AP0401-Despierres

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Titre : Saïgon, vers 1930 – Palais du gouverneur général – Façade sur le bd. Norodom

Notice : Notule : Palais du gouverneur général à Saïgon – Destination du monument Le palais ou hôtel du gouverneur général, était appelé à l’origine « Palais du Gouvernement » car il avait été construit pour abriter les logements et les bureaux de l’amiral gouverneur de la Cochinchine et de ses services. Quand l’Union indochinoise fut créée en 1886, il devint palais du gouverneur général de l’Indochine. Ultérieurement, la capitale fut transférée à Hanoï. Les gouverneurs généraux de l’Indochine continuèrent néanmoins à utiliser ce palais lors de leurs fréquents séjours à Saïgon. On le désignait également par l’appellation de « palais Norodom » – du nom du large boulevard qui démarrait devant ses grilles – pour le distinguer de celui du lieutenant-gouverneur de Cochinchine, situé rue Gia Long, qui était connu sous le nom de « palais Gia Long ». Ce palais du gouvernement, une des toutes premières oeuvres architecturales importantes de la jeune colonie, est dû à la volonté de l‘amiral de La Grandière. Dès 1863, dans le plan de la ville de Saïgon qu’il fit dresser, un emplacement avait été prévu pour l’édification d’un palais destiné au gouverneur, le long de la rue de l’Impératrice (plus tard rue Mac-Mahon). En 1865, les premières études étaient lancées, un concours organisé et, en 1868, l’amiral en posait solennellement sa première pierre. Il ne devait cependant pas assister à son inauguration en 1870, ayant quitté la colonie deux années plus tôt. Le premier objectif de cette construction était naturellement de fournir à l’amiral gouverneur de la Cochinchine une résidence à la hauteur de l’importance de ses fonctions. Après l’occupation de la ville (1859) on avait construit, près de la citadelle détruite et incendiée, ce qu’on a appelé les « ouvrages neufs » qui, commencés par M. Jaureguiberry et continués par le commandant d’Ariès, ne furent jamais complètement achevés. Dans leur enceinte se trouvait la première habitation du gouverneur, ainsi que les hôpitaux, une petite chapelle catholique et les dépendances de l’imprimerie officielle (sur l’emplacement du futur hôpital Grall). A son arrivée à Saïgon (1862), le vice-amiral Bonard fit dresser en dehors de ces « ouvrages neufs » une magnifique maison dont la charpente avait été achetée à Singapour et qui était destinée à servir de palais provisoire au gouverneur de la colonie. Ce second hôtel du gouverneur se composait de trois bâtiments parallèles en bois, et occupait l’emplacement de la future école Taberd. Ce sont ces éléments provisoires que le nouveau palais devait remplacer. A côté de cette utilisation pratique, la construction de ce splendide édifice devait avoir une signification politique beaucoup plus importante : passée la phase d’installation, il s’agissait d’affirmer la permanence de l’autorité française, de montrer aussi bien aux populations autochtones qu’aux détracteurs de la métropole que la colonisation était bien en place et appelée à durer et à se développer. Il convient de rappeler que la prise de Saïgon (1859), survenant après celle de Tourane, avait davantage été le fruit des circonstances que le résultat d’une politique clairement définie. La conquête des trois provinces de Cochinchine (1861-1862) fut elle-même très sérieusement remise en question lors de l’ambassade, dirigée par Phan Thanh Giang, que l’empereur Tu Duc envoya en France (juillet 1863 – mars 1864) pour en négocier la rétrocession. Il fallut toute l’énergie de l’amiral de La Grandière, appuyée par celle de son prédécesseur, l’amiral Charner et toute l’autorité du ministre de la Marine, Chasseloup-Laubat, pour convaincre Napoléon III de refuser cet abandon. Le palais du gouverneur devait être le symbole de la pérennité de la présence française, pérennité que la Grandière devait affirmer plus clairement encore en faisant occuper en 1867 les trois provinces occidentales de Vinh Long, Chaudoc et Ha Tiên. Enfin, on attendait également que la majesté du palais du gouverneur fournisse un modèle « incontestable » de la supériorité occidentale et un exemple frappant de ce que la colonisation allait pouvoir apporter de bienfaits et de progrès au pays. C’est ce que voulut exprimer l’amiral dans son allocution, lors de la cérémonie de la pose de la première pierre :  » J’ai tenu à vous réunir pour assister à la pose de la première pierre de l’hôtel du Gouvernement afin de donner à cette cérémonie une signification que j’emprunte à la situation actuelle de la Cochinchine. Il n’est plus possible de méconnaître que la colonie ne soit entrée dans une nouvelle ère de prospérité. Cette destinée, qui lui était assurée par sa position avantageuse, le naturel facile de ses habitants et la richesse de son sol, s’affermira de plus en plus, j’en ai l’assurance, par l’accroissement de culture du mouvement commercial. Le temps est loin de nous, Messieurs, où notre occupation, au lieu d’être considérée ainsi qu’elle l’est présentement par les populations comme un gage de bonheur, suscitait de leur part une hostilité occulte dont notre patience, notre justice ont su triompher » Sur le Palais du Gouvernement Général, voir aussi : Les étapes de la construction AP1420 – Les problèmes rencontrés AP3590 – Le boulevard Norodom AP4284.

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon Vers 1930 Architecture coloniale Batiment civil Urbanisme