AP4288-Denis-Frères

AP4288-Denis-Frères

Titre : Saïgon, 1925 – Pousse-pousse sur la place du Théâtre

Notice : Au fond, l’Hôtel Continental. Sur le Théâtre de Saïgon, voir AP3586. Notule : Pousse-pousse C’est un véhicule léger à deux roues, avec une large banquette pour en principe une personne, muni d’une capote rabattable. Il est tiré par un homme entre deux brancards en bambou sur lesquels il s’appuie à une distance telle qu’il contrebalance à peu près le poids de la charge transportée ce qui lui permet de trottiner sans trop de fatigue. Comme le pousse-pousse (appelé couramment pousse) est beaucoup plus pratique que la voiture à cheval (type Tilbury) ou que le palanquin très pénible aux porteurs, seuls moyens disponibles auparavant, il eut un succès considérable. Le pousse est apparu au Japon vers 1867 sous le nom de jinrikisha (3 caractères voulant dire : homme/force/véhicule). Il se répandit dans tout l’Extrême-Orient sous le vocable anglicisé de « rickshaw » (voir AP4272). Il fut adopté en Chine sous l’appellation de « jen-li-tcheu », (renliche en pinyin), mêmes trois caractères, de même sens. Il est parvenu à Hanoï en 1884, sous le nom de Xé Kéo (véhicule/tirer ; prononcé Sièkéo ; souvent abrégé en Kéo). A l’origine , cette voiturette était maniée par deux personnes, l’une tirant et l’autre poussant. D’où son nom de pousse-pousse. Mais quand elle se fit plus légère, un seul tireur fut suffisant (voir AP2030). Beaucoup de familles d’occidentaux possédaient leur pousse particulier. Ces « pousse de maître » étaient confortablement équipés : sièges capitonnés, pneus ballons, lanternes de cuivre, suspension à ressorts. Le tireur revêtait un bel uniforme à bordure blanche (voir AP1323). Ce pousse servait à conduire les enfants à l’école (voir AP1824), Madame au marché (voir AP2087) ou Monsieur en promenade digestive (voir AP4288). Comme les taxis parisiens, les pousse avaient leurs stations à proximité des marchés (voir AP2158), près des gares (voir AP1819) ou des églises à la sortie de la messe (voir AP1829). Les pousse utilisés par les indigènes étaient bien moins luxueux et bien moins confortables avec leurs roues de bois cerclées de fer et leur suspension rudimentaire (voir AP1444). Ils pouvaient servir à transporter les lourdes charges des paysans se rendant au marché (voir AP2093). Dans les campagnes, leur mauvais état leur valait parfois le surnom de « pousse choléra ». Ils étaient néanmoins soumis à un contrôle périodique de l’administration (voir AP2023). Les pousses furent une des grandes attractions de l’Exposition Coloniale de Marseille en 1922, pour promener les élégantes visiteuses (voir AP1500 et AP1502). Après guerre on a vu apparaître le cyclo-pousse (en annamite Xich Lo) : un tricycle avec une banquette pour 2 personnes entre les roues avant et le pédaleur assis au-dessus de la roue arrière. Améliorations encore en remplaçant le pédalier par un moteur, puis la selle par une assise genre scooter. Le cyclomoteur reçut en annamite le nom de Xich Lo Mai. (Comité de Rédaction) Sur le Théâtre de Saïgon, voir AP3586.

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1925 Pousse-pousse Théâtre