60 m au-dessus du sol et les flèches dont on les a surmontées en 1894 portent leur hauteur à 57 m. Il y a, dans les deux tours, une sonnerie de six cloches pesant 25.850 kgs. (Notes : Sol, La, Si, Do, Ré, Mi.) C’est un bâtiment d’allure bien traditionnellement française, d’extérieur semblable aux églises romanes des XI et XIIe siècles, d’intérieur voûté à la manière ogivale des XIIIe et XIVe siècles, comme on aimait les faire au siècle dernier. On n’a pas adapté le style aux conditions locales : l’aération y est même plutôt défectueuse, et n’a été qu’un peu améliorée, vers 1942, par le percement de petites ouvertures dans les murs des chapelles latérales. Cependant, la dédicace qu’on peut lire sur une plaque au côté droit du transept, a été faite à « Saint François Xavier », évangélisateur non-violent de l’Extrême-Orient au XVIe siècle, en même temps qu’à la « Bienheureuse Marie Vierge Immaculée » et le bâtiment n’a pas été orienté vers le tombeau de Jésus, mais selon le plan déjà tracé de la ville. Cet édifice, dont l’architecture sans artifice laisse comprendre l’organisation, masse de briques roses rythmée par des chaînes de pierre grises, harmonie de volumes hiérarchisés, reste une expression du bon sens organisateur, suggérant la grandeur sans écraser ni exalter l’individu. «  (D’après l’Etude de quelques monuments représentatifs de l’art français à Saïgon dans les années 1877-1908 par Lê Thi Ngoc Anh in BSEI – 1973) Tout compris, construction et ameublement de l’église, les frais, supportés par la Colonie, ont été de deux millions cinq cent mille francs (2.500.000 fr.). En face de la Cathédrale, au milieu du parterre qui orne la place. s’élève depuis 1902 la statue de Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d’Adran, due au talent de M. Lormier. L’érection en a été faite avec beaucoup de solennité et devant une foule nombreuse, sous la présidence de Mgr Mossard, qui a béni le monument et de M. De Lamotte, lieutenant gouverneur de la Cochinchine. Vicaires Apostoliques de la Cochinchine Occidentale : Dominique Lefebvre, de 1852 à 1865. Jean-Claude Miche, de 1865 à 1873. Isidore Colombert, de 1873 à 1894. Jean-Marie Dépierre, de 1895 à 1898. Lucien Mossard, de 1898 à 1920. Victor-Charles Quinton de 1920 à 1924. Isidore Dumontier, depuis 1926. (Extrait de « L’Indochine Moderne » 1931 – Teston et Percheron – Librairie de France)

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1930 Architecture coloniale Edifice religieux