AP3943-Breton

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Titre : Saïgon, 1904 – Navire de guerre russe

Notice : Dans le port de Saïgon, le photographe du fonds Breton fixe les images de plusieurs navires de guerre russes. En effet, à la fin de l’année 1904, l’ escadre de l’amiral Rojdestvenski fit escale en Indochine. Un certain nombre de navires remonta la rivière de Saïgon et vint mouiller dans le port. Cette flotte se rendit ensuite à Cam Ranh où elle put s’abriter toute entière dans la vaste baie, du 14 au 24 avril 1905, avant d’aller mouiller à Port Dayot et de continuer sa route vers son destin fatal. Notule : La guerre russo-japonaise (1904-1905) La guerre russo-japonaise s’est déroulée de 1904 à 1905. Les Russes, qui occupaient la péninsule de Liaotong avec la base de Port Arthur, avaient conclu une alliance avec la Chine en 1896, afin de renforcer leur position en Extrême-orient et de prolonger le Transsibérien à travers la Mandchourie. Les Japonais, qui de leur côté sortaient d’un conflit avec la Chine (1894-1895) s’opposaient fortement à ces projets. Les discussions entre les deux pays débouchèrent vite sur une impasse et, profitant de la supériorité de ses forces maritimes et terrestres, le Japon attaqua par surprise l’escadre russe de Port-Arthur, le 8 février 1904. En mars, les Japonais débarquaient en Corée, occupaient rapidement le pays et, en mai, assiégeaient Port-Arthur. Les Russes se replièrent sur Moukden qui fut aussitôt encerclé par les Japonais. Cette place forte devait tomber quelques mois plus tard (mars 1905), après de durs combats qui provoquèrent des pertes importantes des deux côtés. La flotte russe du Pacifique ayant été détruite lors de la prise de Port-Arthur, le tsar décide d’envoyer la flotte de la Baltique qui comporte 31 navires dont les 4 plus récents cuirassés de la classe Borodino. L’amiral Rojdestvenski appareille à l’automne 1904, contourne l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance et atteint son but après huit mois d’un voyage riche en incidents : difficultés pour se ravitailler en charbon, escarmouches avec des bâtiments de la marine britannique… C’est au cours de ce long périple que l’escadre fait escale à Saïgon. Cette escale fut l’occasion de nombreuses manifestations officielles, festivités, banquets, séances de théâtre et de fraternisation entre marins russes et français. Ce n’était pas la première fois que des navires russes faisaient escale en Indochine. En janvier 1894, déjà, le croiseur russe Zabiaca était venu jeter ses ancres dans la baie de Ke Bao au Tonkin et son équipage avait été reçu en grande pompe à Haiphong et à Hanoï. A la poupe du bateau, on voit le drapeau de la flotte moscovite, blanc avec une croix de Saint-André. On peut également déchiffrer son nom. C’est l’ « Oleg », croiseur lourd de 85 m de long, armé de 3 pièces de 280, de 4 pièces de 120 et de 4 tubes lance-torpilles T450. La flotte qui se rendait en Chine comptait 7 croiseurs lourds de ce type dont l’ « Aurora », qui se rendit célèbre en 1917 par son appui apporté à la révolution bolchevique. Claude Farrère a raconté la fin de l’ »Oleg » dans son roman « La Bataille ». Quelques semaines plus tard, cette armada était complètement détruite après une rencontre brutale et rapide avec la flotte de l’amiral Togo, le 27 mai 1895, près de l’île de Tsushima. Bien qu’inférieurs en nombre, les navires japonais bénéficièrent d’une vitesse beaucoup plus grande que celle des bâtiments russes fatigués par leur long voyage. Mais ce fut surtout la supériorité tactique de l’amiral Togo qui lui assura la victoire. 21 navires russes étaient coulés, 7 capturés, plus de 10.000 marins mis hors de combat. La capitulation de la Russie fut signée à Portsmouth, le 5 septembre 1905, en présence du président Roosevelt. Le Japon s’appropria la Corée, la région de Port-Arthur et le sud de l’île de Sakhaline. Les Russes évacuèrent la Mandchourie qui retourna à la Chine. Cette victoire eut un retentissement considérable dans tout le sud-est asiatique. Elle marquait la fin du mythe de la supériorité de l’occident et de l’invulnérabilité de ses armées et, à ce titre, le Japon devenait le modèle et le guide pour les mouvements nationalistes de cette région. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Saïgon 1904 Port Navire de guerre Russie Guerre russo-japonaise (1904-1905)