AP3302-Bonnet-83

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Titre : Tonkin, Nam Dinh, 1928 – Usine des Distilleries de l’Indochine – Entrée

Notice : Notule : La Société Française des Distilleries de l’Indochine et le traitement du riz La Société fut créée avant la Grande Guerre dans le cadre du plan de développement économique de la Colonie par des capitaux français privés. Son activité principale était, comme l’indique son nom, la production d’alcool, à partir des ressources naturelles du pays, c’est-à-dire du riz. La Société Française des Distilleries de l’Indochine (SFDIC) possédait 5 usines en Indochine : 3 au Tonkin (Hanoï, Hai Duong, Nam Dinh), 1 en Cochinchine (Binh Tay, près de Cholon), 1 au Cambodge (Russey-Kéo, près de Phnom Penh) et également une usine en Chine (Han Kéou). L’usine était toujours près d’une voie navigable par laquelle arrivaient les jonques chargées de paddy : c’est le grain de riz à l’état brut, avec son enveloppe appelée balle. Le paddy était logé dans des sacs de jute d’un picul, unité de poids traditionnelle en Extrême-Orient pour les grains et équivalente à 60kg ; le picul se dit « Ta » en annamite. L’usine disposait donc obligatoirement de vastes magasins, bien ventilés, pour leur stockage. Venait ensuite la rizerie : grand bâtiment à plusieurs niveaux où le paddy va être décortiqué et le riz usiné. Le paddy est amené à l’étage supérieur et les grains descendent par gravité dans des goulottes en bois au fur et à mesure de leur traitement. Des meules font éclater l’enveloppe. La balle obtenue, non comestible, est utilisée à la chaufferie de l’usine, mélangée à du charbon (du gailletin, houille calibrée en morceaux de 5 à 8cm) provenant des mines d’anthracite de Hon Gay. Le surplus éventuel peut servir à des remblaiements. Les grains de riz ainsi décortiqués (ou riz cargo) sont ensuite triés pour séparer les grains entiers (longs, demi longs, ronds) des brisures (ce sont des grains cassés). Ce tri se fait sur une succession de tables à secousses appelées « plansichter ». Tous ces matériels venaient d’Italie dont c’était une spécialité (Société Olmia, à Vercelli). En fin de course il reste le son et les farines basses. Toutes ces opérations dégagent une poussière impalpable qui s’insinue partout et dont il faut absolument se débarrasser par ventilation forcée pour éviter de salir les produits finis et les risques d’incendie ou d’explosion. Chaque issue est conditionnée en sac de jute d’un picul mis en magasin. Une partie des grains de riz obtenus est traitée pour la consommation locale ou exportée. A l’aide de meules de divers types on obtient du riz blanc (riz débarrassé de son germe) ; du riz poli ; du riz glacé (riz blanc enrobé de glucose) ; du riz étuvé ou précuit (ayant subi dans des bouilleurs une première ébullition pour en attendrir I’enveloppe) ; ou encore du riz prétraité (c’est du riz précuit ayant subi une légère caramélisation lui donnant un arôme particulier). Une autre partie du riz sera reprise, mise en cuves pour la fermentation alcoolique. Le jus passera ensuite dans une colonne à plateaux pour une distillation fractionnée, puis dans une colonne de rectification pour obtenir des produits de plus en plus purs : depuis des alcools de consommation courante de 38 à 40° ; des alcools à usage pharmaceutique (60, 70, 90°) ; divers titrages pour l’industrie ; et finalement de l’alcool dit absolu (96 à 98°) pour le Service des Poudres. Le maximum possible est de l’ordre de 99,5° (pour des laboratoires et des travaux de recherche). M. Pierre Bonnet, arrivé en juin 1921, fut chef de fabrication à Nam Dinh, puis à Hanoï, sous-directeur en 1929 et directeur d’usine en 1932, jusqu’à sa retraite fin 1951. Il était ingénieur chimiste, diplômé de l’Ecole de Physique et de Chimie de Paris (1908). (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Tonkin Nam Dinh Nam Dinh 1928 Distilleries Traitement du riz Architecture industrielle