AP3574-Gueylard

AP3574-Gueylard

Titre : Portrait de l’ingénieur Abel Gueylard

Notice : Notule : Abel Gueylard – Biographie L’ingénieur Abel Gueylard (auteur de la série de clichés du fonds du même nom) part de Marseille le 25 février 1900 en qualité de représentant de la société Fives-Lille en Chine. Il a déjà une expérience de 20 ans de conduite des chantiers de chemin de fer. Il arrive par Hanoï le 10 avril 1900 sur le chantier du tronçon Langson-Long Tchéou, première gare en Chine, l’Indochine devant construire un autre tronçon de Hanoï jusqu’à la frontière chinoise. Depuis 1895, la société Fives-Lille a poursuivi des négociations avec le gouverneur de la Province du Kouang Si, le général Sou. Ce dernier s’intéresse au projet dont il se fait fort d’obtenir le financement par la Chine. En effet, une fois à la frontière, le chemin de fer peut être prolongé jusqu’à la capitale de la province, Nanning, et ultérieurement jusqu’à Pé Lé, important marché au Yunnan. Le débat avec Pékin sur les prix se greffe sur une discussion technique concernant l’écartement de la voie : écartement anglais de 1,44 m ou écartement indochinois de 1 mètre ? Mais le général Sou veut réduire de moitié le prix demandé pour la réalisation à écartement de 1,44 m. La société Fives-Lille est près d’abandonner le projet, au moment où le gouverneur général Paul Doumer, arrivé en 1896, a le projet de lancer un grand programme de chemins de fer qui comprend la pénétration de la Chine du sud à partir du Tonkin. Il fait reprendre les négociations sous l’égide d’une commission arbitrale sur les prix. Par un revirement destiné à faire baisser le prix, le général Sou demande un devis pour une voie à écartement de 1 mètre, mais Pékin exige, pour approuver, un prix approximatif de 11 200 000 F. tout en prévoyant que les règlements se feront sur la base des prix unitaires retenus par la Commission arbitrale, ce qui donne un prix de 15 300 000 F. Ces dispositions sont incluses, parmi d’autres, dans le traité du 15 septembre 1899, passé sous l’égide de l’ambassadeur Pichon qui n’y voit aucune ambiguïté. Les situations mensuelles présentées sont d’abord régulièrement réglées. Mais le 10 avril 1900, les paiements sont suspendus, le gouvernement ayant reconnu par un édit de janvier 1900 le caractère patriotique du mouvement anti-étrangers des Boxers. Après s’être installé le 10 avril dans la future gare de Long Tchéou où se trouvent les bureaux de la société, l’ingénieur Gueylard part inspecter le tracé ; il en revient furieux, car le géomètre l’a établi dans son bureau sans tenir compte de la nature des terrains. Jusqu’au 20 juillet 1900, il va parcourir la ligne pour trouver la meilleure solution. En juillet 1900, il faut arrêter le chantier et Abel Gueylard va suivre des travaux de ponts au sud d’Hanoï et visiter le futur tracé de la voie vers le Yunnan, vers l’ouest ; il est reçu par le Gouverneur général Paul Doumer le 16 septembre et il doit rester à Hanoï jusqu’à fin octobre dans l’attente de l’éclaircissement de la situation à Pékin et la reprise des relations avec le gouvernement chinois. Abel Gueylard part pour Hong Kong, Shanghai et Nagasaki et arrive à Tien Tsin le 3 décembre. Il prend un des premiers trains pour Pékin le 21. Dès janvier 1901, la décision d’arrêter le chantier de Long Tchéou est définitive et le représentant de Fives-Lille, tout en surveillant des chantiers de pont sur la rivière Pei Ho, dépose la réclamation de sa société à la Légation de France en vue de la soumettre à la Commission Internationale des Indemnités. Cette réclamation sera confirmée par une note du 20 février 1902 pour un montant d’impayés de 529 371 F. et une indemnité de résiliation de 1 800 000 F. Le paiement de ces indemnités donnera lieu à de nombreux atermoiements. En avril 1901, Gueylard rencontre le successeur de Jean-Jacques Matignon, le Docteur Laville, maire d’un village près de Beaumont du Périgord, figure médicale très politique, ancien élève du professeur Pozzi qui l’a fait nommer en Chine. Jusqu’en juin 1902, il suivra l’affaire avec Pékin depuis Tien Tsin où il termine la construction du pont levant. Revenu en France en septembre 1902 en mauvais état de santé, Abel Gueylard sera ingénieur au siège de la Société du chemin de fer du Yunnan dont le trajet et les ouvrages d’art posent de gros problèmes comme l’emploi des Annamites ignorant l’usage du ciment ; il faudra faire venir des ouvriers italiens. Les ingénieurs leur ont appris l’usage du ciment tout en construisant une cimenterie : cela vaut bien l’oeuvre tant célébrée des pasteuriens. Au milieu des guerres, les ingénieurs ont bien amélioré le sort des peuples ! Le fonds Gueylard comporte 173 vignettes dont : – 63 sur l’Indochine – 78 sur la Chine – 14 sur le voyage – 06 sur Gueylard – 02 sur le Japon – 03 sur Dakar – 07 divers (D’après Bernard Stroh, qui a bien voulu accorder à l’AAVH le droit de numériser les exceptionnelles photographies du fonds Gueylard) Sur le Chemin de fer du Yunnan, voir AP2125. Sur le chemin de fer de Hanoï à Lang Son et à la frontière de Chine, voir AP3613. Sur le siège des légations par les Boxers – Les 55 jours de Pékin (19 juin-13 août 1900), voir AP4648.

Mots Clefs : Chine Chemins de fer Biographie Photographie