AP3580-Gueylard

AP3580-Gueylard

Titre : Saïgon, 1898-1901 – Statue de Francis Garnier

Notice : Cette statue, œuvre du sculpteur Tony Noël fut inaugurée le 14 juillet 1887. Elle se dressait en face du théâtre municipal de Saïgon, au milieu des jardins qui portaient le nom de « place Francis Garnier » (voir AP1513). Elle fut détruite en 1946 par les autorités Viet Minh. Une statue identique du même sculpteur fut inaugurée à Saint-Etienne, ville natale de F.Garnier, le 12 janvier 1902. Elle disparut en 1942, enlevée par les occupants allemands. Une nouvelle statue, en pierre, a été élevée récemment à sa mémoire, au jardin des plantes de la ville. A Paris, place Camille Julian, en face des jardins du Luxembourg, se dresse la statue de Francis Garnier, explorateur du Mékong, œuvre du sculpteur Denys Pierre Puech. Les cendres de Francis Garnier, transférées du Viêt Nam, y ont été enchâssées, le 23 avril 1987. Notule : Francis Garnier, officier de marine, explorateur et conquérant du Tonkin « Marie-Joseph-François, dit Francis Garnier est né à Saint-Etienne, le 25 juillet 1839. Il fit ses études au lycée de Montpellier. Il entra à l’Ecole Navale en 1855, où un trait de hardiesse folle faillit lui coûter la vie. A la cime d’un mât, sur la boule le terminant, il prit la pose du Génie de la Bastille et tomba sur le quai. Aspirant de 1ère classe, il demanda à faire partie de l’expédition de Chine et il fut embarqué sur le vaisseau à voiles « Le Duperré ». Le 30 mai 1860, en pleine nuit, à 11 heures du soir, dans la mer de Chine, par mer houleuse, il sauta dans les flots pour sauver un officier qui était passé par-dessus bord. Peu après, il fut promu enseigne de vaisseau. Venu en Cochinchine à la suite de l’amiral Charner, il participa aux combats des lignes de Ki Hoa (25 février 1861). Passé dans l’administration cochinchinoise (1863), il fut nommé administrateur à Cholon en 1865. Dans une brochure intitulée « La Cochinchine française en 1864 », il attira l’attention sur les débouchés de Yunnan vers la Cochinchine et sur l’intérêt de la voie du Mékong. Une mission fut organisée en 1866 pour reconnaître cette voie, sous le commandement du capitaine de frégate Doudart de Lagrée, avec Garnier en second. Cette mission visita les ruines d’Angkor. Après la mort de Doudart de Lagrée, Garnier en prit le commandement. La mission reconnut que le Mékong n’était pas praticable aux navires de commerce. Après avoir traversé le Laos, elle pénétra en Chine et prit fin à Shanghaï, le 12 juin 1868. Revenu en France pour rédiger les mémoires de la mission, F. Garnier prit part à la guerre de 1870 et se signala par sa bravoure pendant le siège de Paris. En septembre 1872, ayant obtenu un congé, il partit pour la Chine et remonta le Fleuve Bleu jusqu’à Han Kéou. De retour à Shanghaï le 8 août, il y trouvait une lettre de l’amiral Dupré lui demandant de venir le rejoindre au plus vite pour « affaires importantes ». Arrivé à Saïgon le 5 octobre, il se vit confier par l’amiral le commandement de la petite expédition envoyée au Tonkin pour étudier la situation faite à Jean Dupuis et les possibilités de l’ouverture du Fleuve Rouge au commerce international. A la tête d’une petite force d’une centaine d’hommes et de deux canonnières, il arriva à Hanoï le 5 novembre. N’ayant pu obtenir des autorités annamites les assurances qu’il demandait, il enlève la citadelle le 20 novembre, à 10 heures du matin, sans avoir eu un seul blessé. Le 23 , il envoie Balny d’Aricourt s’emparer de Phu Ly et de Hung Yen (voir AP0058). Hai Duong est occupé le 30 novembre, puis Ninh Binh le 5 décembre par Hautefeuille et enfin Nam Dinh (voir AP1255), le 7 par F. Garnier. Celui-ci organisa alors la conquête, se multipliant et lançant des proclamations au peuple pour lui conseiller le calme et la confiance en la France libératrice. Revenu à Hanoï, il trouva la mort le 21 décembre 1873 (voirAP3064). Sa tête et celle de Balny d’Avricourt tué la même jour, furent restituées par les Pavillons Noirs le 19 janvier 1874. Les Annamites le désignaient du nom de Ngan (paix). Enterré d’abord à Hanoï, il fut ensuite inhumé à Saïgon le 7 avril 1876. (D’après Brébion : Dictionnaire de bio-bibliographie de l’Indochine française. Paris 1935) D’abord plus ou moins désavoué par les autorités de Saïgon, Francis Garnier fut, quelques années plus tard, considéré comme un précurseur de la conquête du Tonkin et honoré comme l’une des plus glorieuses figures de l’épopée coloniale indochinoise. De nombreuses villes de l’Indochine possédaient une place, une rue, une avenue à son nom. A Hanoï, le boulevard Francis Garnier longeait la rive est du Petit Lac, de la rue Paul-Bert, à l’entrée de la rue de la Soie. Des monuments furent élevés en son honneur, dans sa ville natale de Saint-Etienne, à Saïgon et près du village du papier où il trouva la mort (voir AP3064). Dans la marine nationale, il y a toujours eu une unité portant son nom, depuis la canonnière de rivière qui participa à toutes les campagnes du Tonkin de 1884 à 1894, jusqu’au « Batral » (Bâtiment de Transport Léger) lancé en 1974, qui pendant plus de trente ans a apporté son aide aux sinistrés des cyclones des zones Antilles et Guyane. En 1895, une locomotive a même porté son nom (voir AP2137). (Comité de Rédaction) Sur le Théâtre de Saïgon, voir AP3586.

Mots Clefs : Saïgon 1898-1901 Auteur : L. Rodet Garnier, Francis Monument – Statue