AP3451-Bonnet-232

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Titre : Tonkin, Tam Dao, 1927 – Hôtel de la Cascade d’Argent

Notice : Station climatique à 950 m d’altitude. Dans le delta du Tonkin, la chaleur de l’été est étouffante, atteignant souvent 40° en juillet/août. Aussi un séjour en moyenne altitude est particulièrement apprécié, souvent nécessaire pour des raisons de santé. Plusieurs stations climatiques ont été aménagées au début du siècle, dont le Tam Dao. Notule : Station d’Altitude du Tam Dao AAu cours de l’année 1904, le gouvernement général de l’Indochine, soucieux de doter le Tonkin d’une station d’altitude aussi proche que possible de la capitale, chargea le Cdt Leblond, chef du bureau militaire, d’effectuer des recherches dans la partie montagneuse de la montagne de Vinh Yen. Diverses missions dirigées en 1904 et 1905 par le Cdt Ducret de l’Etat-Major permirent de découvrir le lieu dit de la « Cascade d’Argent » situé dans le massif du Tam Dao, à 980 m d’altitude et une vingtaine de kilomètres de la gare de Vinh Yen. Ce fut le premier sanatorium d’altitude installé en Indochine, sa création remontant à 1905, mais, c’est surtout aux alentours de la grande guerre que cette station prit une extension remarquable. Les conditions exigées d’un sanatorium d’altitude se trouvaient réunies à la Cascade d’Argent. Sur le plan de la salubrité, les études faites prouvèrent que l’emplacement était exempt de paludisme. Sur le plan climatique dans les journées chaudes, la température est inférieure de 10° à celle de Hanoï. Le régime des pluies participe de celui du delta avec cette différence toutefois qu’une ventilation plus active réduit la durée des précipitations des mois de juillet et d’août. Enfin, sur le plan du pittoresque, du haut de la montagne on aperçoit une partie du delta d’où émergent dans le lointain les sommets du mont Ba Vi et ceux des montagnes du bassin de la Rivière Noire. Le site lui-même était susceptible d’offrir aux estivants des excursions faciles et nombreuses. Les premières constructions, élevées en 1907 furent celles des Missions catholiques espagnoles, qui y édifièrent une vaste maison de repos. Diverses administrations (Services civils dont le gouvernement général et la résidence de Vinh Yen , Garde indigène, Travaux publics, Postes et télégraphes, Douanes et régies) y construisirent des villas mises à la disposition de leur personnel. Il en fut de même des établissements financiers et des sociétés commerciales ayant leur siège à Hanoï ou à Haiphong. Des facilités furent accordées aux particuliers pour obtenir la concession de lots de terrain et, en 1935, le nombre des villas s’élevait à 60. On évaluait alors à 500 environ le chiffre de la population européenne installée au Tam Dao du 1er juin au 15 septembre. Ce chiffre pouvait être doublé du samedi au lundi de chaque semaine par l’arrivée des chefs de famille qui venaient passer le week-end. La station, étagée entre 913 et 970 m, est bâtie en amphithéâtre (voir AP3649), sur le pourtour d’une sorte de vaste cirque très boisé et elle est ouverte vers le sud-ouest, donc bien ensoleillée. L’hôtel de la Cascade d’Argent (voir AP3453 et AP3456) en barre l’entrée car il est planté sur le seuil rocheux d’où se précipite le torrent Ngan Toan (Cascade d’Argent) par un triple saut de 130 m. Un des côtés de l’hôtel domine l’abîme de ses 5 étages. La face sud surplombe les lacets de la route d’accès. Cet hôtel comporte 60 chambres ; il est actuellement géré par une société qui y a réalisé d’importants aménagements. La face nord de l’hôtel domine un parc à l’anglaise coupé par le cours supérieur du torrent (voir