AP4227-Denis-Frères

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Titre : Marseille, 1925 – Départ du paquebot pour Saïgon

Notice : « Marseille s’éloigne doucement. Cependant le vaisseau faisant du Sud-Est, les côtes de Provence restent en vue pendant 60 miles ; à babord on aperçoit le phare de la Ciotat et les lumières du Cap Sicié (sémaphore) puis les feux de la rade de Toulon, port de guerre dissimulé entre les monts de Notre Dame et le Mont Faron tout chauve » (Guides Madrolle – Indochine du Sud – 1926) Notule : Claudius Madrolle – Préface du Guide Madrolle « Indochine du Sud » Les notices des vignettes de ce CD Rom ont souvent emprunté aux guides Madrolle des informations précieuses et indispensables. Il nous a semblé naturel de consacrer une notule à ce qui fut sans doute le guide le plus important, le plus utilisé et le mieux renseigné des choses de l’Indochine française. Au demeurant, l’AAVH a été, à travers quelques-uns de ses membres éminents, le correcteur attitré des chapitres consacrés au Centre-Annam. Claudius Madrolle est né à Dieppe, le 22 juillet 1870. En 1892, il partit pour l’Afrique occidentale, visita le Sénégal et la Gambie, explora la Casamance et le Fouta-Djalon, alors indépendant. Deux ans plus tard, il visita Madagascar et la Réunion. En 1895, il est au Siam, venant des Indes et gagnant l’Indochine française pour pénétrer en Chine. Il quitta Bangkok le 16 juillet. Arrivé en Chine au mois d’août, il se dirige vers le Tibet par le Yunnan et la boucle méridionale du fleuve Bleu qu’il est le premier à relever, gagne les montagnes des Lolo noirs, qu’il traverse en plein hiver, cherchant un passage vers les hauts plateaux tibétains. La mauvaise volonté chinoise le force à se rejeter vers la plaine du Set Chouen et gagner Shanghaï. Il visita la première fois l’île d’Hainan en 1895, qu’il explora d’une manière plus complète en 1907. Entre temps, il voyagea dans toute l’Europe orientale et se livre à de copieuses études anthropologiques et linguistiques. Voyageur intrépide, d’une activité inlassable, il voit et note, rapportant de chaque voyage une ample moisson de renseignements scientifiques, de documents géographiques, de données commerciales. En 1902, il fut attaché au cabinet du Gouvernement général de l’Indochine et en fut sous-chef de 1905 à 1907, époque à laquelle il démissionna pour entreprendre son second voyage dans l’île d’Hainan. Membre de nombreuses sociétés géographiques, collaborateur de nombreuses revues et périodiques, il a publié notamment toute une série de guides sur les contrées d’Extrême-Orient. (Claudius Madrolle, explorateur, d’après A. Brébion – Dictionnaire bio-bibliographique de l’Indochine française) Préface du Guide Madrolle sur l’Indochine du Sud (Imprimerie d’Extrême-Orient – Hanoï, 1925. « La nécessité d’un guide en Indochine se faisait sentir depuis longtemps. Un premier volume : l’Indochine du Nord, parut en 1923 et fut réédité en 1925. Ce second livre, l’Indochine du Sud, complète la série de nos ouvrages sur l’Extrême-Orient. Nous nous excusons du retard apporté à l’apparition de ce dernier volume, il tient à une cause unique : le désir de donner un guide aussi précis et scientifique que possible. Entreprendre un tel ouvrage sur des pays si récemment ouverts, encore si peu étudiés, est, on le sait, un travail malaisé. Aussi, avons-nous recueilli avec plaisir cette appréciation de notre maître en Géographie humaine, M. Jean Brunhes : « Je dois dire quelle admiration réelle est la mienne pour celui qui a eu la patience opiniâtre et qui a pris la peine de noter, en lieu et place, et avec leur vrai sens, tant d’informations dont les sources sont aussi dispersées que disparates. » Cet éloge a été le plus précieux des encouragements pour essayer de mener à bien ce travail. L’ouvrage comprend deux parties : un exposé des généralités, afin de préparer le voyageur à une meilleure compréhension du pays ; les itinéraires, présentés par régions. L’Indochine était peu connue au siècle dernier ; depuis, des spécialistes se sont attachés à la colonie et ont commencé son inventaire. Les touristes, attirés par le nom prestigieux d’Angkor, priseront les études et les découvertes de l’École française d’Extrême-Orient, dont celles de deux de ses premiers directeurs, M. L. Finot pour l’histoire, M. H. Parmentier pour l’archéologie. Ici, nous nous sommes attachés, non à exprimer des sentiments ou des impressions, mais à présenter des faits acquis, à donner des renseignements géographiques, historiques, techniques. A côté de la description des itinéraires, l’archéologie, l’anthropologie et la géologie, ont retenu notre attention. Nous avons rencontré, comme toujours, le concours obligeant d’informateurs, mais nous devons un remerciement tout particulier à M. G. Cœdès, directeur de la Bibliothèque Nationale de Bangkok, dont la collaboration à l’archéologie du Siam nous a permis de donner une description précise sur des monuments encore peu connus. Notre guide prend le voyageur à Marseille et l’accompagne pendant la traversée. Le passager, désireux d’étendre le cercle de ses excursions, pourra descendre à Djibouti, gravir les hauteurs de l’Éthiopie, débarquer à Colombo, séjourner dans les stations d’altitude de Ceylan, y étudier les sites religieux afin d’essayer de comprendre les cultes indochinois, enfin s’arrêter à Singapour, parcourir les mines et les plantations de la Malaisie et de Sumatra. Après trois semaines d’un agréable et vivifiant séjour en mer, le passager quittera l’hôtel flottant qui l’avait accueilli. Saïgon, port de débarquement en Indochine du Sud, est au carrefour des routes, des civilisations, des espèces biologiques des mondes hindou, insulindien et sino-khmer. C’est de ce point que le touriste rayonnera pour se rendre aux remarquables temples brahmaniques et bouddhiques, dont la visite constitue souvent le but du voyage, aux plantations de cultures tropicales, aux stations d’altitude ou aux zones de grande chasse. Pour le voyageur pressé, c’est un déplacement de trois à quatre mois. L’habituel visiteur de la Côte d’Azur ou de l’Égypte, qui dispose de ce temps, pourrait, pendant un hiver, entreprendre cette croisière; il connaîtrait la « France d’Asie », terre prometteuse et pleine d’attraits. Avec le guide de l’Indochine du Sud, il parcourra la Cochinchine, le Cambodge, le Siam et l’Annam jusqu’à Tourane. Notre travail reste sans doute incomplet. Pour l’améliorer, nous comptons sur les critiques, les observations, les renseignements qu’on voudra bien adresser à l’auteur par l’intermédiaire de notre éditeur…  » Sur les voyages maritimes de l’époque 1920-1930, voir AP0982.

Mots Clefs : Voyage maritime France Marseille – Port 1925 Transport maritime