AP4081-Guioneau

AP4081-Guioneau

Titre : Hanoï, 1910 – Autochrome – Jardin de maison coloniale

Notice : Cliché de gauche de la plaque. Notule : Autochrome et pomme de terre  » La pomme de terre est l’élément indispensable à la réalisation de l’autochrome. On prend des milliers de grains de fécule microscopiques ; on les dispose sur une plaque de verre qui sera plus tard enduite d’un vernis poisseux ; il faut ensuite teindre ces particules à l’aide de colorants chimiques (rouge-orangé, vert-bleu et violet) ; boucher les interstices avec du noir (de la poudre de charbon de bois) ; pour obtenir une épaisseur uniforme, écraser la plaque sous une forte pression (sans la casser !) ; enfin, recouvrir le tout d’une émulsion photosensible. C’est ainsi que Louis Lumière, celui-là même qui inventa le cinématographe, mit au point la première photographie en couleurs ; les grains de fécule servaient de filtres. Son autochrome, breveté en 1903, commercialisé en 1907, fut, quant à la couleur, le seul procédé disponible sur le marché mondial jusqu’au milieu des années 30. Brutalement et sans appel, il fut supplanté par le Kodachrome (1935) et l’Agfacolor (1936), des films souples qui, eux, permettaient la multiplicité des épreuves. Imaginez, un monopole absolu durant trois décennies ! Car si dans les usines lumière à Lyon, l’outillage de fabrication se voulait complexe, l’utilisation de l’autochrome était plutôt simple. Adaptée aux appareils classiques, cette diapositive de verre se révélait à la portée de tout amateur éclairé. Disons, très éclairé, car la prise de vue exigeait que la lumière soit assez forte pour traverser les grains colorés… Seule limite du procédé, les plaques étant peu sensibles, pas question de réaliser des instantanés ! L’ »autochromiste » s’adonne donc aux natures mortes – sujets faciles puisque immobiles par définition – rapporte des paysages de ses voyages (à condition qu’il n’y ait pas de vent) ou met en boîte des portraits de famille. Pauvres chéris qui devaient poser sous un soleil indochinois durant quelques secondes sans bouger… Mais quel rendu délicat ! L’autochrome offre des tonalités douces, un éclairage impressionniste que ne donnera pas la pellicule Comment les contempler ? Par transparence. On peut rechercher les différents types de visionneuses-stéréoscopes, bornes stéréoscopiques et autres Vérascopes. On peut plus simplement aujourd’hui s’asseoir devant son ordinateur, scanner l’image, la graver, la visionner sur l’écran et se régaler….Que l’on aime ou non les pommes de terre ! (D’après Laurence Mouillefarine – Juin 2004)

Mots Clefs : Tonkin Hanoï 1910 Autochrome Habitat européen