AP3454). Dans ce parc ont été aménagés le jardin d’enfants et la piscine. Les villas de la station sont situées surtout sur le côté occidental du cirque. Elles sont desservies par une route dite Haute, de 2 km, à plusieurs niveaux reliés par de nombreux escaliers. Le côté oriental est plus boisé, plus accidenté. La chaîne du Tam Dao s’étend sur environ 40 km, orientée du NW au SE, et son altitude va de 1.250 à 1.600 m. Vue de Viet Tri, (voir AP0545), sa silhouette centrale présente un aspect de trident (en 3 sommets principaux) que les indigènes dénommèrent Ba Vi (trois pointes). Plus tard les lettrés écrivirent ce nom en caractères chinois dont la prononciation sino-annamite est Tam Dao (trois obstacles). Ces 3 sommets sont, du nord au sud : -le Phu Nghia (« soutenir la justice »), 1400 m avec un petit torrent et la Cascade d’Or. -le Thach Ban (« socle de la pierre gravée »), 1388 m avec petit pagodon, statue de Bouddha, et stèle du IXe siècle. -le Thien Thi (« marché du Ciel »), 1375 m. Pour atteindre le Tam Dao à partir de Hanoï, la route traverse le Fleuve Rouge par le pont Doumer, puis le faubourg de Gia Lam. Après 10 km sur la route n° 1, on prend la route n° 2 sur la gauche. Passage à Dong Anh (+10 km), puis Phuc Yen (+25 km) et Vinh Yen (+15 km). Par la voie ferrée, Vinh Yen était à deux heures de Hanoï. Dès l’année 1906, le gouvernement général prescrivit l’étude du tracé d’une route carrossable de 25km de Vinh Yen à la station du Tam Dao. Cette route, la route provinciale n° 23, fut réalisée en plusieurs étapes. La première section construite reliait Vinh Yen à la cote 400, en passant d’abord dans une région de mamelons avec rizières étagées puis par le pont des Linh (+14 km), en ciment armé orné de sculptures indigènes. Les voitures de tourisme d’une puissance moyenne pouvaient s’approvisionner au point d’eau qui était édifié au relais de la cote 400. De ce point à la station, la pente s’élevait très nettement et la route était particulièrement sinueuse et pittoresque. Ces rampes assez fortes, 16% par endroits, ont été aménagées de façon à réduire la pente par la construction de variantes et à la rendre accessible aux automobiles de moyenne puissance, qui constituent te moyen de transport presque exclusivement employé. Diverses sources permettaient encore aux automobilistes une alimentation rapide en eau. Au total, la station est à 84 km de Hanoï. Depuis 1921, on a poursuivi l’exécution de travaux permettant d’alimenter en eau le plus grand nombre possible des bâtiments de la station. Celle-ci a été pourvue, en outre, en 1922, d’une installation d’éclairage électrique avec centrale à vapeur, doublée, l’année suivante, d’un groupe de secours à essence. Autour de la station, de nombreuses promenades s’offrent aux estivants avec de beaux points de vue ; notamment au kiosque installé au Pic Sud (à 5 km et à 1057 m) d’où l’on domine la plaine du Fleuve Rouge vers Viet Tri. Vers le nord, un chemin mène au Pic Nord (à 6 km et à 1.268 m). On peut continuer plus au nord pour passer en tête du Val d’Enfer (1.004 m), passer au pied du Trident et aller jusqu’au Col de Thai Nguyen (sur son versant ouest coule la Cascade d’Or ; série de petites chutes du torrent qui miroitent et lui ont fait donner ce nom) et éventuellement pousser jusqu’au plateau Defert qui aurait été encore plus sain car, à 1125 m, il est plus abrité de tous côtés et mieux protégé de l’humidité qui monte du delta et couvre souvent le Tam Dao de nuages. (D’après la plaquette de l’IDEO de 1935 et Roger Bonnet) Sur les stations d’altitude de l’Indochine, voir AP0103.

Mots Clefs : Tonkin Vinh Yen Tam Dao 1927 – Août Station climatique Hôtel