AP3387-Bonnet-168

AP3387-Bonnet-168

Titre : Tonkin, environs de Lang Met, 1927 – Forêt de Phu Do

Notice : Notule : Forêts d’Indochine « …S’étendant du sud au nord sur quinze degrés de latitude, et son altitude variant du niveau de la mer jusqu’à plus de 3.000 mètres (Lang Bian, Centre-Annam, Haut-Tonkin), le domaine forestier de l’Indochine se trouve ainsi soumis aux influences les plus diverses et les plus complexes qui puissent agir sur sa nature, en modifier l’aspect et la constitution. L’action de l’homme y a ajouté ses effets, modifiant et parfois changeant complètement (certes pas toujours en bien ni en beau) la consistance des forêts primitives, provoquant la formation de peuplements entièrement différents de ceux qui s’étaient créés sous les seules actions naturelles. La transition est insensible d’un pays à l’autre, et rien ne différencie par exemple les forêts de l’extrême Sud-Annam de celles qui couvrent l’est de la Cochinchine ; les forêts du Nord-Annam continuent celles du Laos et du Tonkin ; et le sud du Cambodge offre des peuplements semblables à ceux de la Cochinchine. Mais entre les forêts du Haut-Tonkin et celles de la Basse-Cochinchine il n’y a plus aucune ressemblance. D’après les évaluations dignes de foi, les forêts couvriraient plus de trois cent mille kilomètres carrés, plus du tiers de la surface totale (sept cent mille kilomètres carrés environ). Peut-être bien que c’est trop, surtout en ce qui concerne le Tonkin et l’Annam ; il faudrait alors, pour admettre ces chiffres, comprendre dans cette surface, en plus des véritables forêts, forêts riches en bois de diverses sortes, forêts médiocres, forêts claires, tout ce qui devrait être boisé, n’est pas et ne pourrait guère être livré à l’agriculture ; tout ce qui porte encore en bien des endroits des vestiges des anciennes véritables forêts, détruites par l’incendie, les exploitations « abusives » (ici devrait se placer le « procès » de la « coupe-libre », de la « sélection à rebours », etc. Mais je demande grâce pour vous comme pour moi), ce qui est devenu la jungle, puis la brousse, puis le terrain à paillote, puis le terrain nu, en attendant que la nature et les reboisements (commencés sur bien des points) reconstituent les forêts, au moins celles que doivent porter les terrains dits « à vocation forestière ». Cette proportion de surface boisée par rapport à la surface totale du pays, représenterait à peu près ce qu’on appelle le « taux harmonique de boisement », c’est-à-dire le taux de boisement optimum, celui qui fera profiter le pays de tous les bienfaits directs et indirects, immédiats et futurs, que les forêts (à condition que ces forêts se trouvent réparties là où leur présence est nécessaire) ont répandus, répandent et répandront sur la terre pour le bonheur des populations qui sauront les conserver… «  (H. Guibier – Extrait du BAVH 1941/2)

Mots Clefs : Tonkin Bac Giang Lang Met 1927 – Avril Forêt – Reboisement