AP0413-Sallet

AP0413-Sallet

Titre : Hué, 1926 – Ongles de lettré – Dessin

Notice : Deux dessins exécutés pour A. Sallet, sans doute pour un article ou une étude, non retrouvés dans ses archives. Notule : Mandarin et mandarinat (Chine et Annam) L’image d’un lettré ou d’un mandarin aux ongles très longs n’est plus d’actualité. Elle correspond à une ancienne tradition chinoise, concrétisée par l’expression Chu Zhi Jia (Tch’ou Tche Kia) = prendre soin de/doigt/carapace. Disons d’abord que le mot « mandarin » ne vient pas du chinois mais du portugais « mandar », qui signifie commander, ordonner. (Et les Portugais l’ont emprunté au malais « manteri », qui vient du sanscrit ‘mantrin’ qui signifie conseiller d’Etat). En chinois on dit Guan Yuan (Kouan Yuan) = exercer une fonction publique/particule spécificative des officiers civils et militaires. On met seulement le premier caractère « Guan » derrière le titre de la personne pour indiquer qu’il s’agit bien d’un fonctionnaire chargé d’une fonction publique ; donc pour nous d’un « mandarin » ; en annamite : Quan Van (pour les civils) ou Quan Vo (pour les militaires). Les mandarins se recrutaient à la suite de concours littéraires instaurés sous les Sui (Souei), (en annamite : Tuy), vers 610 après J.C., basés sur la seule connaissance de la doctrine de Confucius des Cinq Livres Classiques : Wu Jing (Wou King), (en annamite : Ngu Kinh). A savoir : Livre des Mutations, Livre des Odes, Canon des Documents, Mémoire sur les Rites, Chronique de la Principauté de Lu. Il y avait 3 niveaux de concours : 1 – un concours annuel au chef-lieu de district. Ceux qui le réussissaient étaient nommés bacheliers : Xin Cai (Sieou Ts’ai) = distingué/talent, (en annamite : Tu Tai). 2 – un concours triennal au chef-lieu de province, pour nommer des licenciés : Ju Ren (Kin Jen) = promouvoir/homme, (en annamite : Cu Nhon). 3 – un concours triennal à la capitale du pays, pour nommer des docteurs : Jin Shi (Chin Shih) = du plus haut degré/fonctionnaire, (en annamite : Tien Si). Les mandarins étaient classés, en ce qui concerne les fonctionnaires civils et judiciaires, en 9 ordres ou degrés, chacun divisé en 2 rangs ou classes. La progression des privilèges (notamment titre, étendard, emblème) et des fonctions a été à peu près fixée sous les Song (en annamite : Tông), vers l’an 1000, après la révision et l’impression des classiques confucéens. Cela allait du 2e rang du 9e ordre (Titre : « Honorable susceptible d’avancer en second » ; Emblème : un pic ; une fonction prise à titre d’exemple : receveur de l’octroi) ; en passant entre autres par le 2e rang du 5e ordre (« Excellence dont la droiture mérite le respect » ; 2 étendards ; un faisan ; un sous-préfet) ; jusqu’au 1er rang du 1er ordre (« Excellence au renom éclatant » ; 4 étendards ; une cigogne ; Membre du Conseil Privé). Les mandarins des 4 premiers ordres étaient dispensés de corvées matérielles. Ils pouvaient donc laisser pousser leurs ongles qui devenaient ainsi un signe extérieur de leur rang. Et laisser pousser certains ongles leur était possible car les Chinois ne se servent pas pour écrire de porte-plume mais de pinceau qu’ils tiennent verticalement, coincé entre la base du pouce et de l’index, la main étendue bien parallèle au plan sur lequel ils tracent les caractères. En Annam le système était pratiquement le même. Il y eut 81 concours nationaux triennaux entre 1442 et 1779 (au lieu des 112 possibles, à cause d’invasions, de guerres civiles ou d’événements politiques) au cours desquels 1.111 docteurs furent nommés. Pour la province de Nam Dinh, au concours triennal de 1903 il y eut 11.248 candidats. Les 50 qui ont réussi les 4 épreuves ont été nommés licenciés et autorisés à se présenter au concours national suivant. Les 150 qui n’ont réussi que 3 épreuves ont été nommés bacheliers. (Comité de Rédaction) Sur les examens triennaux des lettrés, voir AP1281.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1926 Ongle – Lettré Mandarin – Concours triennaux Dessin – Encre de Chine