AP4284-Denis-Frères

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Titre : Saïgon, 1925 – Arrivée au palais du Gouverneur par le boulevard Norodom

Notice : Perspective du boulevard Norodom et des contre allées plantées d’arbres qui le bordent. A l’extrémité, on aperçoit, le palais des gouverneurs, justement baptisé « Palais Norodom ». Notule : Le boulevard Norodom Devant les grilles du palais démarrait le boulevard Norodom (voir AP0401). Ouvert par tronçons à partir de 1872, il demeura longtemps une chaussée fangeuse. Les casernes de l’Infanterie de Marine ne commencèrent à s’y élever que vers 1873 (voir AP1419). Le Cercle militaire date de 1876. Mais déjà, à l’autre extrémité, avait été construit un immeuble imposant, digne de marquer le départ d’une avenue aussi ample que celles des grandes villes de l’Europe. C’était le palais de l’amiral gouverneur. Dans la revue « Le Tour du Monde » d’octobre 1893, on trouve cette description pittoresque du boulevard : « Tout en haut de la ville, qu’il traverse d’ouest en est, le boulevard Norodom rend hommage à sa Majesté Norodom 1er, roi du Cambodge, notre protégé, bien connu dans la vieille Europe pour sa prodigalité de petits rubans très rouges et à peine verts, qui jouent à s’y méprendre notre Légion d’honneur. Et, à en juger par le nombre de ses fidèles qui portent ses couleurs, cette Majesté a bien droit à la reconnaissance publique : aussi le boulevard qui porte son nom est-il parmi les plus beaux. Long de plusieurs centaines de mètres, il est riche en monuments. Le superbe palais du gouvernement le barre avec sa longue façade de casino, et la cathédrale lui présente son abside arc-boutée. De l’autre côté se dresse le château d’eau qui renvoie, dans toute la ville, l’eau de la nappe souterraine avec une pression suffisante pour permettre l’emploi des douches réconfortantes. Sur ce même boulevard s’élève, en bronze, la grande figure de Gambetta. Elle apprend aux annamites, nos sujets, que chez nous on dresse des statues, et avec raison, aux courageux qui essayent de balayer le sol national de l’invasion étrangère. Gambetta est représenté dans un habit fourré, un peu chaud pour le pays, avec la tête rejetée en arrière, s’écriant : « Messieurs, au Tonkin ! » . N’importe ! Les destins comme les flots sont changeants, et les retours des choses humaines sont curieux. Pauvre Gambetta, comme il apparaît maintenant animé du plus pur patriotisme, ne pensant qu’à la France et à la grandeur de son domaine. Plus loin se trouve le cercle des officiers, l’hôtel et le parc du général, et enfin, tout au bout, les casernes bien situées, hardiment construites. Nos jeunes « marsouins » sont vaillants en Cochinchine, et depuis longtemps l’hôpital est bien trop grand, mais, à la vérité, peu de cases sont aussi heureusement placées que ces fameuses casernes qui laissent bien derrière elles les « barracks » de Colombo dont les Anglais sont si fiers ». De ce même boulevard Pierre Ancelle écrivait en 1944 : « Le boulevard Norodom, voie harmonieuse, cadencée, assez assurée de sa majesté pour se passer de morgue. Au fond d’un parc mollement équilibré, orné de beaux arbres anciens, un palais la termine à l’ouest. Ensemble, ils composent une unité digne de la grande tradition ; l’espace et les volumes, l’arbre et la pierre, les quinconces et l’asphalte, les masses des frondaisons avec les desseins concernés de l’architecte et de l’urbaniste, y ont mis à l’unisson leurs grandes voix simples et sereines ». (Comité de Rédaction) Sur le Palais du Gouvernement Général, voir : Destination du monument AP0401 – Les étapes de la construction AP1420 – Les problèmes rencontrés AP3590.

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1925 Palais du Gouverneur Architecture coloniale Avenue