AP0003-Sallet

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Titre : Annam, environs de Dalat, 1919 – Populations montagnardes – Femme moï

Notice : Femme moï (montagnarde) vêtue d’une simple jupe ornée de pompons, vannant son riz avec une hotte en bambou tressé, devant une longue case couverte de chaume. A noter la parure de cette femme : jambières et bracelets en fils de cuivre, longs colliers de perles de verre et bagues, gros bouchons de bambou ou d’ivoire en guise de boucles d’oreilles. Les Moï qui habitaient la région de Dalat appartiennent au sous-groupe des Mnong, rattaché au groupe linguistique des austro-asiatiques. Cette photo, ainsi que d’autres représentant des Moï, a sans doute été prise pendant un séjour du docteur Sallet à Dalat, en l919. Elle est contemporaine d’autres photos représentant des vues de Dalat et de ses environs. Notule : Minorités ethniques du Sud-indochinois – Moï Les « Hauts Plateaux » désignent les provinces de l’intérieur de l’Annam, Kontum, Darlac et Haut-Donnaï, peuplées principalement de populations moins avancées, les montagnards du Sud-indochinois, auxquels Georges Condominas a réservé l’appellation de « proto-indochinois ». Cette appellation est préférable à celle de Moï, terme extrêmement péjoratif voulant dire « sauvage ». En effet aux yeux des Vietnamiens et des occidentaux, les Moï étaient perçus comme des « hommes ayant pour tout vêtement une ceinture-tablier (ou des femmes aux beaux seins nus, vêtues d’une simple jupe), pipe au bec, coiffés d’un chignon, portant une hotte dorsale et un coupe-coupe au manche courbé reposant sur l’épaule ». Ce cliché, qui s’attache à tous les proto-indochinois, vient principalement de leurs costumes et des outils qu’ils portent habituellement dans leurs déplacements ; autrement dit de leur culture matérielle. De simplement teintée d’exotisme, l’image que colportent les sédentaires, tant européens qu’asiatiques, sombre alors dans la réprobation. Car pour eux, les montagnards sont affectés d’une véritable tare, le nomadisme avec, comme circonstance aggravante, la réputation de destructeurs de forêts. On connaît la source de ce double jugement négatif : l’essartage. En effet, de la culture sèche itinérante sur brûlis avec longue friche forestière, on retient la non permanence des champs cultivés. Certes, le nomadisme ne constitue pas en soi un défaut et n’est répréhensible qu’aux yeux des sédentaires ». (D’après G. Condominas in « Montagnards des pays d’Indochine dans les collections du Musée de l’homme » Boulogne-Billancourt. 1995) Ces proto-indochinois, ou Moï (que l’on désignait, vers 1950, sous l’appellation de « pemsiens », de l’abréviation PMSI, populations montagnardes du sud-indochinois) appartiennent à deux grands groupes ethno-linguistiques : les austro-asiatiques, ou môn-khmer, autochtones dans l’Asie du sud-est ; et les austronésiens, qui s’apparentent aux cultures proto-malaises de l’archipel indonésien et aux Cham. Géographiquement, le groupe des austro-asiatiques comporte deux ensembles distincts séparés par le groupe des austronésiens. Les austro-asiatiques méridionaux occupent les hauts plateaux du nord-est de la Cochinchine, du sud de l’Annam et du sud-est du Cambodge, à cheval sur les frontières de ces trois territoires. On dénombre parmi eux de nombreuses tribus, vivant séparées les unes les autres dans les clairières des forêts et pratiquant la culture sur brûlis, ou la riziculture. – les Stieng, des deux côtés de la frontière de la Cochinchine et du Cambodge ; beaucoup d’entre eux ont été employés comme travailleurs agricoles dans les grandes plantations d’hévéa ; – les Maa et les Sré, riziculteurs et planteurs de thé, habitent les hauts plateaux de la région de Djiring ; – les Mnong et les Gar occupent la région de Dalat et du Lang Bian. Les austro-asiatiques septentrionaux occupent les hauts plateaux du centre, de part et d’autre de la frontière de l’Annam et du Laos. Ils se subdivisent en nombreuses tribus qui ont une réputation de chasseurs et de guerriers intrépides. Les derniers « insoumis » se sont recrutés parmi eux. Du nord au sud, où peut distinguer : – les Kha Tu et les Jeh, entre Tourane et le Laos ; – les Sédang, dans la région de Dac To ; – les Bahnar dans la région de Pleiku et de Kontum. Entre ces deux groupes, les austronésiens occupent hautes vallées des rivières qui descendent de la chaîne annamitique vers la vallée du Mékong et vers la mer de Chine. Les deux groupements les plus importants sont : – les Jarai, au nord du plateau du Darlac ; – les Rhadé, dans la région de Ban Me Thuot. (Comité de Rédaction) Sur les Kha Tu, voir AP0023. Sur les Mnong et les Maa et l’essartage, voir AP0100. Sur les Stieng, voir AP0365. Sur les Jarai et les Rhadé, voir AP0617.

Mots Clefs : Annam Haut-Donnaï Environs de Dalat 1919 Femme Minorité ethique Moï